INNUMERABLE FORMS : Punishment in flesh

On ne sait pas bien quoi, entre « Swamp thing » à « Shock waves », a inspiré la pochette du premier album de cet autre projet de Justin DeTore (Sumerlands, Magic Circle, Stone Dagger, Devil’s Dare, et peut-être d’autres non répertoriés). En revanche, côté musical, on pige vite de quoi il s’agit : un doom death bien gras et grave comme on savait bien le pratiquer fin 80 / début 90. Parler des premiers Anathema, Autopsy, Winter, God Forsaken ou November’s Doom ne paraît pas incongru. En 10 titres et 38 minutes, Innumerable Forms dégaine des riffs pachydermiques, une rythmique de plomb en fusion et une voix sépulcrale, ça et là assistés de soli déchirants. Un style bien daté et assez pauvre en variété, mais qui ravira les nostalgiques de l’époque, et les petits nouveaux qui voudraient découvrir ce qui a fait naître le funeral doom moderne. Moi, ça me plaisait déjà à l’époque, et ça me plaît toujours ; ce sont un peu les sons chatoyants de mon enfance, youkaïdi youkaïda. Bref, je ne vais pas en faire des caisses parce que, bon, le style est je le reconnais assez limité et ne pousse pas à la rédaction d’une analyse très poussée, mais « Punishment in flesh » est très bien fichu !

Paroles de l’album

Site officiel

BONG : Thought and existence

Revoilà Bong et son drone doom sludge stoner. Que peut-on en dire ? Qu’il réitère le coup du « j’te ponds deux titres ultra-longs et embrumés » ? Oui. Qu’il le fait cependant avec intelligence, en exploitant au mieux quelques notes égrenées, des riffs étirés, une puissance pachydermique, un chant presque mystique, des ambiances planantes, un pouvoir d’évocation qui en rappelle d’autres mais qui suffit à faire de leurs albums un voyage hypnotique, que l’on soit sous l’effet de psychotropes ou pas ? Parfaitement. On peut dire aussi que cette pochette spatiale, sinon stellaire, est de toute beauté. Et regretter que le deuxième titre ne soit pas un peu plus court, alors que le premier est un pur chef d’oeuvre. Ce qui explique cette note mi figue mi-raisin, mais ne m’empêchera pas de me lancer dans l’écoute du prochain d’ici deux ou trois ans.

Site officiel

Related Posts

  • 72
    Bong. Ce nom, déjà ! Bong est un groupe anglais qui comme son nom l'indique, pratique une musique plus que nébuleuse. Il s'agit en fait d'un mélange entre drone, doom et ambiant. Ce nouvel album, le septième du groupe, est composé de 2 titres, pour une durée de 35mn. Planants, lourds,…
    Tags: bong, doom, chant, sludge, officiel, site, plus, and, titres, drone

YOB : Our raw heart

Oui, Yob est un secret de moins en moins bien gardé de la scène sludge doom. Enfin, scène, c’est vite dit. En effet, rien ou presque ne peut rapprocher Yob de ses petits camarades de jeu. Du moins, beaucoup de choses les en éloignent. Yob produit une musique puissante, heavy en diable, aux riffs d’une profondeur abyssale mais aux ambiances pas si lugubres que ça (même si certains morceaux sont bien crapoteux). Et le fait avec une conviction qui force le respect. Et une générosité certaine, aussi. Et, oui, ce terme peut bien sûr s’appliquer à la durée impressionnante de ce neuvième album (une heure et treize minutes), mais aussi et surtout à l’attitude du groupe sur scène et hors scène. Oui, Yob est un ramassis de gens sympas. Pourtant, malgré toutes leurs qualités, leur musique n’est pas la plus populaire qui soit. Pourquoi ? Parce que Yob n’aime pas choisir entre accessibilité, brutalité, mélancolie, lourdeur et moments plus planants ; il fait tout ça à la fois, le fait bien et sans chichi. Alors oui, ça peut déstabiliser au premier abord, mais franchement c’est tout ce qui fait le charme d’un disque comme « Our raw heart ». Comme à l’accoutumée, il s’agit d’une somme de riffs telluriques et de vocaux vagabonds, oscillant entre growls et lignes mélodiques en chant clair. On pourrait évoquer bien des formations post hardcore ou post metal à l’écoute de ce nouvel album, cependant Yob conserve une personnalité unique. Pas toujours facile d’écoute mais passionnant de bout en bout, voici une (autre) bonne raison de remercier la bonne étoile qui veille sur Mike Scheidt, récemment sorti d’une diverticulite.

Site officiel

Paroles de l’album