SCHULLER, Sebastien : Happiness

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Artiste français discret donnant dans l’électro-pop douce et mélancolique, Sébastien Schuller produit une musique d’une sensibilité touchante, cotonneuse et intimiste, parfois accompagnée d’une voix fluette et fragile. On sent au travers de ce premier album sorti en 2005 un artiste qui doute, qui rêve, qui se cherche un peu également. Quelque part entre Air et Girls In Hawaii, sa musique oscille entre beauté contemplative et solitude amère. « Happiness » ne porte pas vraiment bien son titre, vous l’aurez compris. « Voyage en nostalgie » aurait peut-être été plus parlant, même si on peut éprouver un sentiment d’apaisement et de plénitude sur certains titres. Pour autant, ce premier album n’en est pas moins intéressant et réussi. Car si la voix y mériterait d’être plus assurée, la relative fragilité de l’ensemble lui confère un statut particulier, celui de l’oeuvre de jeunesse, inconsciente de sa qualité, petite chose à laquelle il ne manque qu’une petite poussée pour s’envoler, un peu de maîtrise et de confiance en soi pour détrôner un autre Sébastien français, je veux bien sûr parler de Tellier, dont la musique n’est pas si éloignée. Ok, ceux qui ont dit Patrick peuvent sortir. Les autres peuvent cliquer sur « play » les yeux fermés, il y a de grandes chances qu’ils en ressortent conquis.

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Paroles de l’album

Sébastien Schuller : Weeping willow

ORANGE BLOSSOM : Everything must change

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Formation française multi-culturelle, Orange Blossom est unique aussi bien dans le paysage français que mondial. Mêlant musique électronique, musique orientale, cuivres et cordes, « Everything must change » marque une étape dans l’hybridation musicale des cultures et des genres, créant un nouveau langage, faisant éclater préjugés et frontières pour mieux s’assumer citoyen du monde. Pas de maladresse ici, mais des titres à la fois entraînants et entêtants qui sans aucun doute peuvent réconcilier les fans de trip hop crépusculaire et ceux qui ne jurent que par une world music virevoltante et puissante avec une certaine propension à la mélancolie. D’une beauté fulgurante rehaussée par la voix magique de Leïla Bounous, cet album s’inscrit aux côté de ceux d’Ekova ou Oi Va Voi comme un mètre-étalon d’un genre (trop) peu représenté mais pourtant passionnant !

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Orange Blossom : Habibi

JOHN LORD FONDA : Debaser

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Dj français oeuvrant sous la houlette de Citizen records, ex label de Vitalic, Cyril Thévenard alias John Lord Fonda partage avec celui-ci un goût pour la house music, mais la compose à travers le prisme de sa culture rock, la rendant plus sale que ses petits camarades de jeu. Il sort donc avec ce « Debaser » au titre faisant un clin d’oeil aux Pixies un premier album orienté dark house, avec des tubes pour dancefloor à la fois dansants et salement rock dans l’attitude, dont une reprise du meilleur effet du « Personal Jesus » de Depeche Mode. Il s’impose avec ce disque comme l’un de ces djs qui a choisi de faire évoluer le son techno, s’attachant à conjuguer efficacité des rythmiques et puissance des mélodies, dynamitant la new wave, et ressuscitant une electro-pop gonflée à la testostérone. A vous de suer !

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CALC : Twelve steps to whatever

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Les bordelais de Calc et leur pop douce et mélancolique se font connaître en 2005 avec la sortie de ce troisième album. Trop souvent comparée à celle d’Elliott Smith, la musique de Julien Pras présente certes quelques ressemblances avec celle du regretté et génial songwriter, et sa voix également, mais il ne s’agit en aucun cas de plagiat. Calc est de plus beaucoup plus référencé « rock indé », moins classiquement pop que l’américain. Ce « Twelve steps to whatever » à l’artwork plutôt bizarre et sombre est pourtant un disque magique et unique en son genre, une petite merveille, une pop d’orfèvre, artisanale mais vraiment touchante, preuve que le talent peut naître et s’épanouir en France aussi bien qu’ailleurs. Après, qu’il puisse éclabousser le monde est une autre question… 

ZIMMER, Hans ; NEWTON-HOWARD, James : Batman Begins

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Il fallait bien la collaboration de deux cadors de la musique de film pour illustrer ce splendide film retraçant la genèse du légendaire héros masqué, et ressuscitant une franchise largement enterrée par des choix de réalisateurs plus que discutables, des scénarios indigents et des interprétations minables. Parce que soyons sincères ne serait-ce que deux secondes, Christian Bale, c’est quand même autre chose que Val Kilmer…Cette digression passée, concentrons-nous sur la partition des deux compères. Portées par une sombre mélancolie, traversées de passages flippants, les douze pièces musicales de cet ensemble respirent l’univers gothique du film, les nuances du personnage principal, ses blessures et ses doutes, le tout en ayant l’intelligence de ne pas utiliser d’effets trop pompiers. Certes, c’est un film grand public, et la bande originale suit, ce qui signifie que ses ficelles, même si elles sont manipulées par deux maîtres du genre, restent assez épaisses. Pourtant, cette partition est une réelle réussite, et saura sans peine se faire une place dans la discothèque des fans d’atmosphères gothiques à la Sleepy Hollow ou From Hell…

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