THE FEEDBACK : Home made

La guitare dans le sang, la sueur sur le front, The Feedback est un groupe blues rock de mon coin qui ne conçoit sa musique que roots et live. Ce premier « album » autoproduit en atteste ; ici, on fait dans le direct et efficace. Pourtant, ça n’exclut pas quelques fioritures et aménagements. C’est avec une intro futée que le premier titre « Hey mama » est lancé. Celui-ci contient par ailleurs deux breaks qui viennent adoucir son côté répétitif. « Not my kind » tutoie le rockabilly et le rock n’roll. « Low tide » nous permet d’apprécier le jeu d’harmonica de Vincent. « French fries » amène un jeu de guitare un peu plus musclé. « Jurassic mind » nous replonge à l’époque rock d’un Chubby Checker, l’exubérance vocale en moins. « Crumpled sheet » est une ballade bluesy bien sentie. « Monday morning » et « Since my baby left me » reprennent le flambeau d’un blues rock classique. « Earlist sign of a flu » repart vers le rock n’ roll, « Twenty cents » se fait plus boogie rock, laissant croire à un revirement à la ZZ Top, avant de terminer sur une note plus rockab’ . Et enfin, « We can have » se montre un peu plus fun que les autres avec son chant goguenard, son gimmick sifflé et ses choeurs très « Saggy Bottom Boys ». Quand on fait l’addition, « Home made » a pas mal de bons points. Chaque titre est construit intelligemment, l’ensemble est varié et bien interprété ; même l’accent est à sa place. Ce que je pourrais reprocher à ce premier essai, c’est bien son (trop) grand respect des conventions des genres revisités, mais l’étiquette « blues rock » et l’ancien statut de groupe de reprises de The Feedback me le laissait largement entendre. Voici donc un disque à confier aux fans de rock n’ roll bluesy et rétro, qui tient ses promesses sans aller beaucoup plus loin. J’attends donc de voir le groupe s’émanciper sur la suite de ses aventures !

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LARKIN POE : Peach

Si sur la photo de ce troisième album, les sœurs Lovell montrent encore leur jolis minois en gros plan ; de quoi laisser imaginer aux plus étroits d’esprits que les filles n’ont pas grand-chose de plus à proposer. Grave erreur. Les plus fidèles habitués (si y’en a) d’Adopte Un Disque se souviendront avoir vu le nom de Larkin Poe s’incruster dans ses pages en 2016, à l’occasion d’un « Reskinned » que je trouvai récréatif et sympathique, s’exprimant au travers d’un blues – folk – rock assez accessible et néanmoins chargé d’authenticité. Alors l’idée de m’en remettre une deuxième couche ne me fait pas sauter au plafond mais est loin de me déplaire. Le « Come on in my kitchen » introductif va d’ailleurs encore plus loin dans les roots musicales du groupe que dans mon souvenir : court mais bon. « Freedom » s’avère plus jouissif, entre blues rock et influences bluegrass assumées, héritage familial. La reprise de « Black betty » plus redneck que nature se tient pas mal aussi. « Look away » se fait plus moderne, avec son beat electro. « Preachin’ blues » est l’un des titres bluesy les plus réussis du disque. « Cast’em out » est beaucoup plus anecdotique : vite écoutée, vite oubliée. Ce qui n’est pas le cas de la sexy « Pink & red ». « John the revelator » est un autre titre blues rock bien graisseux et bien roulé. « Wanted woman / ACDC » et son big rock sont un passe-temps sympa, et enfin « Tom devil » aurait presque pu être pondu par Zeal & Ardor tant il ressemble au negro spiritual meets rock musclé du suisse. Et hop, 32 minutes, c’est plié. Le bilan ? C’est court. Trop. Mais Larkin Poe fait mieux que son précédent disque en se diversifiant dans les sonorités et en prenant toujours soin de proposer des titres à la personnalité marquante !

