YEAH BUT NO : Yeah but no

Derrière ce nom goguenard, se cache un duo allemand auteur d’un terrible coup de coeur electro-pop indie pour moi. On pourrait s’attendre à quelque chose de fun et d’immédiat ; il n’en est rien. Ce qui prime ici, c’est la mélancolie. On pourrait même aller jusqu’à parler de noirceur, bien que ce terme soit un peu fort. A l’écoute de ce premier album, je pense à Thom Yorke, à Jay-Jay Johanson, à Moderat… on y trouve ce mélange de douceur, d’expérimentation et d’amertume, le tout avec un pouvoir mélodique indéniable. Une forme terriblement actuelle d’electro le dispute à un sens très new wave des mélodies vocales, et une retenue mi-pudique mi-affectée. Peu importe ce que le duo avait en tête en les composants finalement ; elles sont toutes sans exceptions chargées d’une beauté et d’une magie confondantes. Mariage parfait entre une technique à la limite de l’avant-gardisme et une esthétique post-moderne, « Yeah but no » prouve en 45 minutes qu’un premier essai peut être un coup de maître. Le piège dans lequel le combo pourrait s’empêtrer, c’est celui de la linéarité ; ces dix titres ont beau être magnifiques, ils ont une certaine tendance à l’homogénéité extrême, pour ne pas parler de redondance. Mais voilà, ils sont tous tellement bons que je leur pardonne tout ! Et je vous invite à y succomber à votre tour !

Site officiel

Yeah But No : Sand

Yeah But No : Leave the dark

HALLUCINOGEN : Twisted

Certains le considéreront peut-être comme mon album honteux, mais je m’en fous : aujourd’hui je vais vous avouer mon amour immodéré pour ce que je considère comme un sommet d’un genre souvent réservé aux teufeurs, vu comme une musique abrutissante pour guédros notoires : la trance / goa. Alors oui, je le concède volontiers, les huit très longs titres de ce premier album de Simon Postford présentent non seulement des similitudes, mais surtout se suivent et se complètent comme différents actes d’un concept album. Sauf que celui-ci serait sans histoire ni protagoniste, juste un tunnel kaléidoscopique dans lequel la psyché se perd, les repères s’effacent et l’esprit s’en va vagabonder entre somnolence et rêve psychédélique. Voici donc l’album type qu’on écoute seul, se laissant porter par les multiples couches de basses électroniques acides qui le composent, glissant dans un état second sans l’aide d’aucune substance. Si l’expérience vous tente, entrez-y sans attendre ; ce disque est déjà le plus vendu de sa catégorie, et a déjà un statut culte, et un certain côté collector ; découvrez pourquoi !

Site officiel

Related Posts

  • 10000
    Je ne suis pas très doué en géographie. C'est même un euphémisme. Pour tout vous dire, la Macédoine, peut-être comme à vous (soyez sympas, dites oui !), m'évoque plus la cantoche qu'autre chose. Et ça m'évoque à vrai dire encore moins la musique. Mais bon, après tout, l'origine géographique n'a…
  • 10000
    Il y a quelques années, en fouillant dans les bacs d'une médiathèque, lieu magique regorgeant de disques à adopter, j'ai découvert un disque de transe qui ne m'a pas quitté depuis, et que je considère toujours comme une réussite en tous points ; le « Twisted » d'Hallucinogen. Aujourd'hui, presque 20 ans plus…

EMPEROR : In the nightside eclipse

emperor_inthenightside

Il est temps de rendre à Cesar (ou à Néron) ce qui lui appartient. A l’heure où le black metal a un peu perdu de sa sulfureuse aura pour entrer dans la composition de sous-genres divers et variés, revenons sur l’une de ses plus belles réussites, l’indétrônable premier album des norvégiens d’Emperor. Ce disque est clairement un indispensable pour qui veut appréhender et analyser le genre. Prenant sa source plus dans le black metal épique de Bathory que dans celui outrancier de Venom, « In the nightside eclipse » est une œuvre dense, volontiers technique et complexe de par ses nombreuses progressions rythmiques et mélodiques, orchestrale de par l’utilisation massive de claviers, intègre de par son positionnement clairement « evil ». En un mot, fascinante. Bourré de riffs d’anthologie, ce disque aux titres plutôt longs est à la fois intense et mortellement beau ; le groupe, qui sera bientôt touché par une polémique internationale, y développe un style théâtral et violent, y montre des qualité d’écriture inhabituelles qui, j’oserai le dire, auront un impact considérable sur l’évolution du genre, ici comme par la suite. Certes encore un peu archétypal, cet album n’en reste pas moins un témoin essentiel de son époque, et l’un des meilleurs albums black jamais sortis.

