BUILT TO SPILL : Ancient melodies of the future

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Revenu depuis déjà quelques temps à un format plus pop tout en conservant une exigence mélodique dont il ne s’est jamais départi, Doug Martsch, l’homme derrière Built To Spill, offre au monde ce cinquième album du groupe en 2001. Infatigable artisan d’un rock indépendant qui doit autant aux Beatles qu’à Sonic Youth, il donne à ses titres l’élasticité des groupes modernes e recyclant des sonorités plus anciennes, comme le suggère le titre de cet opus qui compte parmi les plus belles réussites du groupe. Écoutez donc le blues rock électrifié de « Happiness » pour vous vous en convaincre. Ou le tube indie « Don’t try », à la fois minimaliste et dense. Built To Spill se joue des étiquettes, piochant ici dans le rock atmosphérique, là dans des genres plus crunchy et noisy, revient à des sonorités rock n’ roll, bascule dans la pop ensoleillée, fait un crochet par le garage… Cette absence de frontières nécessite bien sûr une aisance instrumentale dont le trio est bien heureusement doté. Doug Martsch pousse la maniaquerie jusqu’à participer à la production et au mixage du disque, dont il maîtrise tous les aspects. Il est toujours étonnant de voir débarquer son timbre si particulier là-dedans (le monsieur pourrait reprendre Neil Young sans problème), mais ça ajoute à la légende d’une formation décidément spéciale, dans le bon sens du terme.

Paroles de l’album

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RED SNAPPER : Making bones

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Il est difficile de définir Red Snapper. C’est d’ailleurs certainement ce qui a fait le succès du groupe britannique, l’exigence de ses fans et sa difficulté à se renouveler de façon convenable. Paru après un premier album remarqué fusionnant déjà les genres, « Making bones » poursuit le voyage groovystique du groupe de la plus belle des façons. La musique du collectif est en effet une porte grande ouverte : trip hop, jazz, dub, rap, funk, soul, electro, rock, musique de film, rien ne lui fait peur, et il a un don naturel pour amalgamer le tout en conservant une classe et une tenue irréprochable. Ce disque a la chance de comporter un mc et une vocaliste, et ne s’interdit jamais de proposer des instrumentaux ; ça vous donne une idée du territoire de jeu couvert. En dix titres, « Making bones » couvre un spectre musical immense, et procure à l’auditeur des sensations très différentes mais toujours fortes : de l’introductif « The sleepless » en passant par la superbe « Image of you », l’obsédante « Seeing red » et la jazzy « 4 dead monks », tout est parfaitement calibré, pensé, exécuté. « Making bones » est un chef d’oeuvre et rien ne me fera changer d’avis. Je l’écoute régulièrement depuis sa sortie et il est un peu comme Michael J. Fox ; il ne semble pas avoir pris une ride. A vous à présent d’en profiter !

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Paroles de l’album

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K’S CHOICE : Cocoon crash

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L’inconvénient quand on commence à écrire des chroniques de disques, c’est qu’il y a toujours un « avant ». Un passé qui peut être lourd car glorieux et à l’aune duquel on jugera toutes les autres œuvres du groupe / de l’artiste, ou au contraire une montée en puissance qui peut permettre de mieux apprécier le présent. Prenez K’s Choice, par exemple. Sur Adopte Un Disque, on ne trovera la trace que du décevant album de 2010 « Echo mountain », et du moyen album solo de sa chanteuse Sarah Bettens « Shine ». Pas de quoi vous donner envie de voir le groupe belge comme un fleuron de la pop indé du plat pays. Il était donc temps de rétablir la justice, ou du moins d’équilibrer un peu la balance. « Cocoon crash », sorti en 1998, n’est pas forcément le disque le plus récompensé de la fratrie Bettens, mais fait suite au succès planétaire « Not an addict ». Et s’il s’avère plus diversifié que « Paradise in me », il n’est certainement pas moins intéressant. On y trouve des tubes immédiats (« Believe » « Everything for free », « Too many happy faces », « Hide »), des titres à la sensibilité touchante (« Now is mine », « Winners ») et pas mal d’entre-deux poppy assez agréables. Vrai bon disque qu’on peut se passer dans pas mal de circonstances sans rien y trouver à redire, « Cocoon crash » est une pépite du passé qu’il serait dommage de bouder à cause de son âge avancé. Allez fume, c’est du belge !

Paroles de l’album

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K’s Choice : Everything for free

K’s Choice : Believe

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MARILLION : Misplaced childhood

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Né d’un trip hallucinatoire de Fish, premier vocaliste du groupe, ce concept-album sur le thème de l’enfance est un incontournable du néo progressif, et l’un des meilleurs albums du genre toutes périodes confondues. Oui, je sais, c’est un peu fort de café, je n’y vais pas avec le dos de la cuillère, et je vous dit ça un peu trop franco de port, penseront certain(e)s. Car aussi talentueux et auréolé de succès soit cette formation anglaise, elle n’en est pas moins régulièrement décriée, car « trop pop », « impure » ou que sais-je encore. Mais j’assume. Et oui, je l’avoue, il m’arrive de temps en temps de fredonner « Kayleigh », « Lavender » ou « Heart of Lothian ». Quoi ? C’est parce que je suis vieux ? Non mais oh, j’étais même pas né en 1985… Ouais, si, mais bon, je n’ai pas découvert « Misplaced childhood » à cette époque-là, mais presque 10 ans plus tard. Et autant vous dire que même en 95, ce disque avait déjà cette patine, ce côté un peu suranné dont ses détracteurs le taxent. Moi, je vous dit peu importe. Oui, le son prog a quelque chose d’un peu ringard, on ne va pas se le cacher. Mais le fait est que les chansons sont très bonnes. Ni démonstratif ni trop trituré de la turbine, ce troisième album du groupe est, finalement, un pur produit des eighties ; poignant, héroïque, un poil pompier… et doté d’un sens de la mélodie imparable. Et en plus, il est suffisamment court pour qu’on ne puisse pas s’en lasser. Alors, que demande le peuple ?

Paroles de l’album

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Marillion : Kayleigh

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THE GHASTLY ONES : A-haunting we will go-go

ghastlyones_ahaunting

La recette de la musique de The Ghastly Ones est assez simple. Formé de concepteurs d’effets spéciaux passionnés de films « de genre », elle reflète à la fois les goûts cinématographiques et musicaux du trio. Et côté musique, on se situe dans un surf rock assez classique parfois mâtiné de rockabilly soft. Mettez le tout dans un shaker et vous obtenez un surf rock volontiers caricatural mais très fun. Un peu le genre de musique qu’on pourrait imaginer dans un épisode de scoobydoo. Alors oui, ce premier album du groupe est un peu un disque gadget, le genre qu’on ressort à chaque halloween et peu entre temps, mais il ne faut pas y voir un manque de sérieux, de talent ou de musicalité de la part de ses concepteurs. D’ailleurs, c’est monsieur Rob Zombie himself qui s’intéresse au groupe et le signe sur son label pour ce premier opus rafraîchissant sorti en 1998. Tout est soigné ici, de la musique déjà citée au livret excellent et assez drôle à parcourir. Et l’auditeur gourmand en a également pour son argent, avec 20 plages, parmi lesquelles des interludes et quelques samples et titres chantés apportent des respirations bienvenues, car il est vrai que le genre laisse peu de place à la diversité des orchestrations. Pour autant, ces bémols ne gâchent pas le plaisir ressenti à l’écoute de ce très bon premier disque d’un combo malheureusement disparu aujourd’hui, son concepteur ayant préféré se tourner vers d’autres expériences musicales.

Playlist

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