POLICA : When we stay alive

Bon, on est d’accords que si tous ceux qui se cassent la gueule (et pas au sens métaphorique) décident de composer des albums, on est pas sortis du sable. Mais bon, quand même, Channy Leanagh, la chanteuse de Poliça, a quand même failli mourir, et ça, ça fait réfléchir. C’est une question d’équilibre (oui, au sens métaphorique) ; les épreuves nous changent, nous forgent. En tout cas, cette épreuve a forgé le quatrième album du groupe de Minneapolis. Sans en changer la substantifique moelle, heureusement ; on trouvera toujours ce mélange r&b / electro / rock dansant mais pas solaire pour autant, qui fait autant transpirer que gamberger. Pas solaire « When we stay alive » ? Tu m’étonnes… C’est même tout le contraire. Si les éléments électro pop, utilisés différemment, pourraient très bien servir à faire bouger l’auditoire, l’ambiance me rappelle plutôt le « So alone » de Bang Bang ; groovy mais glacé. Bien sûr, quelques passages sont plus colorés, mais tout est chargé d’une forte nostalgie. Il faut dire que, quand on est passé pas loin de la mort, au pire, de la paralysie au mieux, on réfléchit pas mal à ce qu’on aurait plus pu faire, on revoit ses priorités dans la vie, et on s’interroge sur le sens de celle-ci en général. C’est humain. Ce « mode pause » dans la vie de Channy a déposé une fine couche de givre (celle-là même qu’elle essayait de chasser de son toit) sur les 10 titres de ce nouvel album, qui leur va assez bien, et amène une touche de mystère et d’originalité supplémentaire. Mais celle-ci a tendance à fondre au fur et à mesure, laissant le soleil percer largement sur la fin du disque, tout en maintenant cette sensation d’engourdissement. Dommage d’ailleurs, parce que l’enthousiasme ressenti par votre hôte pour l’introductif « Driving » s’étiole à peu près de la même façon. Alors oui, ça reste un bon disque, mais ce changement de direction pas assumé jusqu’au bout me dérange et le dessert à mon goût. Poliça demeure un groupe capable du meilleur, mais se montre sur une partie de « When we stay alive » un peu trop timoré.

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Paroles de l’album

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