BIG THIEF : Masterpiece

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Avec le nom rigolo de son géniteur, sa pochette anti-commerciale et son titre décalé, « Masterpiece » a tout de l’archétype du disque indie rock ricain. Et c’est effectivement ce qu’il est. Mais là où je m’attendais à un énième adorateur du dieu nineties, guitares braillardes et chant détaché en bandoulière, ne se trouvent qu’une dizaine de titres qui n’aiment pas trop les étiquettes, ou du moins pratiquent l’échangisme avec conviction. Parce que, bon, reconnaissons-le , les éléments sus-mentionnés peuvent tout à fait être trouvés ici. Mais pas que, loin de là. Le premier titre, « Little arrow », ressemble à une chanson de Turin Brakes noyée sous un souffle très homemade. « Masterpeace » ressemble un peu plus à la pop song indé à la ricaine. « Vegas » fait souffler un vent de fraîcheur, que « Real love » prolonge de façon plus rock. « Interstate » se la joue plus indie pop nineties. « Lorraine » et « Paul », ballades légèrement nostalgiques, débordent de douceur et délicatesse. « Humans » joue un peu trop la carte de la rengaine, mais passe au final plutôt bien. « Velvet ring » sonne franchement comme une reprise d’Elliott Smith, « Animals » et « Randy » sont des variations de ce que le groupe a déjà proposé plus haut, et « Parallels » clôt ce sympathique album de manière très jolie, posée et mélancolique. Alors non, « masterpiece » n’en est pas forcément une, mais ça reste une belle opportunité de découvrir une formation moins stéréotypée et limitée qu’on aurait pu le croire !

Paroles de l’album

Site officiel

Big Thief : Masterpiece

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