REBECCA FOON : Waxing moon

Bon. On se met d’accord, on en parle pas, du nom de la dame. On va passer tout de suite à sa musique. Et là, ça fait moins rigoler. Parce que Rebecca Foon nous vient du microcosme post rock, canal historique ou presque, puisqu’elle est une collaboratrice du label Constellation, et ancien membre de Thee Silver Mount Zion, dans lequel elle s’appuyait sur sa maîtrise du violoncelle pour tisser des ambiances orageuses et lancinantes. Sauf que madame n’a pas qu’une corde à son arc, et qu’elle a choisi ici de s’exprimer d’autres manières, à savoir par le biais du piano et de la voix. Une façon de se réinventer qui ne nous saute pas forcément aux oreilles à l’écoute de « New world », premier titre de ce premier album solo, qui rappellera forcément aux habitués, euh… tout ce qu’elle a fait avant, en fait. Mais petit à petit, Rebecca se détache de son instrument et son style de prédilection pour bâtir un style plus attaché aux atmosphères, et jouant plus sur les silences que sur la pure progression mélodique chargée d’effets dramatiques. La frontière est ténue, mais je dirai qu’ici on se rapproche plus de la musique de film d’un côté. Et de l’autre ? Et bien de l’autre, Rebecca s’évertue à écrire de vraies chansons, au format un peu plus pop donc, mais toujours marquées par un sens personnel de la mélodie et l’interprétation. Et, artiste fortement engagée pour l’écologie depuis longtemps, elle ne nous ressort pas les sempiternelles histoires de déceptions amoureuses ou humaines (quoique) ; les textes de ce premier album solo ont également trait à son combat, et les retombées financières de ce disque vont aller droit à son association Pathways To Paris, qui œuvre pour la transition écologique. Vous l’aurez compris, «Waxing moon » est donc un package, complet, indivisible et bien réfléchi, qui s’inscrit à la fois dans la personnalité de son auteur et ses traits musicaux déjà connus que son désir d’émancipation et d’évolution, pour elle-même et la planète. La question qui vient, à l’écoute de ce manifeste, est « lequel dompte l’autre ? ». En effet, si on ne peut que louer la volonté de l’artiste de marier ses deux passions, il ressort que si l’instrumentation est impeccable, la voix reste fluette et la forme peine à s’éloigner du « matériau d’origine ». Dommage ? Peut-être, sauf si c’était la volonté de la dame. Quoi qu’il en soit, le rendu général est très agréable, et on se laisse facilement bercer par ses titres sensibles et beaux aux couleurs automnales.

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