FOIL : Never got hip

Découvert totalement par hasard au gré de pérégrinations mercantiles, les écossais de Foil sont une de ces bonnes surprises indies qu’il est encore temps de découvrir quelques années après. Déjà lucides à la sortie de ce deuxième album, ils affirmaient sans qu’on sache vraiment si c’était un regret ou un étendard « ne jamais être devenus populaires ». Bon, bien sûr, on pourrait leur dire que s’ils avaient vraiment voulu l’être, ce mélange powerpop noisy grunge à la Pixies / Mudhoney, très ancré dans les nineties, n’était pas forcément le choix le plus judicieux en 2000. Et si on avait été un peu extralucide, qu’il sera d’ailleurs le dernier du groupe. Mais bon, Foil a l’air de s’en foutre comme de sa première chemise de bûcheron, et c’est tant mieux. Bien sûr, vous pourrez lire ça et là que le combo avait déjà ici mis de l’eau dans son whisky, agrémentant le style plutôt raide du premier album remarqué (mais pas par moi) de quelques fioritures : trompette, trombone, cordes diverses s’invitent ça et là, rendant le tout plus digeste, maximisant son impact. Mais la base reste la même : Colin, Hugh, Shug et le récemment arrivé Alan. Et tout ce petit monde est réuni pour produire un rock direct, poppy, abrasif, au chant parfois limite juste, mais complètement authentique. Foil ne fait pas semblant, ne se compromet pas, ne maquille pas sa musique. Tout ici vient des tripes et s’adresse aux amateurs de sensations pures, que ce soit les titres les plus punchy, noisy ou ceux qui se la jouent mid-tempo, posés, employant même des moyens fort peu conventionnels pour le genre (une « Claremont junction optimist » au chant parlé). Bref, « Never got hip » est une de ces fleurs du bitume, raretés de collectionneurs de bons sons inconnus dont il est facile de faire l’acquisition autant que de l’apprécier !

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Foil : End of the world

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    Tags: rock, on, a, album, ne, se, vraiment, indépendant, alternatif, powerpop

THE BETHS : Future me hates me

Les quatre membres des Beths se sont rencontrés sur les bancs de la fac d’Auckland alors qu’ils étudiaient le jazz. Et devinez ce qu’ils ont eu envie de faire suite à ça ? Ben monter un groupe de powerpop pardi ! Attendez, quoi !? Ben oui. Bon, j’aurai pu chercher à investiguer sur les méthodes éducatives et l’efficacité de celles-ci de leur(s) prof(s), mais voilà, je n’avais pas assez de miles ni de congés pour faire le voyage jusque là-bas et tirer les choses au clair. Du coup, je me suis contenté de découvrir avec une nonchalance toute estivale ce premier album, survenu après un ep déjà pas mal accueilli par celles et ceux qui ont eu le privilège d’y jeter une oreille. Tu m’étonnes… Non, parce que très clairement, « Future me hates me » est truffé de titres directs et mémorables. Et du début à la fin des 38 minutes de ce disque, on se dit qu’on a de la chance de découvrir un disque aussi rafraîchissant, énergique et fun. Bon, les paroles sont comme souvent dans ce genre d’exercice un condensé d’expériences personnelles et de réflexions sur une existence non avare en désillusions diverses, mais tout ça ici est mis en forme de façon à sonner avec une certaine positivité. On ne se sent donc jamais pris au piège du spleen adolescent, et on apprécie chaque minute de cet apéritif à la carrière des néo-zélandais qu’on espère longue et jalonnée d’aussi bons disques que celui-ci !

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Paroles de l’album

The Beths : Future me hates me

TONY MOLINA : Kill the lights

10 titres, 14 minutes. Et je ne vous présente ni un disque de punk, ni de grindcore. C’est dingue non ? Bordel, mais qui va acheter un disque de 14 minutes ? C’est, en substance, ma première pensée. Mais cette première pensée s’est vite envolée. Parce qu’en même temps qu’elle se formait à gauche, elle s’étiolait à droite ; « Kill the lights », deuxième album du californien Tony Molina, fait son œuvre. C’est la première fois que je suis confronté à ce musicien bipolaire, autant investi dans le punk hardcore que dans la pop / powerpop. Un profil qui en rappelle d’autres, comme Joey Cape de Lagwagon. Mais là n’est pas l’essentiel. Le truc, c’est que chaque chanson, aussi courte soit-elle, aussi frustrante soit-elle, est excellente. Que dis-je, exceptionnelle. Quelque part entre un Weezer des bons jours et un Elliott Smith (qui en a rarement connu de mauvais), chaque titre fait mouche. On se les passe une fois, deux fois, trois fois, et c’est un bonheur immense. Alors peu importe sa durée, et qu’on ait envie de coller des beignes à Tony pour qu’il développe ses chansons sur une durée suffisante pour qu’on puisse les chanter à tue-tête sous la douche ; il s’agit juste d’en profiter. Énorme.

