TIM HECKER : Konoyo

Tim Hecker a toujours eu le profil d’un explorateur. Avec ce « Konoyo », neuvième album de son projet solo (après des collaborations diverses et des disques plus techno sous un autre pseudo), il a décidé de s’intéresser à un genre très particulier et totalement méconnu sous nos latitudes. Il s’agit en fait de musique de cour japonaise appelée gagaku, ce qui rassemble en fait diverses disciplines comme la danse, le chant et la musique orchestrale. Et au sein de cette musique, on distingue également quatre branches distinctes. Bref, de la musique de connaisseur, donc quelques artistes contemporains (mais pas à nos portes) tentent de s’inspirer, mais qui a vu son heure de gloire entre le 5e et le 8e siècle et qui a ensuite décliné jusqu’à sa presque disparition. Le résultat ici, c’est la rencontre entre cette musique orchestrale volontiers dissonante, et comportant de nombreuses touches répétitives et un aspect général surréaliste et post apocalyptique. Ce qui est assez réducteur face à une telle œuvre, j’en conviens. Tim Hecker déconstruit complètement ses mélodies, les réduit en bribes, tout en lançant des sonars sonores, en tissant des aurores boréales de nappes glacées, en évoquant des formes hybrides se dressant, formant des motifs géométriques encore non baptisés puis se résorbant d’eux-mêmes, et ce indéfiniment. C’est la force de ce disque ; se servir de techniques anciennes pour en faire une œuvre résolument avant-gardiste, belle et envoûtante. Décidément pas un artiste comme les autres…

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