ENGINE DOWN : Engine Down

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Nous sommes en 2004. Engine Down, groupe de Richmond en Virginie, est sans le savoir au crépuscule de sa carrière. La petite scène post hardcore / emo dont il est issu ne va pas tarder à imploser aussi. Mais ça ne l’empêche pas de sortir ce disque d’une justesse impressionnants, qui donnera forcément (et c’est heureux) envie de découvrir la suite des aventures de ses membres au travers de Biology ou Sparta. De la rage et de la mélodie, c’est ce qu’on trouvera ici. « Rouge » place d’entrée de jeu le groupe sur les rails de l’efficacité, bientôt rejoint par « And done ». Et si « Control group » fait un peu redescendre la pression par son côté plus passe-partout, ce n’est que pour mieux repartir encore plus fort avec la terrible « Cover ». Par la suite, on a hélas un peu moins de certitudes mélodiques, un peu plus de titres moyens, aux riffs plus communs. Heureusement, la voix simple mais expressive de Keeley Davis fait facilement basculer du doute vers l’adhésion. Au final, ce sont les qualités du projet que l’on retient.

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Paroles de l’album

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FAVEZ : Bellefontaine avenue

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La suisse n’a jamais été un pays très rock n’ roll, soit. Mais est-ce une bonne raison pour nier l’évidence quand elle se présente ? Prenez ce « Bellefontaine avenue », septième (si on compte les trois premiers parus sous le nom de Favez Disciples) album de Favez. Sous ses airs anodins, derrière sa pochette tristounette, se cache l’un des meilleurs album emo-powerpop de tous les temps. Tout y est : la rage, le désespoir, la douceur, la rébellion, l’arrogance, les remords. Et un putain d’impact mélodique qui emporte tous les suffrages : « Emmanuel hall », « Times were high », « Battle weary blues », « The killer show » sont en première ligne, mais les autres ne sont vraiment pas loin derrière. Là où le groupe gagne vraiment son pari, c’est qu’on a pas l’impression d’écouter un parangon de rock adolescent à mèche. Non, on a ici le meilleur des deux mondes, entre urgence adolescente et maturité bien adulte. Ce disque, je l’ai écouté des dizaines, peut-être des centaines de fois, et je ne m’en lasse pas. Homogène, concis, efficace, un vrai disque de rock.

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    Tags: ne, on, vraiment, se, album, rock, powerpop, a, indie, alternatif

JESSE SYKES : Oh, my girl

jessesykes_ohmygirl

Jesse Sykes est une fille du pays de l’oncle Sam, pas de doute là-dessus. Elle exploite ici toute une culture folk, blues, country, americana, magnifiée par un songwriting finalement très pop, une production à la fois simple et claire et un son d’une ampleur panoramique. Sa voix ni douce ni rugueuse vient se poser nonchalamment sur les guitares, forcément omniprésentes dans une telle entreprise. D’une beauté touchante, d’une chaleur diffuse et caressante, les chansons s’enchaînent sans redite, installant une ambiance de crépuscule cinématographique, et s’insinuant doucement mais sûrement dans l’inconscient de l’auditeur. Bref, ce deuxième album est un vrai trésor, un de plus déniché par l’écurie Fargo, décidément très douée pour révéler les talents yankees.

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BLONDE REDHEAD : Misery is a butterfly

blonderedhead_misery

Ma première rencontre avec les New-Yorkais de Blonde Redhead fut décisive. Je ne me souviens plus par quel biais je fis connaissance avec ce « Misery is a butterfly » qui devait marquer le passage du trio vers une musique plus posée et ambiancée, mais je me souviens du choc que fut sa découverte. Alchimie fragile entre pop orchestrale vintage et esthétisme rock indépendant, ce sixième album dévoile encore plus toute la sensibilité et la mélancolie d’une formation décidément hors normes. Exit donc les guitares (elles se font du moins très discrètes ici), et bonjour les morceaux plus aérés, dont l’écrin n’est plus assuré par les larsens et décibels, mais par les synthés, machines et cordes. Les onze titres de ce disque donnent la sensation d’écouter un Gainsbourg des nineties  ; soyeuse, profondément mélancolique, légèrement inquiétante, belle, poétique, leur musique berce l’auditeur, l’anesthésie, l’amène au-dessus des nuages pour mieux contempler le spectacle désolant de ce monde. Les voix d’Amedeo et de Kazu se croisent et se répondent, à la fois similaires et complémentaires. Difficile de trouver un point faible à ce magnifique album, bien que d’aucuns lui reprochent un aspect répétitif. Il s’agit pour moi d’un mètre-étalon, aussi bien pour la suite de la carrière du groupe que pour l’univers pop indé dans son ensemble. Indispensable !

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Blonde Redhead : Melody

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LES FATALS PICARDS : Picardia independenza

 

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Troisième album « officiel » (si on ne compte pas les deux autoproduits), et avant-dernier avant de le départ d’Ivan Callot, leader et chanteur du groupe, pour d’autres aventures (depuis, un album solo un autre en préparation et surtout le groupe Les Rois de la Suède), « Picardia Independenza » cristallise tout ce que les vrais-faux amiénois savent faire de meilleur : du rock français drôle et irrévérencieux, des chansons à prendre au 10e degré ! Parmi elles, le single « Dors mon fils » sur les affres de la paternité, ou encore « A l’enterrement de Derrick », texte d’anticipation débile dans la grande tradition du groupe. Ce disque marque également une plus grande propension à faire dans le message social et politique, ce qui caractérisera plus encore les albums à venir, faisant quelque peu péricliter l’image fun du groupe pour le recentrer sur son côté chanson punk, choix un peu discutable mais parfaitement assumé. A n’en pas douter, cet album-tournant est celui qui commencera à diviser les fans, mais il reste une sortie plus qu’honorable pour Les Fatals Picards.

 

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Les Fatals Picards : Dors mon fils

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