PRO-PAIN : The truth hurts

Gary Meskill n’est peut-être pas le mec le plus charismatique au monde, mais il est tout de même derrière la formation des Crumbsuckers, mythique combo crossover ricain. Une fois celui-ci parti en cacahuète, il décide, suite à un plan tombé à l’eau avec Billy Milano (je vous la fais courte), de mener sa barque en solo, recrutant des gars pour l’aider à exprimer sa vision d’un genre rageur, rêche et sans compromis. 1991, Pro-Pain est né. Il s’éloigne un peu du passé du bonhomme en intégrant des sonorités plus rap metal et modernes, tout en se montrant plus groovy et plus sec. Un mélange qui contraste en plus avec la voix complètement in your face du bon Gary, qui colle cependant parfaitement à la musique. En 1992, « Foul taste of freedom » impressionne déjà son auditoire. Mais le meilleur est à venir. Et ça, c’est « The truth hurts ». Outre la polémique de sa pochette d’abord interdite (j’ai d’ailleurs l’autre version à la maison, que je trouve d’ailleurs plus classe et tout aussi marquante), c’est surtout par sa collection de hits qu’il frappe. « One man army » et son saxophone, « The truth hurts », « Make war (not love) », « Denial », « Put the lights out » avec Ice-T, « Let sleeping dogs lie » et son gimmick western… Chaque titre est une bombe. Et la voix de Meskill est dix fois plus rugueuse, presque deathcore. Elle amène à ce disque une ambiance street et sombre. Inutile de tourner autour du pot ; « The truth hurts » est une tuerie, et même si la fin n’est pas à la hauteur du début, on s’en fout un peu : les sept premiers titres justifient déjà amplement son acquisition !

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Paroles de l’album

Pro-Pain : Make war not love

HOT SNAKES : Suicide invoice

Bon, ok, je triche un peu ici. « Suicide invoice » est techniquement sorti en 2002, mais ressorti avec l’ensemble de la discographie des affolants Hot Snakes le 19 janvier dernier. Et j’en profite donc pour vous toucher un mot de cet excellent disque, celui du milieu pour être précis. On ne s’étendra qu’un peu sur la raison de ce retour en grâce, qui comme souvent annonce un retour des héros d’antan pour une tournée, un album, voir plus si affinités. Mais qu’il s’agisse de roublardise ou pas, ça reste une très bonne idée, puisque cet album est une perle. Qualifiés à l’époque de post hardcore, (même si la définition du terme a évolué depuis), les 12 titres de « Suicide invoice » sont la jonction du punk rock, du rock alternatif et du post hardcore. L’union sacrée entre rébellion, désinvolture et attentions mélodiques ; écoutez donc le morceau-titre, vous en aurez un bel aperçu. Avec une moyenne de 3 minutes, les chansons de Hot Snakes sont un concentré de fougue et d’efficacité, imparables et percutantes. « Suicide invoice », « Paperwork », « Paid in cigarettes », « Gar forgets his insulin », « Unlisted », « Why does it hurt », « XOX »… Je crois que je pourrais tous les lister tant ils présentent les mêmes qualités et chacun des griffes qui laissent des traces dans le cortex. Ce disque est de ceux qui laissent des traces, qui marquent ; un achat raisonné qui sera vite rentabilisé par des écoutes répétées pendant des années !

