CHELSEA WOLFE : Abyss

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Je ne sais pas pourquoi je ne rencontre la vénéneuse Chelsea Wolfe qu’aujourd’hui, alors qu’elle sort son cinquième album. Je veux bien que son rock gothique vénéneux teinté de noise, de métal, de folk et d’éléments atmosphériques ne soit pas la musique la plus médiatisée au monde, mais quand même, ça fait six ans qu’elle est sortie de l’anonymat ! Mais inutile d’en blâmer quelqu’un d’autre que moi. Me voici donc, tout penaud, face à cette abysse d’un noir profond, ne sachant si je serai puni de mon incompétence à me pencher sur le cas de la dame avant, ou récompensé d’avoir enfin franchi le pas. La réponse ne se fera pas attendre. D’entrée de jeu, « Carrion flowers » envoie les sonorités noise m’égratigner, et les percussions guerrières me prévenir ; je ne suis pas le bienvenu ici. La voix de Chelsea, grave et inquiétante, me survole en me toisant. Je n’en mène pas large. « Iron moon » creuse encore l’abysse, avec ses guitares pesantes façon funeral doom, et l’angoissante et étouffante « Dragged out » finit le travail. Je suis à genoux. Chelsea le sait, et vient me donner un faux espoir avec une « Maw » pas si inoffensive qu’elle n’y paraît de prime abord. Maintenant qu’elle m’en a bien fait baver, elle va me faire comprendre avec « Grey days » l’étendue de mon erreur. Probablement l’un des titres les plus réussis de l’album, il allie subtilité, mélancolie et menace de la plus belle des façons. Contre toute attente, « After the fall » fait tout aussi bien, voir mieux, le côté hypnotique en plus. Je suis abasourdi. « Crazy love » montre un aspect dark folk que je n’avais fait qu’entrapercevoir jusqu’ici, et « Simple death » se fait caressant et glacial à la fois. On quitte la douceur spectrale pour se frotter au lo-fi et lancinant « Survive », jusqu’à une explosion finale expiatoire. La tension remonte d’un cran avec l’électronique et tribale « Color of blood ». Enfin, « The abyss » se la joue glauque et inquiétant, proposant une conclusion façon « La neuvième porte » à un disque décidément riche en ambiances lugubres. Verdict final ? Une descente aux enfers bien agréable, car accompagnée de la voix envoûtante de l’artiste, et qui marque suffisamment votre serviteur pour qu’il se rappelle d’aller faire un tour dans les bas-fonds de Sacramento désormais !

Paroles de l’album

Site officiel

Chelsea Wolfe : Carrion flowers

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One comment to “CHELSEA WOLFE : Abyss”
One comment to “CHELSEA WOLFE : Abyss”
  1. Super ce petit article.
    Cet album est vraiment incroyable et bouleversant !
    Il y a une pléthore de grands moments tout en variant les styles musicaux.
    Une perle !
    #JeSuisEnthousiasme

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