NYDVIND : Tetramental I – Seas of oblivion

Nydvind est une formation française de pagan metal, formé en 2000 et qui pourtant ne sort ici que son troisième opus. Ces gens sont donc de ceux qui préfèrent prendre leur temps pour produire une musique qui satisfera pleinement ses exigences. Tant mieux. Dans ses rangs, on trouve aussi un ex Bran Barr. De quoi rassurer. Mais nul besoin d’étudier plus le cv et de disserter sur le intentions de Nydvind : sa musique s’en charge. Son pagan metal doit beaucoup au black, mais emprunte aussi au death et au folk metal le moins dansant. Très classique me direz-vous. Et si je rajoute du chant guerrier, des accalmies pour installer les ambiances, des riffs à la Enslaved ? Ah ben oui, ça ressemble toujours à du pagan, j’m’en doutais. Mais ce que tout ça ne dit pas, mes petits amis, c’est que c’est du très bon pagan. Il n’y a pas un moment où le vocaliste nous fait un peu de la peine, où on a envie de renvoyer le guitariste réviser ses gammes, où les ambiances bucoliques ont tendance à s’éterniser et nous attirer du côté sombre, celui de l’ennui profond. Nydvind sait jouer les architectes, pour construire des titres épiques, intenses et respectant strictement le cahier des charges pagan. Comprenez qu’il nous propose un disque très classique mais qui nous prend aux tripes pour peu qu’on soit sensible au genre. Et on a aucun mal à se sentir porter par les voiles d’un drakkar, puisque « Seas of oblivion » est la première partie d’une tetralogie et qu’il est dédié à la mer, à l’eau quoi. Le seul petit bémol qu’on pourrait mettre à ce disque en tant que puriste, est l’utilisation de l’anglais qui ne sied pas vraiment à l’ambiance. Mais c’est un détail que l’on oublie vite.

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KORPIKLAANI : Kulkija

Les derniers albums de Korpiklaani ne valaient pas les premiers, c’est très clair. Pourtant, quelque chose me pousse toujours à retenter l’expérience. Et même s’il m’arrive de le regretter en partie, je trouve toujours quelque chose de bon à me mettre sous la dent. « Noita », ma rencontre précédente avec le groupe, m’avait plutôt surpris, et agréablement. Le groupe semblait y avoir retrouvé un second souffle, et j’avais hâte de voir ce qu’il préparait pour l’avenir. L’avenir, le voici donc à ma porte. Korpiklaani n’a que peu changé. On retrouve sur ce deuxième album le mélange caractéristique de metal et de polka finlandaise, avec toujours la voix de Jonne Järvelä en porte-étendard. Ceci dit, il faut bien reconnaître que c’est insuffisant. Korpiklaani essaie de varier le tempo et l’ambiance, quitte à parfois se perdre dans des formats qui boudent complètement l’énergie qui a fait son succès, à abandonner la légèreté de son folk metal, ou au contraire à mal la doser. Alors, raté ce disque ? Oui. Oh, je sais, d’habitude je tempère plus mes propos, mais là, c’est la troisième écoute, et je m’ennuie toujours autant. Bien sûr, il n’y a pas que du négatif ici, et certains passages sont prenants, certaines idées très bien traduites. Mais c’est loin de suffire pour sauver le disque du gouffre. C’est vraiment paradoxal qu’une musique aussi chargée en mélodies chatoyantes puisse se montrer aussi plombante. Question de dosage comme je le disais plus haut. L’alchimie est dramatiquement absente de « Kulkija », et son positionnement plus mid-tempo et soft finit le travail de déconstruction. Dommage.

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Korpiklaani : Aallon alla

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TAMERLAN EMPIRE : Age of ascendancy

