MAUVAIS COTON : Mauvais coton

Un piano et une voix : formule archi-connue qui peut aboutir sur pas mal de choses, des plus agréables (je vous ai dit que j’étais fan de William Sheller ?) comme les plus affreuses (beaucoup trop d’exemples pour être tous cités ici). Mauvais Coton. Un nom pas forcément très engageant, qui encourage plus à filer, à s’en tamponner, qu’à s’y blottir. Surtout que, bon, 8 titres, c’est peu pour se blottir. Pourtant, je m’y suis risqué. Et alors ? C’est qu’ils sont taquins, nos amis parisiens. Ils jouent et se jouent des convenances musicales pour avancer clopin, clopant dans des ruelles enfumées, confrontant la chanson française au piano bastringue le plus canaille d’une main, feuilletant un Edgar Allan Poe de l’autre. Et le mélange, qu’on ne peut décemment pas qualifier d’inédit, est tout du moins inattendu. Ce projet mené par le duo Alex Dast et Serge Costantini en est aujourd’hui à son premier ep, mais étoffe au fur et à mesure son univers depuis 2015, qui aujourd’hui a une véritable épaisseur. L’univers fantaisiste et inquiétant de Mauvais Coton est certes freiné par la courte durée (25 minutes à la louche) de cet ep, mais on en perçoit quand même assez bien les contours et la portée pour en apprécier chaque note. Le petit côté suranné et maniéré de l’ensemble, on le comprend assez vite, participe de l’ambiance rétro et assure à Mauvais Coton une empreinte unique et identifiable, et renforce l’impression de visionner un ciné-concert de film burlesque neo gothique. Certes, les ficelles de marionnettistes qui tiennent les protagonistes sont parfois un peu trop épaisses, et il serait bon dans le futur de varier un peu plus les ambiances pour éviter que l’auditeur ne se lasse. Mais ce premier vrai pas vers une reconnaissance méritée est plus qu’encourageant !

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