DRAME : Drame 2

Ah, vous m’aurez pas cette fois ! « un drame ne vient jamais seul », tout le monde le sait. Alors si je n’étais pas préparé à ce que Rubin Steiner se pointe en 2015 avec ce projet clairement kraut rock, là, je savais bien qu’il allait me tomber sur le râble. De là à dire que je l’attendais de pied ferme, euh, peut-être pas, mais le premier opus m’avait tout de même agréablement surpris. Bref. Toujours instrumental et muré dans son délire regressivo-progressivo-décalé, Drame nous sert presque une heure de rythmiques tribales, d’ambiances délicatement psychédéliques, de structures space rock… Et ajoute à tout ça des sonorités électroniques 8-bit, des discrètes incursions dub… Et des titres bien WTF (« C’est toi le chat en do », « Patinoire mondiale de l’unesco », « non merci »…) qui laissent l’auditeur divaguer pendant des heures. Comme sur le premier album, Drame ne part pas avec une idée préétablie. Courts, longs, quelque part entre les deux, les titres sont diversifiés, et leurs ambiances peuvent également varier de l’énergique au mystérieux, du vaporeux au ténébreux, du fun au nostalgique. Une belle palette qui justifie tout à fait la poursuite des efforts de Rubin Steiner sous cette forme, et l’adhésion de son auditoire. Car oui, ce « Drame 2 » est encore plus intéressant que le premier ; plus ouvert, plus varié, il conserve un point de vue personnel en amenant les choses un peu plus loin. On a hâte de découvrir jusqu’où mèneront les pas du compositeur sur le troisième !

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Drame : Poésie parfaitement

Drame : Ça va ça va

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    Tags: drame, ne, bien, titres, kraut, rock, steiner, rubin, plus, ambiances

MAJEURE : Timespan redux

Majeure, c’est le projet solo de monsieur Anthony Paterra, soit la moitié de Zombi. Formé en 2007 lors d’un temps mort pour son groupe principal, Majeure exploite et explore le space rock comme jamais Zombi ne l’a vraiment fait, s’attachant plus au côté classique et ne versant pas du tout dans le modernisme ou le côté horrifico-sf. Les plus perspicaces auront remarqué le « redux » et se demanderont la raison de sa présence. Elle est simple : ce « Timespan redux » est en fait la réédition, dix ans plus tard, du premier album de Majeure, bien vendu et qui a fini par devenir un objet de culte de la part des fans. Au programme, trois titres longs au développement assez classique et linéaire, en droite lignée des productions kraut rock / space rock de la grande époque. Concrètement, ce disque vaut-il la peine d’être découvert aujourd’hui, alors que beaucoup de choses ont été rééditées ou déjà dites dans le genre ? Eh bien, je ne serai pas catégorique. D’un côté si c’est ce que vous cherchez, Majeure est ici bien perché et pratique un style qui ne vous décevra pas. Mais si vous êtes un Zombi-addict en quête d’ersatz, j’ai le regret de vous dire que vous trouverez peu de choses à vous mettre sous la dent ici.

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RE-TROS : Before the applause

Le post-punk chinois, ça vous parle ? Eh bien, à moi non plus. Mais rassurez-vous, après cet article, vous le connaîtrez par coeur. Bon, ok, peut-être pas de A à Z, mais au moins vous en aurez une vue parcellaire. Parce que les Re-Tros (qui signifie Rebuilding the Rights of Statues, tout un programme) sont un trio formé en 2003 et qui ont une vision toute personnelle du genre… qui n’a pour le coup sur ce nouvel album pas grand-chose à voir avec la notre, petits européens de plus en plus conformistes. Bref, Re-Tros a certes adopté les rythmiques et scansions quelque peu martiales, les influences eighties, mais il a aussi ingéré pas mal de musique électronique, et un peu d’hystérie créative dont d’habitudes ce sont leurs voisins japonais qui ont le secret. Tout ça donne une musique complètement atypique et assez barrée, que l’on a vraiment du mal à qualifier. Post kraut rock electro prog expérimental ? Oui, on peut dire ça. « Before the applause » est un disque intense et aux strates multiples, mais pas forcément facile à suivre. Mais il est intelligent : placé en tête de liste, « Hailing drums » est de ces titres qui accrochent immédiatement. « Red Rum Aviv » m’évoque le Killing Joke de « Eighties » (de loin et dans l’ombre, ok, mais quand même), et ça n’est pas un mal. Par contre, la doublette « 8+2+8 » va trop loin pour moi dans l’original. Heureusement la Twin Peaksienne « Pigs in the river » relance la machine. « At mosp here » dévale la piste electronica / goa avec délice, « The last dance, W. » aurait pu figurer sur la bande originale de « ça », et enfin « Sounds of celebration » clôt la session avec un style plus accessible mais moins intéressant. Et donc ? Effectivement, on n’y connaît toujours rien en post-punk chinois, mais on s’en fout : Re-tros, ça reste bien sympa !

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BALTIC FLEET : The dear one

Paul Fleming décrit sa musique comme un croisement entre Daft Punk et Joy Division. Drôle de comparaison. Au sujet du projet Baltic Fleet, on peut aussi entendre des noms comme Brian Eno, ou toute la frange du kraut rock. La vérité, c’est que ce qu’on peut trouver dans « The dear one », troisième album du one-man band, est quelque part au milieu. Soit une musique électronique volontiers progressive, principalement instrumentale, pas très dansante, assez planante, avec un côté rétro prononcé. Et 10 titres qui se montrent aussi intéressants que complexes. Difficile de décrire précisément ce qui s’y passe et ce qu’on peut y ressentir. Le rythme y joue forcément un rôle prépondérant, tant que celui ou celle qui n’est pas sensible à une certaine forme de techno passera tout à fait à côté. Ce serait dommage, car ce disque est une sympathique mise à jour de la norme kraut / ambient, mais très compréhensible. Imparfaite, mais sympathique.

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DRAME : Drame

drame_drame

Né de l’esprit malade d’un Rubin Steiner toujours aussi boulimique de projets, Drame est né de pas grand-chose. Un peu de temps, quelques instruments, et l’envie de se faire plaisir, et de revisiter un kraut rock qui ne cesse d’être cannibalisé ces derniers temps. Des intentions louables certes, mais seront-elles suffisantes pour tenir l’autobahn le long d’un disque ? Et bien, contre toute attente (je suis toujours un peu sceptique concernant les disques composés et enregistrés en quelques jours et sans plan en tête), oui. De mélodies répétitives en digressions electronico-progressives, la formation parvient à installer des ambiances plus diversifiées qu’on aurait pu le croire et à ficeler un album qui ne souffre pas trop des limites naturelles de son matériau d’origine, en grande partie grâce à l’inventivité et l’ouverture d’esprit de ses géniteurs, et surtout leur souhait de ne pas formater leur musique. En effet, détail qui a son importance, Drame s’abstient de respecter un quelconque schéma, particulièrement en terme de durée des titres, laissant à ceux-ci le loisir de s’étaler quand il le faut, et les écourtant si besoin. Après, c’est certain, un tel objet est tatoué contre le succès populaire, et ne s’adresse qu’à un public restreint. Mais il reste assez bien foutu pour intéresser qui y jettera une oreille, et on ne peut qu’encourager Drame à renouveler l’expérience !

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