DILLY DALLY : Sore

dillydally_soreartwork

Un groupe comme Dilly Dally pose question. Parce que le combo de Toronto revisite un genre très couru en ce moment, le rock alternatif / indé nineties. Et si j’apprécie (et paf, j’ai pété le suspense), comme certainement pas mal de gens de ma génération, je me demande si « Sore » ne s’adresse qu’à nous, ou s’il aussi trouvera écho auprès de la génération y. « Sore », donc, n’est pas exempt de personnalité. Mais celle-ci est l’héritière d’une époque et de modèles comme Hole, L7 ou les Pixies. La voix de la chanteuse Katie Monks y est pour beaucoup, forcément, mais ses riffs abrasifs ne sont pas en reste. Dès « Desire », très bonne entrée en matière, le décor est planté ; punk, noisy pop, sons grungy, voix morveuse, et une putain d’attitude rock. Mais derrière, pas si loin, il y a l’amour des chansons, de la pop, la vraie. Mélangez tout ça et vous obtenez un très court premier essai dont les titres sont partagés entre explosions en plein visage, fausses ballades et mid-tempo vicelards. Une variété relative mais qui évite la routine. « Sore » n’est pas parfait, car certains éléments ont tendance à prendre le pas sur les autres, et en particulier la voix, parfois assez irritante, ou carrément caricaturale, comme sur la fin de « Burned by the cold », où j’ai l’impression d’entendre Cartman sur la bande originale de South Park. Heureusement, ces petits défauts sont contrebalancés par de très bons titres : « Desire », « Ballin’ chain », « The touch » et « Green » sont assez bluffants, et donnent confiance en l’avenir du groupe après ce premier album encourageant.

Paroles de l’album

Site officiel

Dilly Dally : Desire

Related Posts

  • 10000
    Ce sont des choses qui arrivent : je ne sais pas d'où sort ce disque, ce qu'a fait le groupe avant, et je m'en fous. Parce qu'avec ses airs de ne pas y toucher, « Nothing left to lose » a une belle petite gueule de pépite indie. Très nineties, très rock alternatif,…
  • 10000
    Le monde de la musique a ceci de fascinant que plus vous y avancez, plus vous vous rendez compte que vous n'y connaissez pas grand-chose. Prenez Sleater-Kinney par exemple ; le trio féminin a eu beau éclore et éclater pendant mes années de lycée et fac, période la plus propice à…
  • 10000
    Je suis passé à côté de Drenge et de leur premier album en 2013. Et je serais passé à côté de celui-ci si on ne me l'avait pas glissé dans la playlist. Pourtant, si « Undertow » a clairement un profil indé avec son rock alternatif guitare – batterie – voix, il…
  • 10000
    Un nom bien singulier, et une musique qui l'est tout autant, voici ce que je vous propose aujourd'hui. Attention, je ne dis pas que celle-ci est exempte d'influences palpables, ni qu'elle est d'une originalité folle. Mais il est indéniable que la musique de 2:54 est la sienne. Bâtie sur les…
  • 10000
    Résumer une dizaine d'années de la vie d'un groupe en un disque n'est pas chose facile. Surtout lorsque ce groupe jouit d'une réputation et d'un succès comme celui des Smashing Pumpkins. Apparus en pleine explosion grunge au début des années 90, ils se voient rattachés à ce mouvement, mais on…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *