MANIC STREET PREACHERS : Resistance is futile

Même si on ne se croise que de loin en loin désormais, et même si notre relation n’a pas toujours été au beau fixe, je dois dire que retrouver la pop flamboyante des Manic Street Preachers, son rayonnement solaire, sa simplicité touchante m’enchante à chaque fois. Enfin, bon, à chaque fois… La dernière fois que j’ai vraiment été soufflé par un disque des gallois, c’était en 2007 avec l’excellent « Send away the tigers ». Alors quand James Dean Bradfield annonce « Resistance is futile », je ne sais pas comment je dois le prendre : avertissement d’un homme sûr de lui et des qualités de son nouveau rejeton, ou tentative désespérée d’auto-persuasion ? Ni une ni deux, me voilà à l’assaut de ce que j’espère être un nouveau monument du groupe. « People give in » entame la marche, et on ne sait pas trop quoi en penser. Certes, cette chanson ressemble à ce qu’on peut trouver dans la discographie du groupe. Sauf qu’il lui manque l’étincelle. C’est un peu une copie carbone, mais avec quelques défauts, celle qu’on met de côté au cas où, si on arrive pas à en faire une plus belle. Et le problème, c’est que ce n’est pas le seul dans ce cas, bien au contraire. Alors une fois digéré, on a deux choix : soit on se contente de ce qu’on a, satisfaits de profiter une fois de plus des qualités mélodiques évidentes du groupe… Soit on ouvre un peu les yeux, et on constate que le groupe a beau essayer, il a bien perdu de sa superbe, et que ce n’est pas vraiment suffisant. Pour ma part hélas, je penche plus pour la deuxième solution. La positivité, l’énergie, les bonnes intentions, l’engagement n’y changent rien ; « Resistance is futile » est transparent pour moi. Comme je suis déçu…

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Paroles de l’album

Manic Street Preachers : International blue

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    Tags: plus, is, pop, manic, rock, groupe, preachers, street
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    Tags: rock, plus, street, on, preachers, manic, pop, groupe

LEN SANDER : The future of lovers

En 2015, je m’extasiais avec réserve sur le premier album des suisses de Len Sander, qui pratiquait alors un trip hop dont la classe rivalisait avec le classicisme. En « The future of lovers », je m’attendais à trouver un digne successeur. Mais la très ambiant « Moving into love » va bien vite faire vaciller mes certitudes. Ici, l’electro et les influences house ont pris le pas sur la mélancolie. Épurés, doux et caressants, les titres s’enchaînent et forment un tout beaucoup plus léger et « positif » que le précédent. Une reconversion assumée et voulue par le groupe : si « Phantom garden » était un disque de rupture, celui-ci est plutôt consacré au développement des sentiments amoureux. D’où cette atmosphère apaisée et idyllique. Simple mais pas simplistes, les titres sont caractérisés par un travail encore plus important sur les textures et le son. « The future of lovers » est donc un album complètement solaire, lumineux, estival… et clairement pas pour moi. Bien sûr, ça et là, des notes plus bleutées sorte du placard, mais à doses homéopathiques. Je n’en veux pas à Len Sander de vouloir s’adonner au bonheur plutôt qu’à la glorification de la morosité, mais il est certain que ces chansons ne me touchent pas comme celles du précédent. Je laisserai donc Len Sander continuer son chemin, non sans une once de regret pour une expression plus cafardeuse qui lui allait plutôt bien !

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Len Sander : Woman on the run

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    Tags: len, sander, garden, phantom, album, premier, on, plus, ne, titres

