TERROR : Total retaliation

Les angelinos de Terror n’ont jamais été connus pour leur avant-gardisme. Bien au contraire, ils sont les garants d’une ligne de conduite hardcore metal traditionaliste tendance dure. Bon, je ne me fais pas de mouron ; si vous débarquez ici, si vous lancez l’écoute de ce septième album, c’est que vous savez où vous allez. Oh bien sûr, Terror ne s’est pas endormi sur ses lauriers, il a su faire évoluer sa touche, se mettre à niveau pour garantir à ses fans un style comportant assez de brutalité, de modernité et de feeling pour mériter son statut de leader du genre. Alors les vingt-huit minutes de ce disque intense ne sont certes pas chargées d’originalité (on pourrait tout de même mettre de côté l’intervention purement hip-hop de Vinnie Paz sur « Post armageddon interlude »), mais on ne peut s’empêcher d’y prendre du plaisir, et on ne peut que valider ce retour très en forme.

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Paroles de l’album

GOGGS : Pre strike sweep

Derrière ce nom qui hélas évoque côté français plus un lieu d’aisance qu’autre chose, se cache un Ty Segall décidé à en découdre à l’aide d’un rock hardcore punk noisy bien vénère. Il s’agit ici du deuxième album du combo, et on peut dire que celui-ci ne s’est en rien assagi. On peut même constater une nette amélioration face au premier opus qui tenait plutôt de l’anecdote. Bon, ok, on est pas non plus dans l’inoubliable, mais il y a du mieux. Les titres sont plus précis, plus accrocheurs, et l’ensemble sent l’authenticité à plein nez. Maintenant, est-ce que les titres de « Pre strike sweep » comportent des riffs et une ambiance rares pour le genre ? Non. Clairement, on a beau bien aimer Ty Segall, rien ici n’est d’une originalité folle. Mais c’est bien foutu, ça sent bon le punk et c’est assez rapide pour qu’on n’y baille pas. Ce qui ne signifie pas que le disque vous tiendra éveillé des jours entiers. Disque de circonstance, témoignage d’un respect et d’un amour du genre non feints, il s’insère dans une certaine tradition diy et suscitera à raison une certaine admiration. Bref, c’est pas mal pour une musique qui crache à la tronche de ses auditeurs, mais pas transcendant non plus !

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BOSTON MANOR : Welcome to the neighborhood

Nous nous attardons aujourd’hui sur le deuxième album d’un groupe britannique. Apparemment le premier traînait du côté du pop-punk. Si j’avais lu ça avant de prêter une oreille à ce disque, il est possible que je sois passé à côté. Et ça eut été fort dommage. Car si quelques traces persistent de cette première époque, on en est tout de même globalement bien loin. La musique du groupe de Brighton incorpore autant d’emocore que de rock industriel ou de rock alternatif, mais avec un son et une approche résolument modernes. Comprenez donc que ça chante, que ça crie, que ça a le pouvoir d’évocation d’un emocore, l’accroche d’un pop punk, l’ambiance sulfureuse d’un rock indus et la maturité d’un bon rock déviant. Le résultat, c’est une collection de hits immédiats sans temps mort, avec cependant chacun sa touche. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça marche. De l’introductif bien sombre « Welcome to the neighborhood » à la semi-ballade « The day I ruined your life », on ne s’ennuie pas une seconde. Pas vraiment étonnant que Kerrang ait hissé ce disque « disque de la semaine » récemment. L’avenir dira s’il mérite plus, s’il parvient à squatter suffisamment la platine et l’encéphale pour y rester plus longtemps, mais en tout cas il est très très bon, c’est indéniable. Il a beau exploiter des ficelles assez grosses, ce deuxième opus évite tous les écueils et ne sonne ni trop « déjà entendu », ni emo à mèche, ni adolescent. Et il passe très bien à la réécoute. Bien joué !

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Boston Manor : Halo

KEN MODE : Loved

Les canadiens ont toujours aimé les pochettes qui dérangent. Ce qui va assez bien avec leur musique, d’ailleurs. Mais celle-ci est particulièrement bien foutue, il faut le dire, et tranche avec ce titre. Ken Mode, pour ceux qui ne les connaîtraient pas, est un power-duo noise hardcore grungy. Comment ? Ils sont trois ? Oui, mais bon, comme ils changent de bassiste tous les 2-3 ans, on peut légitimement partir du principe que ce poste n’a que peu d’incidence sur le son du groupe des frangins Jesse et Shane Matthewson. A quoi ça ressemble ? A des cris death / hardcore qui rappellent un Donald Tardy (Obituary), pas très délicatement posés sur une mixture dégueulasse de riffs noisy, une batterie de bourrin strictement rythmique, une basse grave façon dent de la mer qui navigue sous la ligne de flottaison, prête à vous bouffer tout cru. L’adjectif « malaisant » est tout à fait à sa place ici. La violence crue du trio ne vous laissera aucun répit : l’agression est constante, et même lorsqu’un saxophone s’invite à la fête (« This is a love test », « No gentle art »), ce n’est que pour renforcer le côté malsain de la musique. Pas de tube ici, « Loved » est une masse grouillante et âpre, un bloc de granit aux bords coupants renfermant des secrets inavouables. Son pouvoir répulsif est plus grand que celui du super timor, et pourtant on se surprend à se l’infliger de nouveau, mus par une fascination autodestructrice rare, la même que pour un Buzzov.En en son temps. Et c’est quand même autre chose que 50 nuances…

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Ken Mode : Feather & lips

Ken Mode : Doesn’t fell pain like he should