EPIC45 : Through broken summer

Voilà bien longtemps que je n’avais croisé la route des anglais. Des années. Parce que, même si leur « Against the pull of autumn » (2004) et leur « Weathering » (2011) m’avaient vraiment fait voyager, ils ne sont pas les plus médiatisés dans le genre post rock. Ou indie pop. D’autant plus que leur musique n’est que la moitié de l’un, ou de l’autre, c’est vous qui voyez. Pourtant, encore une fois, Epic45 me bluffe complètement. Avec ou sans chant (celui-ci est parfois utilisé comme un instrument additionnel), la musique du combo oscille encore ici entre post rock, ambiant, trip-hop, rock indé et rock progressif. Les ambiances sont majestueuses, le son ample. Le partis-pris de magnifier les guitares, de les mettre en avant, au centre de l’équation, donne un résultat plus original que l’on croit. Car Epic45 n’est pas vraiment un groupe post-rock, même si c’est de ce genre qu’il s’approche le plus. Sa musique charrie l’émotion, le spleen, une certaine forme de résignation. Et la beauté d’une pluie d’été au soir tombant. « Through broken summer » est un papillon, gracile et fragile, qui volette dans le tumulte d’un monde devenu fou, ses ailes reflétant la lumière. Et nous, on y est passagers clandestins, profitant de sa poésie et sa majesté. Et on dit merci !

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Epic45 : Outside

WE WERE PROMISED JETPACKS : The more I sleep the less I dream

Quatre ans d’absence pour un jeune groupe, c’est très long. We Were Promised Jetpacks ne m’avait pas laissé un mauvais souvenir avec son « Unravelling » de 2014. Au contraire, il représente encore pour moi une énigme. Sa faculté à ne pas choisir, à piocher ici et là ce qu’il considère valable et excitant dans les différents sous-genres du rock actuel, et à reconfigurer encore et encore ces éléments pour en faire quelque chose de terriblement malin et entêtant m’interroge. Ces écossais avaient quelque chose d’unique. Et on se rendra très vite compte, en accordant autant d’attention à ce quatrième album qu’il le mérite, que ce quelque chose ne s’est pas évanoui. Bien au contraire. Ce disque est encore plus réussi que le précédent. Bien sûr, l’intro est un peu longue, mais ce qu’elle cache vaut largement le coup. Les cadeaux que sont « Someone else’s problem », « Hanging in », « When I know more », « Repeating patterns » et la chanson-titre nous vont droit au coeur. Et le reste n’est pas loin derrière. Le groupe a appris à moins s’éparpiller, à concentrer ses effets, et a donc gagné en efficacité. We Were Promised Jetpacks papillonne certes toujours autant parmi ses influences, mais le fait avec plus d’intelligence et de retenue, et on ne peut que les en féliciter, et attendre la suite de leurs aventures avec sérénité et impatience.

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We Ere Promised Jetpacks : Repeating patterns

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    Tags: unravelling, rock, indie, ne, album, we, on, plus, jetpacks, promised

WEATHERED : Stranger here

De tout temps, le rock a servi à faire passer des messages, à exprimer des points de vues. Et il est arrivé souvent qu’on soit enthousiasmé par la forme en étant absolument pas réceptif au fonds. Ou l’inverse d’ailleurs. « Stranger here », premier album des américains de Weathered, est de ces disques qui, personnellement, me divisent. Parce que concrètement, leur rock alternatif avec une point d’emo est vraiment bien foutu. Une voix simple et juvénile qui charrie les émotions, une formule guitare – basse – batterie qui n’en fait jamais trop mais connaît assez son taf pour nous emmener où elle veut sans efforts, des mélodies douces-amères comme on les aime, des moments plus enlevés, d’autres plus calmes… Non, « Stranger here » n’est pas un album ultime, de ceux dont on ne se remet pas et qui vous hante durant des mois ou des années. Mais il est de ceux qui insufflent de l’espoir aux petits groupes et aux musiciens du dimanche ; avec pas grand-chose, on peut accoucher d’un vrai bon disque. Le hic, ce sont les textes, chargés d’une foi un peu encombrante pour qui n’en a cure. Ce qui est beaucoup plus gênant pour chanter certains titres sous la douche avec conviction. Attention, je n’ai pas dit que Weathered passait son temps à louer le seigneur, mais c’est un détail qui n’en est pas toujours un. Ce qui ne doit pas vous empêcher d’apprécier ce disque à sa juste mesure, et des titres aussi bons que « Lying in wait », mon coup de coeur !