Paroles de l’album

Site officiel

Related Posts

  • 10000
    Difficile d'appréhender un tel objet, surtout lorsqu'on sait que c'est le chant du cygne, la dernière apparition studio de la légende du black metal Emperor... Certes, on pourrait se consoler en se disant que le groupe se résumait de plus en plus (et complètement sur cet opus) au potentiel créatif…
  • 10000
    Ah ouais. Et pourquoi je les connais pas déjà, moi, ceux-là ? Quoi ? Sont voisins en plus ? Mais, euh, depuis quand les belges ont pris du galon comme ça en black sympho ? Non, parce que ce disque, là, il est juste excellent ! Bon, ok, on y entend clairement l'influence norvégienne (Dimmu…
  • 10000
    Orakle est l'un des rares représentants français d'un black metal francophone de qualité. Le groupe m'avait déjà été cité en exemple à l'occasion de la sortie de son premier album, « Uni Aux Cimes », mais je n'avais pas eu la possibilité de jeter une oreille dessus. Ou j'avais décidé de faire…
  • 10000
    Dans le petit monde du black symphonique, Carach Angrenn s'est forgé une réputation de tueur avec son premier album. Et puis, avec les suivants, la sauce est un peu retombée, même si le groupe n'a pas vraiment démérité. Voilà le groupe revenir avec ce quatrième album mêlant toujours orchestrations grandioses…
  • 10000
    Du Japon, nous autres européens ne connaissons pas grand-chose, surtout au niveau musical. Certes, Sigh a ouvert la voie il y a quelques années, et plus récemment Kadenzza s’est engouffré dans la brèche. Mais de Tyrant, je n’avais jamais entendu parler. Pourtant, ce « Grimoires » est le déjà troisième album du…

FOUNTAINS OF WAYNE : Fountains Of Wayne

fountainsofwayne_fountainsofwayne(1)

Impossible de ne pas pas évoquer ici un disque de la trempe de ce premier album. Fountains Of Wayne est formé en 1995 dans le Massachussets par deux amis d’enfance, qui recutent deux compères et ses mettent bien vite à composer, tant et si bien que ce « Fountains Of Wayne » sort en 1996 chez Atlantic. Mais pour sortir un premier album sur une major, il faut qu’il ait un potentiel commercial. Et c’est le cas. Dès « Radiation vibe », on est happé par une powerpop accrocheuse et légère, mais qui n’oublie pas pour autant les guitares. Les hits en puissance s’enchaînent ; « Sink to the bottom », « Joe Rey », la faussement naïve « She’s got a problem », « Survival car »… On pourrait toutes les citer, puisque chaque chanson est bonne, jusqu’au final tout en douceur et en mélancolie « Everything’s ruined ». Je ne vais pas mâcher mes mots ; ce disque est exceptionnel. Il fait partie des meilleurs albums sortis dans les années 90, c’est un indispensable de la powerpop, achetez-le !

