THE DODOZ : Forevericanpurr

dodoz_forever

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’un groupe français, et toulousain de surcroît. Comme ça, on ne pourra pas m’accuser de faire de la préférence (inter)nationale ou d’être snob avec « ceux du sud », moi qui me situe géographiquement (presque) tout en haut de la France, là d’où on on a une vue imprenable sur tout ce qui se passe. Et d’où on voit en premier le temps de merde arriver, ok, elle est facile. Enfin, bref, The Dodoz, à ne pas confondre avec The Dodos, formation de San Francisco beaucoup plus folk, donne dans le rock pêchu et efficace, mené par une frontwoman pleine de fougue et d’assurance. C’est donc un style très classique mais vraiment très entraînant et percutant qui est enfermé dans ce deuxième et hélas dernier album du groupe : entre pop, punk et post-punk, les Dodoz taillent 12 titres dans le rock, et les habillent de choeurs bien sentis. Rares sont les disques de rock français aussi exempts de défauts, alors ne vous en privez pas !

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The Dodoz : I can purr

ZOXEA : Tout dans la tête

zoxea_Tout-dans-la-Tête

Avec Beat de Boul, les Sages Poètes de la Rue, en featuring ou en solo, Zoxea a toujours été respecté et écouté dans le milieu du rap français. Et pourtant, le bonhomme est plutôt du genre discret côté production discographique. C’est un animal à sang froid, prenant son temps pour s’adapter à son époque, peaufiner ses apparitions. Ni vraiment poète ni vraiment sage, Zoxea est un peu l’élève modèle, qui sait bien tout faire, mais manque parfois de conviction. C’est certainement ce qui le fait rester dans la catégorie des « très bons » mais ne l’a jamais propulsé dans celle des « indispensables ». Encore une fois sur ce troisième album solo, on retrouve des textes engagés, d’autres plus classiques, d’autres clairement égotrip. Pas mal de déjà-vu, il faut bien le reconnaître. Côté production, on retrouve un peu de tout, de titres mélancoliques à d’autres plus rythmés, balayant les spectres electro, rock, r&b, hip-hop avec savoir-faire et talent. Mention spéciale à « Paroles et Musique » et son sample du « Maybe Next Time » de Rainbow, à « Voir plus loin » au phrasé ragga très bien pensé… C’est ce qui fait la force de ce disque, d’ailleurs ; tous les titres ou presque sont efficaces et percutants. Au final, même s’il n’est pas parfait, ce « Tout dans la tête » y gagne une aura de classique immédiat. Elle est pas belle la vie ? 

Paroles de l’album

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Zoxea : Tout dans la tête

Zoxea : C’est nous les reustas

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ZOLA JESUS : Conatus

Zola Jesus conatus

Zola Jesus, c’est un nom bien pompeux, et la pochette arty de ce troisième album ne m’inspire guère plus. Une intro anecdotique, un premier titre gothique-ambiant longuet (« Avalanche »), et puis la première montée du disque arrive (« Vessel »), et c’est pas trop tôt. Bon, après ça, l’ambiance retombe ; on a beau forcer sa voix et utiliser une batterie électronique, la linéarité reste. Entre rock gothique, cold wave et electro-pop, Zola Jesus pose un voile blafard sur le monde, y sculpte des volutes que d’aucuns jugeront délicates et sensibles, présidant tout cela d’une voix et de textes graves, à tous points de vue. Tout ça est finalement assez convenu puisque déjà entendu, et malgré les mélodies assez réussies de la jeune femme, je m’ennuie ferme. Ok, c’est même pire que ça pour être honnête. Même le packaging est chiant : pas de paroles, pas de crédits, pas de livret, rien à quoi se raccrocher pour passer un peu le temps. La demoiselle doit penser que sa musique se suffit à elle-même. Bon, pour moi ça suffit tout court. Électrocardiogramme plat. 

Paroles de l’album

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Zola Jesus : Vessel

YOUSSOUPHA : Noir Désir

youssoupha noir

Youssoupha, c’est la relève d’un rap français engagé et intelligent. Le jeune homme manie les mots sans langue de bois, sait être agressif et caustique, mais prône la non-violence et l’ouverture d’esprit, le désenclavement. Un rap qui ne ferme les yeux sur rien, ni sur les faiblesses et les contradictions de l’état, de la société, ni sur la sienne ou celle de son microcosme. Ce disque, Youssoupha l’a voulu plus ouvert justement, plus éclectique. Ainsi, on y trouvera des invités prestigieux, des univers musicaux très différents, et des textes qui sortent des sentiers battus du rap français. Et quand on affiche 17 titres au compteur, y’a plutôt intérêt. Un album si diversifié divise forcément. Alors même si j’apprécie les textes dans leur ensemble, j’avoue que certaines plages un peu plus « accessibles » me font un peu jouer avec le bouton avance rapide. Dommage qu’il s’agisse souvent des featurings (en particulier « Histoires vraies » avec Corneille et « Dreamin » avec Indila). Mais d’autres font mouche immédiatement, et s’imposent directement comme des futurs classiques du genre ; ainsi « Viens », « Menace de Mort », « Irréversible », « L’enfer c’est les autres », « Noir Désir », ou « Tout l’amour du monde » justifient à eux seuls l’achat de cet album. Bien joué l’ami. Ne nous reste plus qu’à tendre l’autre joue. 

Paroles de l’album

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Youssoupha : L’amour

Youssoupha : Gestlude part 1

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    Tags: de, youssoupha, un, français, rap

WZRD : Eponyme

WZRD

Wzrd, c’est le nouveau projet de Kid Cudi, qui pour l’occasion s’est accoquiné avec un certain Dot Da Genius, producteur de talent avec qui il avait déjà collaboré pour son tube « Day n’ Nite ». Mais ici, l’idée de départ, c’est de donner dans le rock. J’en vois déjà certains tiquer. Bon, c’est vrai que vu de l’extérieur, on a un peu de mal à y croire. Mais une fois l’introductif « The Arrival » débarqué, la curiosité est piquée au vif. Car il s’agit d’un instrumental electro rock assez sombre, qu’on imagine assez mal dans un disque de Akon. « High Off Life » se la joue rap rock classique mais très efficace. « The Dream Time Machine » passe sans mal sans convaincre totalement. Et là arrive, « Love Hard », bougrement plus dansante, et certainement LE carton de l’album. Suivent trois titres plus anecdotiques, une reprise de « Where Did You Sleep Last Night ? » remise au goût du jour mais quand même assez vaine, une semi-ballade un peu limite (« Efflictim »)… Et on a enfin un autre titre intéressant car plus original que les autres, voir même bizarre. Pas un tube pour autant, mais ce « Dr Pill » laisse entrevoir ce qu’aurait pu être ce disque avec un peu plus d’application et de sérieux. Car ici, on a vraiment l’impression que les gars ont fait ça un peu à l’arrache, pour voir ce que ça donne. Un côté nonchalant un peu dérangeant, car il y a du potentiel dans ce duo, et que celui-ci ne semble pas avoir été exploité à fond. C’est hélas avec ce goût d’inachevé en bouche que s’achève l’écoute de de premier album par une trop facile « Upper Room ». On espérera tout de même qu’un petit frère à ce premier opus, mieux pensé et maîtrisé, verra le jour.

Paroles de l’album

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WZRD : Teleport 2 me