Quand on jette un coup d’oeil, même rapide, à la pochette de ce premier album, on se doute bien qu’on va y trouver des influences orientales. Et lorsque le premier titre vient faire souffler sur nous le vent chaud du désert, on est pas que confortés, pas que rassurés, on est comblés par cette mise en bouche instrumentale d’une ampleur et et d’une authenticité inattendues. Car Tamerlan Empire n’est pas, loin s’en faut, un groupe du cru. Ni une formation world music. Il s’agit en fait d’un combo black symphonique australien. Ça vous la coupe hein ? Le secret derrière ça, c’est Khan, le batteur et compositeur principal, d’origine ouzbèque, qui a créé ce groupe avec la ferme intention d’y mêler orient et occident, en produisant une musique aussi agressive que grandiose et chargée de capiteux parfums exotiques. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est une réussite éclatante. Les rythmes et mélodies orientales se fondent à la perfection dans le black / dark plutôt classique du trio. On pourrait craindre à une pâle copie d’un Orphaned Land première période ou d’un Melechesh : il n’en est rien. Les aspects symphoniques de Tamerlan Empire, réellement monumentaux, sont prépondérants ici, mais ils accompagnent également des rythmes et une structure du riffing inspiré du moyen-orient qui en font une expérience rare et magique. Oui, magique, le mot est lâché ; on a fréquemment l’impression (si on fait abstraction des éléments black) d’être en pleine superproduction hollywoodienne, ou en tout cas en présence d’une collaboration entre musiciens folkloriques et metal. Parvenir à un tel résultat après seulement une démo tient de l’exploit. On ne connaît pas l’identité des autres musiciens de Tamerlan Empire, mais nul doute qu’ils sont déjà expérimentés dans le domaine. Et on ne peut qu’espérer que son créateur Khan n’ait pas dit tout ce qu’il avait à dire sur ce fantastique premier opus !

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WINTERFYLLETH : The hallowing of heirdom

Il y a quelques années, alors que Winterfylleth foulait ses premières scènes, on découvrait en lui un nouveau chantre du black metal épique et atmosphérique. En fait, on y a très vite perçu une certaine bipolarité ; entre le black atmo et le dark folk, le groupe avait du mal à choisir. Eh bien, quelques années et cinq disques plus tard, les plus maniaques d’entre-vous seront heureux d’apprendre que ça y est, le combo anglais a fait un choix. En effet, ce sixième album marque la totale absence des riffs et du chant black metal, pour se concentrer sur un style qui se rapproche beaucoup plus d’un Empyrium ou d’un Ulvesang plus récemment chroniqué dans ces pages. Soit une dark folk mélancolique, poétique et d’une beauté simple mais touchante, riche en instruments acoustiques, rehaussée de quelques claviers et choeurs épiques. Assez généreux, Winterfylleth nous en sert quasiment une heure, et prend bien garde de ne pas nous assommer avec des redites d’un titre à l’autre : on appréciera le geste. Mais on apprécie encore plus la manière dont sont (joliment) agencés les douze titres de cet album, belles pièces sachant autant jouer la sobriété et le minimalisme qu’user d’une orchestration luxuriante et grand angle. Et c’est là sans nul doute la marque d’un grand que les plus perspicaces avaient déjà perçu auparavant, et que les réfractaires au metal noir ne pourront plus nier ici. Superbe !

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Winterfylleth : The hallowing of heirdom

GRIMNER : Vanadrottning

Il y en a qui se foutent comme d’une guigne de leur anniversaire. Qu’on leur souhaite ou pas, ils continuent leur chemin dans la vie sans regagner en arrière. Alors s’imaginer s’autocélébrer, très peu pour eux ! Et puis pour d’autres, ça revêt une importance capitale. Bon, en vérité, je ne sais pas du tout si, comme je m’apprêtais à vous le faire croire, c’est le cas pour les suédois de Grimner, mais je trouve en tout cas que cet énorme disque vient couronner assez adroitement leurs dix années d’existence et d’efforts au profit du folk metal. « Vanadrottning », donc (« Stekfritt » aurait été plus simple à prononcer pour nous, ils auraient pu y penser, je vous l’accorde) vient se placer dans un créneau pas facile d’accès, celui du « mélodique mais bien metal quand même ». Entendez par là qu’on peut y penser à Finntroll autant qu’à Eluveitie. Alors oui, ça a l’air assez improbable. Mais non. Les riffs sont acérés, les mélodies sont claires et distinctes, et les voix… les deux ! L’une est granuleuse et brutale, l’autre heavy et épique. Le côté sautillant de l’ensemble saute aux oreilles, mais pour autant on ne conseillerait pas « Stekfritt » (vous voyez, c’est plus simple) à tonton Phiphi qui se gave du dernier Sonerien Du. Vous voyez le topo ? Côté textes, pour les suédophones, ce disque se concentre toujours sur la mythologie nordique, mais plus particulièrement sur la légende de la déesse Gullveig, magicienne sombre responsable de la première guerre. Mais ne nous voilons pas la face, ce sont les qualités mélodiques de Grimner qui font tout l’intérêt de ce troisième album remarquable, et qui rendent son écoute particulièrement digeste et agréable malgré quelques passages un peu moins bien dosés en milieu de parcours ou un peu moins inspirés. On espère que les six de Motala continueront sur cette voie !

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Grimner : En fallen jätte