LUPEN CROOK : Accidents occur whilst sleeping

Lupen Crook , c’est Matthew Pritchard, un doux dingue obsédé par la musique dès son plus jeune âge, et qui n’aura de cesse d’expérimenter et d’écrire durant des années, le plus souvent loin des radars de ses contemporains d’ailleurs. Et en fait on ne leur en voudra pas d’avoir voulu esquiver la compagnie du bonhomme tant celui-ci a l’air perché. Ou plutôt non, on les blâmera tiens. Parce qu’après avoir écouté ce premier album du personnage sorti en 2007, vous en conviendrez, il s’agit là d’une rencontre comme on doit en faire peu dans une vie. A l’époque, Lupen Crook (nom de l’alter ego qu’il s’est choisi) a la petite vingtaine. Pourtant, ce disque semble être celui de quelqu’un de beaucoup plus expérimenté…et de tout simplement génial. Et d’ailleurs, ce n’est pas un dique, c’est un univers à part entière, où l’on passe d’une planète à l’autre en changeant de piste. Alors le qualifier ? Impossible. Folk, pop, prog, gothique, flamboyant, drôle, fantasque ? Un peu de tout ça à la fois, mon capitaine. On évoque souvent Tim Burton quand on parle de Lupen Crook, et c’est plutôt bien vu ; il sait émerveiller et effrayer, faire rire ou interroger, le tout avec une assurance toute anglaise, entre sérieux démesuré et sens de l’absurde. Je serai bien incapable de vous conseiller un titre plutôt qu’un autre sans me provoquer une descente d’organe, même si quelques mélodies trottent à intervalles réguliers dans ma caboche. Ce que je prescris, c’est une écoute dans l’ordre et in extenso de cet électron libre discographique fou, original, libre et génial. Et plus vite que ça !

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Paroles de l’album

Lupen Crook : Love 80

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MURDER BY DEATH : In bocca al lupo

Formé dans l’Indiana selon une formule assez inédite sinon rare puisque le groupe compte une violoncelliste à plein temps, Murder By Death s’inscrit dans une scène country alternative alors en pleine expansion au début des années 2000 aux USA. « In bocca al lupo », son troisième album, nous arrive en 2006 alors que son leader redécouvre Johnny Cash et consorts. Ce qui donne une tonalité beaucoup plus grave à sa voix, qui sied parfaitement au genre dark americana déployé ici, même s’il serait réducteur de circonscrire ainsi les terres musicales de de Murder By Death, qui s’aventure parfois beaucoup plus loin afin de ramener à ses titres des éléments marquants. Et des titres mémorables, il y en a pléthore ici. A commencer par le premier et parfait « Boy decide », épopée western baroque imprégnée d’une identité rock inaltérable. « One more notch » lui fait suite de la meilleure des façons, plus tempérée mais tout aussi rythmée. « Dead men and sinners » revisite la chanson de pirate, et c’est un enchaînement continu de titres sombres mais énergiques, aux ambiances uniques, ni vraiment ancrés dans leur époque ni évoquant franchement une autre. Murder By Death signe en tout cas ici une œuvre singulière et attachante, grâce notamment à des chansons incroyablement fortes (le déjà cité « Boy decide », l’imparable « Sometimes the line walks you », le mirifique « Raw deal »), le reste relevant « seulement » du très bon. Bref, « In bocca al lupo » est énorme !