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Paroles de l’album

Weathered : Stranger here

Weathered : There is one

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    Tags: a, rock, emo, alternatif, indépendant

INTERPOL : Marauder

Après un passage à vide, « El pintor », sorti en 2014 (quand même…) marquait le retour d’un Interpol plus en phase avec ce qu’il proposait à ses débuts, à savoir un rock énergique mais sombre et vénéneux. Quatre ans plus tard, est-ce que le groupe est toujours dans les mêmes dispositions ou a-t-il encore changé d’avis ? Il faut dire que la collaboration de Paul Banks avec RZA à l’occasion d’un album plutôt récréatif et réussi avait de quoi faire planer un doute sur la suite de la carrière des new yorkais. Bref, les revoilà en forme et prêts à bouffer du bitume. La voix de Banks est moins grandiloquente mais garde une certaine emphase, les guitares se font plus incisives, les rythmiques plus variées et pop. Sans pour autant paraître déplacées ou montrer une quelconque inclinaison à la radiophonie ou presque (un « Mountain child » ou un « It probably matters » pourraient quand même avoir de la gueule sur les ondes). A vrai dire, on pénètre ce nouveau disque sans en attendre grand-chose, et au fur et à mesure de son écoute, un changement imperceptible s’opère en nous : on passe d’une écoute polie mais peu captivée à autre chose. On ne peut pas dire, une fois l’heure du bilan arrivée, qu’on soit totalement convaincus, mais il y a ici quelque chose, une étincelle, qui fait que l’on sait qu’on le réécoutera en redoublant d’attention. Et peu à peu, insidieusement, les chansons de « Marauder » font leur chemin. Pas aussi bonnes que d’autres auparavant, ok. Un peu branlantes parfois : on croirait que l’expression « mi figue mi raisin » a été inventée pour elles. Mais elles sont là, stoïques, et on ne sait si on les aime parce qu’elles sont vraiment bonnes ou juste parce qu’on veut y croire à nouveau, mais une chose est sûre, ça marche. Une fois de plus. Un retour aussi plaisant qu’inespéré !

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Interpol : If you really love nothing

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    Tags: on, d, a, post, punk, l, qu, rock, indie, indépendant
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    Tags: d, plus, indie, on, a, rock, l, post, punk, indépendant

OVLOV : Tru

Ils ne sont pas suédois, et ne vendent pas de voiture. Ovlov est un groupe américain pure souche, biberonné au rock indé volontiers grésillant et fuzzy de la fin des eighties et du début des nineties. Une esthétique qui transparaît dès l’entame de « Baby alligator » et qui ne cessera de faire vibrer nos cages à miel durant la demi-heure de cet album de reformation. Pour schématiser, « Tru » a un peu la tronche d’une collision entre Swell et Dinosaur Jr : un compromis entre orfèvrerie pop, distance grunge et attitude indie rock. Vous l’aurez compris, tout est question de nuances ici. On a d’abord l’impression que la beauté se cache derrière un mur de guitares, mais on se rend vite compte que la puissance des décibels n’est là que pour magnifier les chansons. Bah, l’oeuf ou la poule, peu importe, l’essentiel, c’est que ça fonctionne. Et étant donné le taux de réécoute de cet opus, mon casque peut attester que c’est le cas. On apprécie tout de même la fin de « The best of you » qui amène une touche de modernité, et l’accalmie temporaire de « Tru punk » qui permet de reprendre de l’air. « Tru » est un sacré bon brûlot, et si vous aimez les groupes précités, Sebadoh, Slint et consorts, vous devriez être comme dans des charentaises en sa compagnie. Joli coup !

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Paroles de l’album

Ovlov : Reallly bees

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    Tags: l, album, d, a, c, se, ne, on, entre, rock