MURDER BY DEATH : In bocca al lupo

Formé dans l’Indiana selon une formule assez inédite sinon rare puisque le groupe compte une violoncelliste à plein temps, Murder By Death s’inscrit dans une scène country alternative alors en pleine expansion au début des années 2000 aux USA. « In bocca al lupo », son troisième album, nous arrive en 2006 alors que son leader redécouvre Johnny Cash et consorts. Ce qui donne une tonalité beaucoup plus grave à sa voix, qui sied parfaitement au genre dark americana déployé ici, même s’il serait réducteur de circonscrire ainsi les terres musicales de de Murder By Death, qui s’aventure parfois beaucoup plus loin afin de ramener à ses titres des éléments marquants. Et des titres mémorables, il y en a pléthore ici. A commencer par le premier et parfait « Boy decide », épopée western baroque imprégnée d’une identité rock inaltérable. « One more notch » lui fait suite de la meilleure des façons, plus tempérée mais tout aussi rythmée. « Dead men and sinners » revisite la chanson de pirate, et c’est un enchaînement continu de titres sombres mais énergiques, aux ambiances uniques, ni vraiment ancrés dans leur époque ni évoquant franchement une autre. Murder By Death signe en tout cas ici une œuvre singulière et attachante, grâce notamment à des chansons incroyablement fortes (le déjà cité « Boy decide », l’imparable « Sometimes the line walks you », le mirifique « Raw deal »), le reste relevant « seulement » du très bon. Bref, « In bocca al lupo » est énorme !

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Paroles de l’album

Murder By Death : Sometimes the line walks you

Murder By Death : Brother

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HOME VIDEO : No certain night or morning

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Je n’ai jamais vraiment compris ce que le groupe entendait par ce titre énigmatique, mais j’avoue ne jamais avoir trop cherché non plus. Découvert avec ce premier album assez exemplaire, le duo m’a immédiatement fasciné par sa propension à marier l’indie pop à l’électronica. En bien des points, ce galop d’essai peut être comparé à une relecture, un prolongement naturel du Radiohead de la période « kid A » / « Amnesiac ». Même propension à la mélancolie glacée, au minimalisme rythmique, même passion de la répétition hypnotique et… même voix. Oui, bon, j’exagère un peu, mais à peine. Collin Ruffino caresse les mélodies d’un timbre mi-rêveur mi-dépressif très comparable à celui de Thom Yorke, et ce dès la superbe « Sleep sweet » introductive. Ce premier album installe en 10 titres une atmosphère nostalgique, une beauté pop électronique renversante dont il vous sera difficile de vous détacher si vous êtes déjà sensible au groupe anglais cité plus haut. Petite précision, Home Video a été découverte et mis en lumière par le label Warp ; on peut difficilement faire mieux comme gage de qualité. A vous de jouer donc !

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THE CORAL : The curse of love

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Composé en 2006 mais sorti cette année, ce disque des anglais est vraiment un cadeau inattendu. Composé et enregistré à la maison, il montre un groupe apaisé, simplement pop, avec toujours ce talent incroyable pour composer de superbes chansons, et cette classe dans l’interprétation. Inutile de tergiverser, « The curse of love » est comme ses prédecesseurs (et ses successeurs) un bon disque. Je n’irai pas jusqu’au « très bon », car ses excroissances psychédéliques et ses tics jazz freinent un peu mon enthousiasme. Pourtant, des titres comme « The curse of love », « Wrapped in blue », « You closed the door » ou « Willow song » sont autant de bonnes raisons de rattrapper le temps perdu et apprécier ce vrai-faux cinquième album comme on découvre un trésor caché dans un grenier.

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The Coral : The curse of love

ZYKLON : Dinsintegrate

zyklon disintegrate

Depuis le split d’Emperor, Samoth, jusque-là un peu dans l’ombre de la flamboyante virtuosité et créativité de son camarade Ihsahn, a pu montrer aux milliers de fans désespérés qu’il y avait une vie après le statut de groupe culte, et sacrément remuante même. Postulat que ce 3e album de Zyklon ne viendra pas contrarier. Se recentrant encore un peu plus sur le death, cet opus allie savamment aspect mélodique et brutalité débridée. On pourrait comparer Zyklon à un Behemoth qui mettrait de côté ses préoccupations ésotériques et serait un peu plus old school death. Pas dégueulasse, me direz-vous, « Disintegrate » doit être une tuerie ! C’est pas faux. Mais ce que je ne comprends pas, c’est qu’avec le potentiel des zicos, la magie d’un titre comme « Subversive Faith », monstrueux s’il en est, ne se ressente pas sur tous les autres. Un très bon troisième album, à qui il manque un petit quelque chose pour le rendre excellent.

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YORKE, Thom : The Eraser

Thom-Yorke-The-Eraser

Arrivé comme un cheveu sur la soupe, cet album solo du leader de Thom Yorke a surpris pas mal de gens. Enfin, concrètement, sur le fond, peu de choses diffèrent d’un album de Radiohead. Expérimentations electro-pop indé, voix fragile, relative noirceur de l’ensemble, les fans ne seront pas dépaysés. Pas déçus non plus ? Ça, ça reste à voir. Certes, les ressemblances jouent en la faveur de cet « effaceur », mais malgré de très bons titres (« Analyse », «Harrowdown Hill»), on ne peut s’empêcher de trouver l’ensemble un peu trop léger. C’est donc ici que le fan transi se rendra compte qu’un groupe, ce n’est pas seulement un frontman au talent éblouissant, et trois ou quatre tâcherons qui essaient vainement de lui arriver à la cheville, mais bien une équation complexe, une alchimie de personnalités et de sensibilités qui confine au divin, en particularité pour un groupe comme Radiohead. Au final, « The Eraser » pourrait être un album moyen du groupe. Du moins, si cela existait !

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