Paroles de l’album

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NAKED TRUTH : Fight

1988. Quatre mecs, black accessoirement, et venus d’un peu partout aux states (Detroit, Harlem, Los Angeles, Savannah) se réunissent pour monter un groupe… de metal. Un choix à l’époque, et encore maintenant d’ailleurs, pas forcément évident ni compris de tous. Certes, les Bad Brains ou Living Colour ont à l’époque déjà ouvert la brèche, mais ils n’ont fait que s’y faufiler. Naked Truth est né, et va vivoter quelques mois… Jusqu’à ce que, coup de bol, l’ex manager des Clash les repère et leur donne un sacré coup de pouce en les faisant signer chez Sony, chez qui ce deuxième album sortira. Hélas, tout ça ne suffit pas à changer le destin du groupe, qui disparaîtra vite de la circulation. Et pourtant, il est bon ce disque. D’entrée de jeu, « The door » marque les esprits ; impossible de classer le groupe si ce n’est dans le metal fusion, qualificatif limite péjoratif pour tout groupe qui aime autant les grosses guitares que tout le reste du spectre musical. Et puis « Tormented world » débarque, et c’est la claque ; les influences death metal et rock s’y mêlent, une basse obsédante en fonds de cale. Puis viennent « Downtown » et son funk, la cinglante « Lovejoy », une « Black » qui préfigure le « Liar » de Rollins Band, la plus classique « Read between the lines » déjà sortie sur un ep, l’excellente et funk rock « I am he ». La mutante « Fight » prend le relai, puis c’est au tour de la groovy « Telepathy ». « Third eye spy » remet un coup d’accélérateur, plus proche d’un thrash fusion. Enfin, « Red river » clôt ce chapitre de l’histoire du groupe avec un titre plus subtil entre rock et metal fusion, un peu plus classique dans la forme mais vraiment très réussi. Alors pourquoi ce disque a-t-il été snobé ? Je l’ignore toujours. Mais il est temps de réparer cette injustice !

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Naked Truth : Black

Naked Truth : Read between the lines

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ELEND : Les ténèbres du dehors

Certaines œuvres sont plus difficiles à appréhender que d’autres. Le disque que je vous présente aujourd’hui, le groupe que je vous propose maintenant est de ceux-là. Formation franco-autrichienne dont les membres principaux sont issus du milieu metal, Elend aurait pu être rapidement catalogué, rangé et oublié. Mais son parti-pris stylistique l’en préservera. Car, loin d’être prévisible ou académique, il a choisi de mettre à profit l’enseignement musical classique de ses membres pour composer des œuvres thématiques fortes et intenses, sortes d’opéras lucifériens où vociférations masculines proches du black metal côtoient la beauté d’un chant féminin et de chœurs angéliques sur fonds de symphonies aussi tragiques que majestueuses. « Les ténèbres du dehors » va plus loin que son prédécesseur, en épousant toutes ses caractéristiques mais en amplifiant leurs effets par plus de maîtrise et de professionnalisme. De l’artwork, assez sobre mais superbe, à la production, en passant par la répartition vocale ou la structure même des titres, tout est rehaussé, sublimé. Mention spéciale à « Antienne » et sa voix susurrée qui a immédiatement rendu l’ado boutonneux que j’étais à la sortie du disque fou amoureux de la chanteuse. Pour schématiser, Elend est une sorte de Dead Can Dance plus extrême, dans tous les sens du terme, avec une couleur résolument charbon, et pas mal de talent. A vous de le découvrir !

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HALLUCINOGEN : Twisted

Certains le considéreront peut-être comme mon album honteux, mais je m’en fous : aujourd’hui je vais vous avouer mon amour immodéré pour ce que je considère comme un sommet d’un genre souvent réservé aux teufeurs, vu comme une musique abrutissante pour guédros notoires : la trance / goa. Alors oui, je le concède volontiers, les huit très longs titres de ce premier album de Simon Postford présentent non seulement des similitudes, mais surtout se suivent et se complètent comme différents actes d’un concept album. Sauf que celui-ci serait sans histoire ni protagoniste, juste un tunnel kaléidoscopique dans lequel la psyché se perd, les repères s’effacent et l’esprit s’en va vagabonder entre somnolence et rêve psychédélique. Voici donc l’album type qu’on écoute seul, se laissant porter par les multiples couches de basses électroniques acides qui le composent, glissant dans un état second sans l’aide d’aucune substance. Si l’expérience vous tente, entrez-y sans attendre ; ce disque est déjà le plus vendu de sa catégorie, et a déjà un statut culte, et un certain côté collector ; découvrez pourquoi !

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