Site officiel

Paroles de l’album

Fountains of Wayne : Sink to the bottom

Related Posts

  • 10000
    Je me souviens avec émotion du premier album (éponyme) des Fountains of Wayne, et de la façon dont j’avais été charmé par leur mélodies pop estivales modestes et simples. Et je me demande pourquoi je les ai perdu de vue aussi longtemps. Car à l’écoute de ce « Welcome Interstate…
  • 10000
    Vous commencez à me connaître (ou du moins, vous le croyez, gnark gnark gnark), j'aime les choses un peu tordues. Bon, ok, ici, il ne s'agit pas de la musique, mais avouez qu'un nom comme celui-là, c'est pas courant. Ce que je ne conçois pas en revanche, c'est la raison…
  • 10000
    La suisse n'a jamais été un pays très rock n' roll, soit. Mais est-ce une bonne raison pour nier l'évidence quand elle se présente ? Prenez ce « Bellefontaine avenue », septième (si on compte les trois premiers parus sous le nom de Favez Disciples) album de Favez. Sous ses airs anodins, derrière…
  • 10000
    Weezer est, en quelques années, devenu le groupe le plus irrégulier de la planète rock, capable de pondre des titres imparables autant que d'infâmes bouses commerciales. Aujourd'hui, comme pour nous rassurer après des disques très moyens, il nous affirme qu'à la fin, tout ira bien. Tant mieux. Côté musique, c'est…
  • 10000
    Formé en 2013, Pup présente déjà aujourd'hui son premier album. Le quatuor canadien est à la croisée des chemins du punk rock, de la powerpop et de l'emo burné. On pense pas mal au premier album de Weezer en plus punk ; ça pourrait être pire. Ce n'est pas un…

BLONDE REDHEAD : Misery is a butterfly

blonderedhead_misery

Ma première rencontre avec les New-Yorkais de Blonde Redhead fut décisive. Je ne me souviens plus par quel biais je fis connaissance avec ce « Misery is a butterfly » qui devait marquer le passage du trio vers une musique plus posée et ambiancée, mais je me souviens du choc que fut sa découverte. Alchimie fragile entre pop orchestrale vintage et esthétisme rock indépendant, ce sixième album dévoile encore plus toute la sensibilité et la mélancolie d’une formation décidément hors normes. Exit donc les guitares (elles se font du moins très discrètes ici), et bonjour les morceaux plus aérés, dont l’écrin n’est plus assuré par les larsens et décibels, mais par les synthés, machines et cordes. Les onze titres de ce disque donnent la sensation d’écouter un Gainsbourg des nineties  ; soyeuse, profondément mélancolique, légèrement inquiétante, belle, poétique, leur musique berce l’auditeur, l’anesthésie, l’amène au-dessus des nuages pour mieux contempler le spectacle désolant de ce monde. Les voix d’Amedeo et de Kazu se croisent et se répondent, à la fois similaires et complémentaires. Difficile de trouver un point faible à ce magnifique album, bien que d’aucuns lui reprochent un aspect répétitif. Il s’agit pour moi d’un mètre-étalon, aussi bien pour la suite de la carrière du groupe que pour l’univers pop indé dans son ensemble. Indispensable !

Site officiel

Paroles de l’album

Blonde Redhead : Melody

Related Posts

  • 10000
    On se rendait bien compte, depuis "23", que la musique de Blonde Redhead s'éloignait ostensiblement de la luxuriance du superbe "Misery is a butterfly" pour aller vers toujours plus de simplicité et moins de rock. C'est chose confirmée sur ce "Barragan" qui pousse la logique à l'extrême, puisque les chansons…
  • 10000
    Ok, j'avais entendu dire que ce nouveau Blonde Redhead serait différent, mais là, je suis servi. Moi qui avais découvert le groupe sur le tard mais m'était replongé avec bonheur dans sa discographie, passant de la période bruitiste à celle plus raffinée des derniers albums, j'avais toujours trouvé des éléments…
  • 10000
    Trois ans après le magnifique "Misery Is A Butterfly", les new-yorkais de Blonde Redhead continuent sur leur lancée avec un album tout aussi mélodique et mélancolique, mais qui cette fois présente des titres un peu plus pêchus rythmiquement parlant, et majoritairement chantés par Kazu (sept sur dix). Incontestablement moins intimiste…
  • 10000
    Troublé par la puissance du single « The Songs That We Sing », sa basse fretless, ses cordes voluptueuses, je me jette à corps perdu sur Charlotte Gainsbourg, ou plutôt sur "5:55", l'album de la demoiselle, sur qui je n'aurais pas misé un kopeck il y a de ça quelques…
  • 10000
    Le retour de la voix ténébreuse de Stuart Staples va réveiller les morts ! Tindersticks est passé de l’autre côté du miroir et donne carrément dans la powerpop musclée ! Ok, c’est pas très crédible. Tindersticks fait et fera toujours du Tindersticks (sans que cela ait quoi que ce soit…