LEPROUS : Malina

J’avoue ne pas trop avoir laissé sa chance à « The congregation », précédent album des norvégiens. Après un « Bilateral » et un « Coal » merveilleux, je ne voulais pas ouvrir les yeux et découvrir un groupe capable de me décevoir. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre avec « Malina », mais l’envie est plus forte. « Bonneville » commence, prend ses aises et… là, je me rends compte que le combo a encore fait un pas vers la pop. Point de prog ici, juste un indie rock aventureux. Attendez, ça ne veut pas dire que cette entame ne vaut pas tripette, bien au contraire : après un début tout en feeling et en douceur, ce titre opère une montée en puissance irrésistible, alliant force et beauté. Et si « Stuck » débute d’une façon beaucoup plus rock, il poursuit son chemin de façon aussi spectaculaire. Même chose pour « From the flame » et « Captive » ; le groupe se rapproche d’un math rock épique, d’un rock emo vraiment ampoulé et esthète. « Illuminate » introduit un peu plus d’electro, tandis que « Leashes » se la joue ballade. « Mirage » est un peu plus directe, moins fine, et j’accroche moins, même si elle comporte une architecture assez remarquable. Et nous voilà au morceau-titre, un « Bonneville » en second dans la forme, démarrant très doucement et finissant en apothéose. « Coma » mélange math rock et electro rock pour le meilleur. « The weight of disaster » est beaucoup plus léger que son nom ne le laisse présager, même si je lui trouve une couleur plus heavy metal que les autres. Enfin, « The last milestone » fait carrément dans le néo baroque, dramatique à en être déchirant. Vous l’aurez compris, « Malina » est (encore une fois) une pure merveille, et même s’il n’a plus grand-chose de « progressif » au sens classique du terme, l’essayer, c’est l’adopter !

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Leprous : From the flame

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PVRIS : All we know from heaven, all we need of hell

J’avais profité de la réédition de « White noise » en 2016 pour donner un coup de projecteur à ce combo américain qui s’illustre par son electro rock très actuel et immédiat. Je me posais alors la question de la longévité du disque ; aujourd’hui, je serai bien incapable d’en fredonner un seul air, ce qui vous renseigne sur la réponse. Alors pourquoi je me repointe à leur porte aujourd’hui me direz-vous ? Ben parce que j’ai le droit déjà, hein, j’fais c’que j’veux, et puis je suis toujours un peu curieux de voir des metalleux tremper dans le grand bain pop ; je sais que tôt ou tard, ça transparaît, et ça apporte un peu de piment. Bon, ici, ça n’est pas flagrant, l’intégralité de ce disque au nom qui concurrence un Anaal Nathrakh étant musicalement assez proche de ce que Pvris pouvait proposer en 2014 (nan, j’me trompe pas de date, vous suivez ou quoi ? Réédition!). Par contre, je me souviens avoir évoqué Florence And The Machine à l’époque, là il n’en est plus vraiment question, si ce n’est dans une certaine emphase vocale, un côté épique electro rock qui fait prendre une histoire d’amour contrariée pour un hymne guerrier. Alternant ces moments entraînants et d’autres plus intimistes, ce deuxième album aboutit à peu près au même résultat ; une reddition quasi-immédiate. Oui, ces jeunes gens sont assez fortiches pour agencer et marier mélodies percutantes, rythmiques electro-pop, ambiances rock et vocaux somme toute assez variés (Lynn passe du roucoulement au hurlement assez facilement). Un titre comme « No mercy » pourrait même passer pour un hit emo. Encore une fois, Pvris fait son job à la perfection, et peut-être même un peu mieux que sur son premier opus. Et puisque vous êtes prévenus sur ce que vous pouvez trouver ici, vous n’avez aucune raison de vous plaindre !

Paroles de l’album

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Pvris : Anyone else

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BLOOD COMMAND : Cult drugs

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Paroles de l’album

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1476 : Our season draws near

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CREEPER : Eternity, in your arms

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Creeper : Suzanne

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