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Paroles de l’album

PAINTED DOLL : Painted doll

PAINTED DOLL : Painted doll

Depuis des millénaires, on cherche à rassembler les peuples, à amener la paix sur terre, à faire coïncider les visions tronquées de chaque peuple, chaque religion pour qu’enfin on arrête de se mettre sur la gueule pour des conneries sans importance (je vous la fais courte). Depuis tout ce temps, on a compris que la science, le cassoulet ou la télé-réalité, ça ne marche pas. Et même le sexe tiens ; y’en aura toujours un pour préférer le faire avec une chèvre, ou tout seul, ou dans le noir, ou enduit de saindoux. Enfin, bref, tout ça pour dire que c’est la musique qui peut seule panser les blessures et apaiser les tensions. Et que ce soit celle du 43e régiment d’infanterie de Lille, de Herbie Hancock ou de Behemoth, peu importe, tant que ça porte ses fruits ! Enfin, bon, pourquoi cette longue, trop longue intro ? Et ben, tout ça pour vous dire que les deux protagonistes de Painted Doll, venus d’horizons totalement différents (death metal versus powerpop) se sont rencontrés à… un concert de Goblin (oui, le groupe de prog rock horrifique italien). Et paf, les deux se mettent à partager leur passion pour d’obscurs groupuscules européens. Et bim, ils décident de monter un groupe pour pousser le vice. Et blam, me voilà à vous décrire ce « Painted Doll », union de Dave Hill (non, pas celui de Slade, le musicien-comédien-écrivain ricain boulimique) et Chris Reifert (Death, Autopsy, Abscess…) comme un disque pop / rock d’inspiration seventies aux dix titres impeccablement écrits et produits. Un premier disque qui donne forcément bien dans le psychédélisme et le hard rock soft ; « Together alone » sonne comme un bon Blue Oyster Cult, mais on croise aussi ici des choses plus proches du rock sudiste, de la pop sixties, de la powerpop, et des titres plus punk pop… Un éventail certes pas très large, mais assez pour amener un poil de diversité. Bon, ceci dit, ce premier opus reste très, trop classique certainement pour espérer mieux qu’un 7, que je lui accorde avec plaisir. Mais Painted Doll devra faire mieux pour qu’on voie en lui autre chose qu’un élève doué appliqué !

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Painted Doll : Together alone

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DUDE YORK : Halftime for the holidays

Dude York est de ces groupes qui n’aiment pas trop se prendre la tête, et voient en la conception d’un nouveau disque une opportunité unique de partager des titres simples, directs, funs et obsédants. Comme beaucoup d’autres, en fait. Son style entre powerpop et pop punk n’est cependant pas passé inaperçu auprès de tout le monde, et c’est bien cet intérêt certain qui leur permet aujourd’hui, la même année que leur disque précédent, de sortir tranquillement ce projet outrageusement fun. J’adore les disques de noël qui sortent de l’ordinaire, et donc « Halftime for the holidays » était un passage obligé, et ce même si je suis moyennement transporté par leur style habituellement. Mais ce qui est assez bluffant et inhabituel avec cet album, c’est que Dude York ne s’y contente pas de reprendre les hits de noël en leur passant préalablement de la crème à bronzer ; il y a certes une minuscule part de réinterprétation, mais une part prépondérante de création originale. Oui, Dude York a décidé de pondre de nouvelles chansons de noël, tout simplement. Bon, alors du coup c’est très subjectif, le terme de « Disque de noël ». Si on ne se penche pas vraiment sur les paroles de ces 8 titres (j’exclus volontairement la plus attendue reprise de « Silent night »), on ne s’en rend pas compte. Et donc, même si chaque titre de cette jolie récréation est bourré d’humour et de réflexions profondes sur le thème, il peut tout aussi bien s’apprécier comme un bon disque de rock. Pour certains, ça gâchera un peu le plaisir, pour d’autres, ça constituera l’alibi idéal pour enfin avoir un disque de noël dans sa discothèque. Et moi dans tout ça ? Eh bien je le trouve agréable et rigolo, et il m’a en plus surpris par son orientation originale, j’adopte donc !

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Dude York : Break up holiday

Dude York : Takin’ take of christmas

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