SAN FERMIN : Belong

En 2015, suivant le buzz, j’avais écouté « Jackrabbit », le deuxième album des ricains de San Fermin. Et j’avais pas aimé du tout. En 2017, les voilà qui ressortent un disque, et moi je me lance à sa poursuite. Et là vous allez vous dire ; « Mais pourquoi ? Il est con ou il le fait exprès ? ». Eh bien en règle générale, un peu des deux. Mais dans ce cas particulier, il s’agit plus d’un acte délibéré d’une mauvaise foi crasse. Il faut que je vous dise. Je n’aime pas Les inrocks. Voilà, c’est dit. Ah, ça fait un bien fou ! Enfin, bref. Les inrocks n’ont pas aimé ce disque. L’ennemi de mon ennemi étant mon ami, ou pas loin, je me suis dit que j’allais donner une chance à « Belong ». Et c’est vrai que le son des new-yorkais a pris un sacré coup. J’avais souvenir d’une pop electronisée pompeuse et un poil prétentieuse (et même toute la touffe, d’ailleurs). Là, le côté baroque se cache encore dans les détails, mais il faut un chien de chasse pour le débusquer ou presque. « Open » ouvre sur un univers qu’on devine riche et subtil, et beaucoup plus ouvert sur l’electro-pop… et c’est l’arbre qui cache la forêt. Beaucoup moins riche en expérimentations et en subtilité, beaucoup plus facile d’accès, le reste du disque se déroule comme un tapis rouge vers les ondes radiophoniques. Faut-il en blâmer Ellis Ludwig-Leone, maître à penser de San Fermin pour autant ? Oui et non. Non, parce qu’on comprend qu’un artiste, quel qu’il soit, ait parfois envie d’explorer d’autres horizons, et soit influencé par ce qu’il écoute (ou subit) au jour le jour. Oui, parce que ce qui faisait la personnalité de San Fermin jusqu’ici (et même si elle ne me plaisait pas) semble ici dilué dans le glucose. Pas toujours, ok, mais très souvent. Reste la jolie voix d’Ellis, et quelques tournures ouvragées qui se marient parfois très bien avec des choses plus mainstream qu’on aurait (moi, du moins), pas imaginé trouver. Par contre, pas mal de titres tombent carrément à côté (« August » et «Bones » en tête). Du coup, je n’arrive pas à être en désaccord total avec Les inrocks, mais j’accorde à « Belong » une moyenne qui fait toujours mieux que le précédent. Bref ? Mieux mais bof.

Paroles de l’album

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San Fermin : Belong (lyric video)

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WEEZER : Pacific daydream

Weezer agit selon une logique de cycle depuis pas mal d’années. Le « White album » marquait un retour aux sonorités rock et aux hits powerpop en pagaille, et il était impossible de ne pas y succomber pour un fan de la première heure. Hélas, après un disque de qualité, souvent Rivers Cuomo se relâche ou veut expérimenter autre chose.. et c’est rarement auréolé de succès. De fait, « Mexican fender » s’éloigne ostensiblement du disque précité pour se faire plus pop et facile d’accès, suivi de près par « Beach boys »… et un peu tous les titres de ce douzième album. Oui, mais. Concrètement, son écoute rapide (forcément, puisque « Pacific daydream » dure 34 minutes) s’avère complètement inoffensive. Les titres passent, se montrent agréables sur le moment, et puis on en retient absolument rien ; c’est pas vraiment mauvais, mais inodore, incolore, insipide. Vous aurez l’occasion d’en faire l’expérience vous-même, puisqu’il y a toutes les chances qu’une nuée de singles viennent squatter les spots radio et télé. Et vous pourrez même, à force, en fredonner un ou deux. Mais ne vous y trompez pas : vos souvenirs s’estomperont plus vite qu’une bonne cuite. Plat. Weezer, on se revoit dans 5-6 ans avec un disque terrible ?

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Paroles de l’album

Weezer : Feels like summer

Weezer : Mexican fender

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ENTER SHIKARI : The spark

Depuis sa formation plus encore qu’à travers ses albums, Enter Shikari n’a cessé de faire preuve d’audace et de révolutionner sa musique de disque en disque. Le dernier en date, « The Mindsweep », marquait encore sa volonté de ne jamais rester immobile dans un monde musical en constante mutation, tout en conservant une identité electro metal nu rave emo indie rock forte. Sauf que pour cet album, les anglais ont carrément coupé les ponts avec à peu près tout ce qui constituait leur personnalité. « The sights » compte peut-être encore deux hurlements post hardcore, mais c’est bien tout ; on se situe pour le reste en territoire indie pop electro. Concrètement, le combo aurait pu changer de nom qu’on y aurait pas (moins ?) trouvé à redire. Et autant j’ai apprécié chaque évolution jusqu’ici, autant là mon seuil de tolérance est dépassé, même sur les titres les plus hybrides où des déflagrations metal se font encore entendre. Pour tout dire, les réminiscences du passé sont même assez gênantes au sein du nouveau style développé, un peu déplacées. Dans « Live outside » par exemple, electro-indie qui sonne terriblement anglais avant de se muer en une créature quelque peu difforme, ou « Airfield » qui se montre bien sage à part une explosion finale presque inconvenante. « Take my country back » est lui plus réussi dans le genre grand écart stylistique. Quelques autres un poil en-dessous jouent les voies médianes, mais finalement ce que je retiendrais de meilleur au sein de « The spark », c’est quand le groupe tente autre chose : « The revolt of the atoms » et surtout « Rabble rouser », sorte d’electro rap rock vraiment excitant. Bref, tout ça est déstabilisant et assez décevant. Mais je suis tout de même curieux de connaître la suite !

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Paroles de l’album

Enter Shikari : Rabble rouser

Enter Shikari : Live outside

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