CHEMTRAIL : Collider

Chroniquer un disque de post rock est toujours un exercice complexe. Car il repose avant tout sur la sensibilité de l’écoutant, sur sa capacité d’empathie, à ressentir et traduire ce que le groupe en face a bien pu vouloir dire et transmettre au travers d’une instrumentation qui est souvent identique d’un disque du genre à un autre. Chemtrail est un combo formé en 2006 du côté du New Jersey. Comme beaucoup, ses membres ont une palette d’influences assez large et essaient tant bien que mal de faire cohabiter les idées au sein de titres que l’absence de vocaux libère forcément d’un certain carcan. Ainsi, on imagine mal « Void crawler » prendre une autre forme que la sienne ; long titre aux riffs lancinants, à l’ambiance pesante et menaçante, très cinématographique. Excellente entrée en matière en tout cas pour qui ne connaît pas le groupe, mais qui peut mettre sur une mauvaise piste. « Young warrior » avance en effet sous des cieux plus cléments, et s’avère hélas beaucoup plus classique et moins marquant ; dommage car c’est en plus l’un des titres les plus longs de l’album, avec huit minutes au compteur. « Frozen dream » est une bulle, une parenthèse très ambiant . « Safe passage » joue effectivement avec la lumière, la cherche, la reflète, la glorifie. « Tiger cage », en revanche, nous fait bien redescendre sur terre : il s’agit d’un titre ambiant, gothique, rampant et sombre comme je les aime. On arrive ensuite au morceau-titre, épopée claire-obscure puissante et épique conçue comme un voyage. « Parameters » se la joue eighties et ambiant. Enfin, « Thrasher » ne porte pas vraiment bien son titre, jouant dans la même catégorie que « Safe passage ». Au final, « Collider » est un disque varié et assez riche, mais sa variété joue parfois contre lui. Bilan bon, mais mitigé !

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