DESIDERII MARGINIS : Songs over ruins

Dans la grande famille du dark ambiant, le label scandinave Cold Meat Industry a longtemps fait la loi, ou presque. Et dans son giron, le projet suédois Desiderii Marginis est l’un des représentants les plus talentueux du genre. Nous nous attarderons aujourd’hui sur leur premier album, le bien nommé « Songs over ruins ». Enfin, bien nommé, c’est vite dit. Car de chansons, point de traces ici. Si des bribes de mélodie traversent bien chaque titre, ce sont plutôt des fantômes du passé, des souvenirs en lambeaux, témoins d’une époque révolue où l’espoir perçait encore à travers le voile d’une existence solitaire et morose. Ainsi, les fluettes clochettes de « Songs over ruins I » accueillent les vagabonds des limbes que nous sommes, accompagnées d’une inquiétante nappe de claviers, de percussions martiales et d’une voix enregistrée ; l’ambiance est sombre, presque post-apocalyptique. « Scintillate II » se fait beaucoup plus martiale encore, mais nous installe surtout au centre d’un paysage désolé ; nous voici à destination, dans les ruines. Le reste du voyage n’est qu’une descente aux enfers lente et inéluctable. Au fur et à mesure de la progression, l’ensemble se fait moins percussif et plus étouffé, un peu comme si nos battements de coeur ralentissaient peu à peu pour se fondre dans les ténèbres. Prenez donc vos billets aller, le retour est compromis !

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LIVE : Secret samadhi

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Live n’est pas le groupe le plus passionnant au monde, même s’il a fait partie des formations cataloguées post-grunge les plus sympathiques. Du grunge, il n’en est plus question sur ce troisième album. En a-t-il jamais été question d’ailleurs ? Live aime le rock, au sens large. Et le prouve avec ce disque de rock alternatif de haute volée, deux fois disque de platine à sa sortie. Certes, ce n’est pas une garantie de qualité. Mais là, c’est mérité. Écrits lors d’un séjour prolongé en Jamaïque (ce qui n’a aucun intérêt pour la chronique, puisque ça ne s’entend pas du tout), les douze titres ici présents sont chargés d’une force tranquille, d’un feeling, d’une classe très AOR. L’influence de REM, revendiquée par le groupe, n’y est pas pour rien. Chaque titre a un petit quelque chose, un impact mélodique, un refrain mémorable. « Secret samadhi » n ‘est pas un chef d’oeuvre, mais, fort des « Rattlesnake », « Lakini’s juice », « Ghost », « Insomnia and the hole in the universe » et « Heropsychodreamer », il se place comme un très bon disque de rock alternatif à (re)découvrir.

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Live : Lakini’s juice

Live : Freaks

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    Tags: de, un, à, disque, plus, rock, alternatif, grunge

TIAMAT : A Deeper kind of slumber

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Johan Edlund, après le succès de son précédent effort « Wildhoney », avait décidé de fêter celui-ci à sa façon ; en se défonçant tellement qu’il ne savait plus où étaient ses pieds. C’est donc les yeux dans le vague et l’esprit passablement embrumé qu’il compose « A deeper kind of slumber », qui forcément s’avère encore plus planant et expérimental que son aîné. De « Cold seed » à la chanson-titre finale, c’est donc un festival de voix éthérées (exit ou presque les vocaux à connotation death), nappes de claviers spatiales, influences ethniques, sons extraterrestres et textes opaques auxquels nous sommes confrontés. Et pourtant, le bougre parvient à garder une cohérence relative tout au long de l’album, se permettant même de pondre des titres immédiats. Assurément, ce disque très mystique et ésotérique est le moins accessible et le plus progressif de la discographie des suédois, mais il est loin d’être le moins passionnant. Personnellement, c’est la suite des aventures beaucoup plus contenue et convenue du groupe qui m’a moins intéressé…

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Tiamat : Cold seed

SWELL : Too many days without thinking

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Comment ai-je pu ? Pourquoi ai-je passé ce disque que je chéris depuis des années sous silence ? Car, mes amis, le voici, l’album incontournable de Swell, qui depuis a certes tourné autour, flirté avec, mais hélas, trois fois hélas, jamais retrouvé les qualités de ce « Too many days without thinking ». Capable de morceaux pétaradants et noisy comme « Throw the wine », « Make mine you » ou « (I Know) The trip », de purs moments de douceur pop comme « What I always wanted » ou « Sunshine everyday » ou des titres indie-pop parfaits mais plus classiques (tout le reste du disque), le groupe signe ici un disque certes typé nineties au niveau du son, mais toujours aussi jouissif 17 ans plus tard. Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde. Alors inutile de tergiverser, il vous faut avoir écouté cet album si vous dites aimer la pop indé.

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    Je ne suis pas un die hard fan de Swell. Je reconnais, depuis « Too Many Days Without Thinking », leur indéniable talent à créer des chansons magnifiques et simples avec pas grand-chose d'autre qu'une guitare et une voix. Mais à part quelques bonnes chansons disséminées sur des albums moyens, je n'ai…
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    Depuis longtemps plébiscitée par des fans fidèles et triés sur le volet (pour ce que Swell est réservé aux initiés du fait d’une distribution parfois capricieuse, et d’une publicité plus que relative), la musique de Swell ne fait que se bonifier avec le temps. Une pop simple et directe, où…

THE GATHERING : Nighttime birds

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Formé en 1989 avec une couleur death-doom, The Gathering fait partie de ces groupes à la trajectoire pas forcément auréolée de gloire mais prépondérante pour l’évolution d’un genre tout entier. Ainsi, le groupe a été pionner dans le fait d’intégrer à son line-up une chanteuse à plein temps ne se contentant pas de faire office de vitrine, et d’ouvrir sa musique à des sonorités progressives et rock. Si le troisième album du groupe, « Mandylion », entamait ce voyage avec brio en conservant pas mal de sonorités plus métal, ce « Nighttime birds » d’exception, plutôt proche musicalement parlant, éclaircit encore l’univers sonore du combo, y intégrant beauté et douceur plutôt que mélancolie plombée. La voix d’Anneke (ben oui, les hollandaises n’ont pas forcément des prénoms hyper sexy) s’en trouve libérée et y prend son envol, confirmant le talent qu’on lui soupçonnait jusqu’alors. A n’en pas douter, ce disque est un chef d’oeuvre et a suscité de nombreuses vocations de vocalistes féminines (que ce soit par imitation ou en opposition) dans un genre qui se « démachise » de plus en plus, et y gagne donc forcément en sensibilité et en efficacité !

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