HEAVY METAL KINGS : Black god white devil

Aux États-Unis, il y a des années, de jeunes blancs-becs se sont mis en tête de faire du hip-hop. Le résultat ? Du rap sombre, chargé de références à l’horreur et… au metal, de la part de musiciens qui pour la plupart ont oeuvré dans le genre. Rien de choquant donc aujourd’hui à ce qu’un collectif rap nommé Heavy Metal Kings ne sorte un (second) disque, même si le concept (au contraire de certains albums solo des protagonistes, « Black god white devil » ne comporte aucun riff velu) donne un peu l’impression d’écouter Jul pondre un album-hommage à Bescherelle. On retrouve ici les bien connus Goretex, Ill Bill et Vinnie Paz, faisant ce qu’ils savent faire de mieux ; au programme, 13 titres hip hop indé aux instrus précises et lugubres (bien qu’on ait connu mieux, autant chez Jedi Mind Tricks que Circle Of Tyrants) sur lesquels se posent tranquillement (façon de parler) les flows graves et virulents des trois collègues de travail ; à force de bosser ensemble, ils ont développé une complémentarité et une aisance certaine, s’exprimant à travers un fonds et une forme très classique et convenue mais toujours bienvenue pour les fans de ce microgenre. Et donc oui, c’est sans surprise (hormis celles précitées) que l’on retrouve les compères, leurs références à la pop culture, à d’autres sorties majeures du genre, des clins d’oeil appuyés au metal (ben oui, quand même)… Musicalement, c’est globalement du réchauffé aussi, mais ça fonctionne toujours assez bien, et ceux qui suivent Vinnie Paz et ses multiples projets, Ill Bill ou son frangin un peu trop discret ces derniers temps ne seront pas déçus. Alors oui, on a parfois (souvent ?) l’impression que ce disque pourrait être suivi de petits frères à raison d’un par mois, mais on ne peut pas s’en plaindre ; « If he dies, he dies », « Bad hombres » (avec sa tête de Psycho Realm), « Black mass lucifer », « Killing technology », « The military mind of Chaka-Zulu » (qui évoque un « Shame on a nigga ») et « F@ck outta here » sont clairement des arguments de poids, et le reste est pas mal non plus. Alors adopté ? Je veux, ouais !

Site officiel

Paroles de l’album

Heavy Metal Kings : Mercyful fate

Heavy Metal Kings : Bad hombres

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