TALISCO : Run

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Je me retourne un peu tard sur ce songwriter qu’une bonne partie des français connaît déjà, honte à moi. Comment ça vous ne le connaissez pas ? Ah bon ? Vous avez la télé ? Oui ? Il vous arrive de zapper ? Donc vous n’avez pas pu échapper à la campagne de pub Balsamik, que porte élégamment le single « Your wish », et a également été choisi par google… Pas n’importe qui donc. Sa musique a tout du bon plan pour annonceur : alliant le charme et la classe de l’indie au côté blockbuster des tubes grand public, c’est du pain béni pour accrocher l’oreille du quidam sans rebuter l’exigeant. Si l’artiste a débuté sa carrière par le biais d’une americana folk un peu plus aride, il a ici plongé sa musique dans un bain de jouvence electro-pop dans l’air du temps (on pense à trop de choses pour les citer toutes). En ressort un style moderne et ultra-efficace qui jouit de références folk et rock sans vraiment en utiliser les codes. Très frais, très bon mais dangereusement passe-partout, « Run » est de ces disques qu’on adore sur le moment mais qu’on ne sait pas si on écoutera encore dans deux ans, car très « actuel ». Seul l’avenir le dira. En tout cas, pour l’instant, moi aussi je le trouve très bon !

Paroles de l’album

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Talisco : Run

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[SITD] : Dunkelziffer

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J’aime l’electro-dark depuis longtemps. Je n’en consomme pas fréquemment, je ne suis pas membre d’une communauté, je ne fréquente aucun forum consacré au genre, mais voilà, une fois de temps en temps, j’aime bien m’en envoyer un peu dans le tympan. [sitd] n’est pas né de la dernière pluie (1996, quand même), mais fait partie de la horde de combos allemands (ou pas) qui suivent musicalement les cadors du genre (Wumpscut, Velvet Acid Christ, Front Line Assembly…) en appliquant consciencieusement leurs formules, en pompant même sans vergogne leur style et leur son. Des seconds couteaux, quoi. Mais voilà, l’electro-dark étant assez limité, ça n’est pas forcément synonyme de ratage ; en gros, pas besoin d’avoir un cerveau quand on sait faire parler la poudre. Le sixième album de ce trio fondé en 1996 est sans surprise et très très inspiré de groupes connus (je pense à un mélange entre Suicide Commando, Wumpscut et Project Pitchfork). Rien d’exceptionnel, rien de trop frontal non plus (la mélancolie et le mid-tempo sont souvent de la partie), mais un bon « produit » du genre, respectant à la lettre le cahier des charges ; du chant clair et des tonalités electro-pop, des rythmiques electro dansantes, du chant saturé, un côté sombre bien assumé, un flirt permanent avec les sonorités metal, tout y est. Et ça marche, sur le moment. Pas sûr quand même que « Dunkelziffer » vous tienne en haleine plusieurs écoutes successives durant.

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