MAESTUS : Deliquesce

Lent, désespéré et majestueux : c’est comme ça que Maestus envisage son death doom metal. Les américains sortent ici leur deuxième album. Je n’ai pas eu l’occasion de poser une oreille sur le premier ; dommage, parce que celui-ci est quand même un sacré brûlot. Si sa base est incontestablement doom, il navigue avec bonheur dans les eaux saumâtres du death et emploie également quelques ficelles black metal, à dose homéopathique. Le côté doom, on aurait pu le deviner sans mal. En effet, « Deliquesce » affiche fièrement 4 titres pour 50 minutes de musique : autant dire que ceux-ci présentent l’étirement caractéristique du genre. En plus de ça, on a des parties dont tout élément metal est absent, qui amènent vraiment quelque chose, et qui revêtent volontiers un caractère menaçant ou une noirceur abyssale. Le combo évoque Shape Of Dispair, Pallbearer ou My Dying Bride dans sa liste d’influences, et ce n’est pas sans raison. Si la plupart du temps les titres sont lents, lourds, et puissamment mélancoliques, ils savent également se montrer plus heavy et hargneux, avant de relâcher une bonne dose de beauté arctique. Maestus joue également avec le silence, ce qui prouve une certaine maturité et assurance. Si la créativité n’est pas ce qui caractérise le plus ce disque, il fait preuve d’une intelligence qui confine au génie. Voici donc un disque à la fois très peu original et extrêmement bien ficelé, trop en tout cas pour passer à côté !

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