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Paroles de l’album

Murder By Death : Sometimes the line walks you

Murder By Death : Brother

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HOME VIDEO : No certain night or morning

homevideo_nocertain

Je n’ai jamais vraiment compris ce que le groupe entendait par ce titre énigmatique, mais j’avoue ne jamais avoir trop cherché non plus. Découvert avec ce premier album assez exemplaire, le duo m’a immédiatement fasciné par sa propension à marier l’indie pop à l’électronica. En bien des points, ce galop d’essai peut être comparé à une relecture, un prolongement naturel du Radiohead de la période « kid A » / « Amnesiac ». Même propension à la mélancolie glacée, au minimalisme rythmique, même passion de la répétition hypnotique et… même voix. Oui, bon, j’exagère un peu, mais à peine. Collin Ruffino caresse les mélodies d’un timbre mi-rêveur mi-dépressif très comparable à celui de Thom Yorke, et ce dès la superbe « Sleep sweet » introductive. Ce premier album installe en 10 titres une atmosphère nostalgique, une beauté pop électronique renversante dont il vous sera difficile de vous détacher si vous êtes déjà sensible au groupe anglais cité plus haut. Petite précision, Home Video a été découverte et mis en lumière par le label Warp ; on peut difficilement faire mieux comme gage de qualité. A vous de jouer donc !

Paroles de l’album

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MAD CADDIES : Just one more

madcaddies_justonemore

Quand on parle de Santa Barbara, ça évoque (du moins pour moi qui suis déjà sur la pente descendante de la vie, bouhouhou, envoyez-moi vos dons) plus un soap opera généreux en blondeurs peroxydées et en permanentes vertigineuses qu’une formation musicale. Et pourtant, c’est bien là que Mad Caddies a vu le jour. Si « Just one more » est le 4e album du groupe, il ne fait pas qu’asseoir sa (relative) notoriété dans la scène ska-punk. Il réaffirme l’originalité du groupe, apparu en 1995 dans ce qu’on peut objectivement considérer comme un carcan, mais qui s’en est très vite défait grâce à ses influences ouvertement jazz new orleans, disséminées à doses homéopathiques mais suffisamment marquées pour être marquantes. Une ouverture d’esprit qui sert forcément des formats de chansons déjà très pop (sur la plus grosse part du disque), même si Mad Caddies sait à l’occasion encore jouer des coudes (et des riffs) pour se faire respecter (« Contraband », « Day by day », « Riot »). Et puis, au milieu de tout ça, deux titres parviennent à allier les deux de façon remarquable ; l’imparable « Villains » et la faussement sage « Silence ». Entendons-nous bien ; l’album est une pépite, mais ces deux seuls titres en justifient déjà l’acquisition. Ils sont l’incarnation de ce qu’on attendait, de ce qu’on attend et de ce qu’on attendra du groupe. Est-ce qu’il a rempli son contrat pour la suite ? Je ne spoilerai pas, mais la réponse est à un petit clic !

Paroles de l’album

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Mad Caddies : Leavin’

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TURZI : A

turzia

Formation versaillaise donnant dans l’electro, Turzi fait partie de ces artistes qui regardent ouvertement derrière eux, vouant un culte à la scène krautrock des seventies. Le krautrock, pour les non-initiés, est une excroissance du rock progressif, souvent beaucoup plus répétitif, parfois plus psychédélique, et exploitant à fond les nouveaux outils mis à sa disposition à l’époque (début 70) ; les instruments électroniques. Cette musique hybride et expérimentale, Turzi s’en nourrit, et la recrache à sa façon, tantôt par le biais de titres très kraftwerkiens, tantôt par des choses beaucoup plus rock mais tout aussi aventureuses. Une utilisation parcimonieuse du chant masculin et de samples vocaux vient empêcher l’album de tomber dans la monotonie, chose plutôt compliquée pour ce type d’entreprise. Ce « A » a également la particularité de ne comporter que des titres débutant par cette lettre. Vous l’aurez compris, Turzi est pour le moins un cas à part dans le paysage électronique français, ne se rattachant à aucun courant en vogue, bien que piochant des idées ça et là. Au final, « A » est un album intriguant, un peu trop inégal pour qu’on le porte aux nues, mais assez différent et particulier pour qu’on prenne plaisir à le ressortir une fois de temps en temps pour en redécouvrir toutes les subtilités et les richesses.

https://open.spotify.com/album/3J5Df3wVVO7mPZ1FxYFLw7

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Turzi : Afghanistan

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