BODY COUNT : Bloodlust

Comme beaucoup, je croyais Ice-T définitivement rangé des voitures, à cachetonner tranquille dans la série New-York unité spéciale. Et voilà que le jeune père (eh oui) remet en selle Body Count pour un sixième album. Malin, le bougre a mis toutes les chances de son côté en invitant du beau monde sur ce disque : Dave Mustaine (« Civil war »), Max Cavalera (« All love is lost »), et Randy Blythe, hurleur de Lamb Of God (« Walk with me ») et en revisitant Slayer (« Raining in blood / postmortem 2017 »). Mais finalement, et même si ces éléments revêtent une importance certaine, « Bloodlust » ne peut pas être réduit à ce concentré de bonne utilisation du réseau. Car oui, ce disque est la meilleure chose que j’ai entendue venir du groupe depuis des années. Les titres y sont massifs, puissants, directs et percutants. Body Count évite précautionneusement les bavardages inutiles, les auto-références foireuses (« Bloodlust » est sensiblement plus moderne et carré que ses aînés), le rap métal pataud (on a ici du pur crossover). Pour moi qui avait baillé d’ennui devant « Manslaughter », c’est une surprise de taille, et une bonne. Ice-T donne une leçon de longévité et prouve que la maxime « si c’est trop fort, c’est que t’es trop vieux » n’est pas encore faite pour lui.