SAN FERMIN : Belong

En 2015, suivant le buzz, j’avais écouté « Jackrabbit », le deuxième album des ricains de San Fermin. Et j’avais pas aimé du tout. En 2017, les voilà qui ressortent un disque, et moi je me lance à sa poursuite. Et là vous allez vous dire ; « Mais pourquoi ? Il est con ou il le fait exprès ? ». Eh bien en règle générale, un peu des deux. Mais dans ce cas particulier, il s’agit plus d’un acte délibéré d’une mauvaise foi crasse. Il faut que je vous dise. Je n’aime pas Les inrocks. Voilà, c’est dit. Ah, ça fait un bien fou ! Enfin, bref. Les inrocks n’ont pas aimé ce disque. L’ennemi de mon ennemi étant mon ami, ou pas loin, je me suis dit que j’allais donner une chance à « Belong ». Et c’est vrai que le son des new-yorkais a pris un sacré coup. J’avais souvenir d’une pop electronisée pompeuse et un poil prétentieuse (et même toute la touffe, d’ailleurs). Là, le côté baroque se cache encore dans les détails, mais il faut un chien de chasse pour le débusquer ou presque. « Open » ouvre sur un univers qu’on devine riche et subtil, et beaucoup plus ouvert sur l’electro-pop… et c’est l’arbre qui cache la forêt. Beaucoup moins riche en expérimentations et en subtilité, beaucoup plus facile d’accès, le reste du disque se déroule comme un tapis rouge vers les ondes radiophoniques. Faut-il en blâmer Ellis Ludwig-Leone, maître à penser de San Fermin pour autant ? Oui et non. Non, parce qu’on comprend qu’un artiste, quel qu’il soit, ait parfois envie d’explorer d’autres horizons, et soit influencé par ce qu’il écoute (ou subit) au jour le jour. Oui, parce que ce qui faisait la personnalité de San Fermin jusqu’ici (et même si elle ne me plaisait pas) semble ici dilué dans le glucose. Pas toujours, ok, mais très souvent. Reste la jolie voix d’Ellis, et quelques tournures ouvragées qui se marient parfois très bien avec des choses plus mainstream qu’on aurait (moi, du moins), pas imaginé trouver. Par contre, pas mal de titres tombent carrément à côté (« August » et «Bones » en tête). Du coup, je n’arrive pas à être en désaccord total avec Les inrocks, mais j’accorde à « Belong » une moyenne qui fait toujours mieux que le précédent. Bref ? Mieux mais bof.

Paroles de l’album

Site officiel

San Fermin : Belong (lyric video)

Related Posts

  • 10000
    Si le terme « pop baroque » m'évoque côté français un FM, outre-manche on pensera plus facilement à un Belle And Sebastian ou un The Divine Comedy. Et pour tout vous dire, là je suis beaucoup moins client. San Fermin sont américains, et s'excluent donc de ces deux traditions musicales. Ils gardent…
  • 10000
    A l'inverse de certains petits camarades, je n'ai pas du tout vu arriver l'ouragan annoncé Karin Park. Du coup, ce premier album apparemment déjà très attendu n'en aura que plus d'impact sur votre serviteur. « Look what you've done », terrible titre electro-rock, installe une atmosphère sombrement pop, que « Shine » s'empresse d'alléger.…
  • 10000
    Jeune et fraîche (elle a tout juste 21 ans), Alexandra Savior a pourtant des goûts qui ne correspondent pas vraiment à son âge. Ce premier album se glisse discrètement entre indie pop et pop sixties de grand écran, et promène un spleen vaporeux sur 40 minutes de titres courts et…
  • 10000
    J'avais quitté Florence en 2012, me disant qu'elle ne pourrait continuer dans la voie d'une pop indé clinquante et mélancolique, ayant été au bout de ce qui était possible. Je la retrouve aujourd'hui avec, effectivement, d'autres inspirations et aspirations. On retrouve dans ce troisième album ce qui a fait le…
  • 10000
    Le poids d'un héritage, c'est un nom qu'aurait pu porter ce premier essai de la galloise Catherine Anne Davies alias The Anchoress. A la place, elle a choisi celui-ci, quand même plus pompeux. Ah, oui, j'ai oublié de préciser quelque chose. The Anchoress pratique une pop tantôt classique, folk, electro,…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *