TORYSE : Erased

Vous savez que je ne suis pas trop ep. Alors si je vous parle de celui-ci, c’est que j’y ai décelé un certain talent. ToRyse (là, on comprend mieux le jeu de mot, au demeurant pas très subtil) est une jeune formation allemande qui signe ici un deuxième ep qui pourrait faire office de premier, puisque le line-up a été remanié quelques temps auparavant, notamment avec un nouveau vocaliste. La bio en allemand nous apprend (enfin, pas trop à moi, vu que je ne suis pas germanophone) que le combo use de growls et de voix claires au sein d’un metalcore puissant, groovy et mélodique. Bon, bien sûr, ça s’entend. La technique est là aussi, et le tout s’harmonise parfaitement. Le groupe a la bonne idée de débuter les hostilités avec une « Sonate au clair de lune » de Beethoven revisitée qui fait forcément dresser l’oreille et met l’auditeur dans de bonnes dispositions. Le reste est un déferlement (enfin bon, 5 titres, un petit déferlement) de morceaux intelligents peuplés de riffs respirants, d’une alternance de chant bien gérée et dont aucun ne s’avère geignard ou pénible. De discrets effets électroniques ou incursions emphatiques viennent compléter le tableau. Tout ça a certes déjà été entendu, mais rarement le côté heavy et le côté mélodique (qui est tout de même pour moi trop présent sur « Dawn of change ») n’ont aussi bien cohabité. Un retour satisfaisant.

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ToRyse : Vanishing realm

KATALYSM : Meditations

Avec le temps, les canadiens de Kataklysm ont fait évoluer leur style vers plus de mélodies, d’influences modernes et d’efficacité. « Meditations », treizième album du groupe, démontre de façon irréfutable la maîtrise de leur sujet. De death metal mélodique, il n’est plus vraiment question ici. Le style du groupe a encore mué vers un death thrash à la fois très actuel et percutant, accueillant une pointe de hardcore et de black, pas trop mais juste ce qu’il faut pour le rendre plus piquant. « Meditations » est d’ailleurs l’un des disques les plus courts du combo : pas besoin d’en faire plus quand on le fait bien. Les dix titres de ce treizième album ne s’étirent pas en longueur : entre trois et cinq minutes, ils s’imposent sans problème, alternant parties mélodiques, mid-tempo, et moments plus intenses, sans jamais jouer la surenchère ; Kataklysm a passé l’âge, et a suffisamment confiance en ses effets pour ne pas avoir à jeter de la poudre aux yeux à ses auditeurs ou se bercer d’illusions. Non, Kataklysm ne sera jamais plus technique que celui-ci, plus rapide que celui-là, plus evil que ce troisième, et s’en fout. Les canadiens font le taf et le font bien, et alignent avec ce brûlot un nouveau disque très convainquant de la part d’un groupe aussi discret qu’opiniâtre. Et dans ce cas, ça paie !

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Paroles de l’album

Kataklysm : Narcissist

WOLF KING : Loyal to the soil

Le nom de Wolf King ne me disait rien, alors au vu de la pochette de ce premier album, j’ai émis l’hypothèse qu’il s’agissait d’un énième groupe revival heavy doom metal. Ce en quoi le riff introductif de « Hail the ash » ne me contredit pas du tout. Mais une quarantaine de secondes plus tard, Wolf King abat ses cartes ; ici, c’est blackcore à tous les étages. Certes, le combo américain sait ralentir le tempo histoire de tirer le meilleur parti possible pour ses riffs. Et qu’est-ce qu’on a d’autre ? De grosses influences death, autant dans le chant que la musique, un chant criard à la Kickback… et un son à la fois grave comme le death suédois, et moderne comme le blackcore actuel. Ah, et aussi un certain sens du riff qui va bien, ni trop alambiqué ni trop bas du front. Autant vous dire que tout ça dépote pas mal. « Loyal to the soil » se montre en effet plus que convaincant. Ses onze titres varient en intensité et en durée, ni trop étirés ni trop expéditifs, et s’avèrent tous remarquablement accrocheurs. Bien sûr, on est pas ébahis par l’originalité de l’ensemble, mais pour ce genre d’exercice, c’est presque du superflu. Alors bienvenue à Wolf King et longue route à lui !

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Wolf King : Greater power

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ANCST : Ghosts of the timeless void

Le black metal et le hardcore étaient faits pour se rencontrer, c’est une évidence. Et si vous n’avez jamais eu l’occasion de poser une oreille sur un disque des allemands de Ancst pourraient bien ne pas partager ma vision des choses. Mais ça ne va pas durer. Bon, avant de pousser la porte, je vais vous l’avouer , il y a aussi ici un peu de crust. Voilà, c’est dit. Mais bon, vous allez survivre hein, je vous jure. Bien sûr, quand vous aurez subi un « Dying embers », vous ferez moins les fiers. D’ailleurs, pour être très honnête, l’ensemble de ce deuxième album s’avère à la fois rapide, brutal, définitif. Certes, quelques accalmies percent la chape de plomb des riffs ça et là, mais c’est bien l’exception qui confirme la règle. Pourtant, on le sait, le groupe est capable d’apporter bien des nuances à sa musique, voir de la changer du tout au tout. Ainsi, depuis sa formation en 2011, il affiche une somme d’ep et de splits impressionnants, avec des titres carrément ambiants, très loin de ce « Ghosts of the timeless void ». Si vous cherchiez une ambiance zen et relax ici, passez votre chemin. Le riffing est black, la virulence crust, la voix crust / hardcore. En 41 minutes et 11 titres, Ancst fait le tour de la question en exploitant des riffs classiques et efficaces, destinés à nourrir le mosh pit. On est pas ici pour jouer dans le feutré ou découvrir de nouvelles sensations, on est ici pour headbanguer à s’en décrocher la mâchoire. Forcément, le genre est un peu limité et amène quelques redondances, mais le combo a l’intelligence d’aménager des fluctuations d’intensité, des passages (courts) plus atmo. Et s’en sort vraiment bien avec ce disque.

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Ancst : Dying embers