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Larkin Poe : Preachin’ blues

Larkin Poe : Look away

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    Larkin Poe, c'est le groupe des frangines Rebecca et Megan Lovell. Les sœurs ont décidé en 2010 de poursuivre en duo la route musicale arpentée depuis quelques années par une forme plus étendue de leur formation (en fait, avec juste une frangine de plus) pratiquant un folk bluegrass très ricain.…
    Tags: larkin, poe, bien, plus, folk, rock, pop, se

QUEEN KWONG : Love me to death

Pour ceux qui sont curieux de nature, le nom de cette musicienne n’est pas inconnu. Il s’agit en effet de Carré Callaway, découverte il y a une bonne dizaines d’années par un Trent Reznor tête chercheuse de nouveaux talents, qui l’a embarquée pour la tournée « With teeth » en première partie. Et accessoirement, c’est aussi la compagne de Wes Borland (Limp Bizkit, Black Light Burns), qui l’épaule musicalement. « Love me to death » est cependant seulement le deuxième album de la dame après un « Get a witness » en 2015 assez bien accueilli. Et lui fait suite de façon assez logique. Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’on peut s’attendre à un sacré bordel avec beaucoup d’attitude inside. Quelques part entre electro-pop, punk, rock noisy, blues rock et indie rock, Queen Kwong ne se limite pas, et trace un sillon inattendu mais bienvenu. Bon, pour être tout à fait honnête, à la première écoute, on se dit que c’est pas mal du tout, mais qu’on ne sait pas bien si c’est suffisant pour qu’on s’y attache durablement. Et comme le doute n’est pas une chose aisée avec laquelle composer, on le réécoute. « Love me to death », premier single et possible chanson la plus évidente, est judicieusement placée en tête de liste. Bien sûr, d’autres titres se montrent efficaces, mais rarement à ce point. Le problème avec Queen Kwong, c’est justement qu’elle cumule les sonorités, les ambiances et les influences sur un même titre. En ressort un disque au charme certain, authentique et rebelle, mais inégal. Après trois écoutes, je continue à le trouver téméraire…et casse-gueule. Et un peu trop pour le considérer comme autre chose qu’une récréation sympathique.

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Paroles de l’album

Queen Kwong : Love me to death

THE RED GOES BLACK : Fire

En 2015, je craquais sur le premier album de ce groupe breton, qui mettait musicalement le cap outre-atlantique pour nous régaler d’un blues-rock soulfull d’une classe folle, et qui marquait déjà une personnalité attachante et une authenticité bluffante. Autant vous dire que je guettais cette deuxième sortie avec appétence, bientôt conforté et rassuré par le premier single, « Fire », qui augurait du meilleur pour la suite des aventures. Me voici donc avec le deuxième vrai disque de The Red Goes Black. Les Douarneneziens ont eu le bon goût de l’enregistrer à la maison, à la cool, avec toutefois la différence que la production a été confiée à un artisan du son ricain, Ryan Gilligan, dont on se demande bien ce qu’il a pu faire d’une telle matière première, puisqu’habitué à travailler avec des artistes aux univers très différents (Wu-Tang Clan, Santigold, Cibo Matto, Zucchero, Never Shout Never…). On aurait alors pu craindre que le son des bretons s’en trouve transformé. Heureusement, il n’en est rien. Dès « Fire » donc, on retrouve intactes l’énergie et la conviction du groupe, ses influences afro-américaines fondues dans un bain de rock bouillant, et sa capacité à envelopper de soie le tout. On se rend vite compte que si tous les éléments sont présents, la prod’ a travaillé à amalgamer le tout, le rendre plus rond et cohérent, et remettre une couche de vernis par dessus. Le groupe a cependant tenu à varier les ambiances, comme sur le premier album, avec toujours pour base ce son sixties-seventies. On notera qu’il est aidé dans ce sens par des featurings sympathiques ; Lady Wray sur « A wave will rise », très réussie, et Lisa Kekaula des Bellrays (avec qui le groupe a partagé des dates) sur la moins convaincante « Life » et la finale « I.T.NO.G. ».

Mais je dois avouer qu’à mon sens c’est bien le chant d’Enzo qui porte le mieux les couleurs du combo. Il brille complètement sur les titres les plus soul, mais s’adapte parfaitement au reste. Sur ce disque, le groupe s’aventure un peu plus loin, et on sera étonnés et curieux de le voir sortir les gros riffs sur un « Missing light » ou au contraire se la jouer blues soul sur la superbe « Broken man blues », le tout avec le même talent. « Fire » permettra certainement à The Red Goes Black de s’exporter, préparez-vous à les accueillir quel que soit votre port d’attache !

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The Red Goes Black : Fire

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    Si je vous faisais écouter comme ça, à l'aveugle, un titre comme « It's all gone », le titre introductif de ce vrai premier album des bretons, et que je vous demandais la nationalité du groupe, je suis persuadé que la plupart d'entre-vous m'assèneraient un « américain ! » plein de conviction. Bon, ok, ce…
    Tags: black, the, red, a, goes, déjà, album, groupe, rock, premier