TAMINO : Amir

Oui, cette chronique n’est pas une surprise. J’étais tombé en amour avec le premier ep de ce belgo-égyptien, alors je ne pouvais décemment passer à côté de son premier album. Et ce même si j’avais peur que la sorcellerie présente dans l’oeuvre de jeunesse ne s’estompe progressivement avec la confrontation au monde impitoyable du show-business. Au lancement du disque, me voici à demi rassuré : Tamino n’a en tout cas pas peur de la comparaison, puisqu’il nous remet les quatre titres de son ep dans les gencives, et sans en changer une note. Tant mieux. Bien spur, ce sont surtout les huit autres titres qui nous intéressent. « Tummy », plus pop, ne me convainc qu’à moitié. Mais pour la superbe « Chambers », ce n’est pas la même chose. On y sent la même patte que sur l’ep, et ça marche toujours aussi bien. « So it goes » exploite les origines du bonhomme, et c’est magique. « Each time » surfe sur la même vague avec un peu moins de piquant. « Verses » se fait aussi plus pop et s’avère l’un des moins bons titres du disques. Heureusement « w.o.t.h. » et ses arabesques nous emmène beaucoup plus haut et plus loin. La douce mélancolie de « Intervals » nous rappelle « Habibi ». Et enfin, « Persephone » nous ramène délicatement sur terre. Au final, ce premier album remplit largement ses promesses et installe Tamino comme le représentant unique d’un genre à la beauté vénéneuse et exotique.

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Paroles de l’album

Tamino : Tummy

Tamino : Persephone

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    Tags: tamino, d, me, l, plus, surtout, s, amir, album, paroles

DOYLE BRAMHALL II : Shades

Être « fils de », on ne va pas se le cacher, ça peut vraiment donner un sacré coup de pouce dans une carrière artistique. Doyle Bramhall II, fils de Doyle Bramhall premier du nom (oui, moi aussi je trouve ça d’une suffisance incroyable), devait déjà avoir bien notés et classés une liste impressionnante d’amis de papa susceptibles de collaborer avec lui. Bon, je ne vais pas supposer que c’est comme ça que son début de carrière s’est déroulé, car ce serait un peu insultant. Mais bon, après avoir grandi dans le sillage de Stevie Ray Vaughan dont son père était batteur, il est quand même entré au service d’Eric Clapton en tant que guitariste… Enfin bref. « Shades » est le cinquième album solo du bonhomme, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il m’a cueilli. J’étais loin de pouvoir imaginer y trouver de telles qualités. D’entrée de jeu, « Love and pain » fait preuve d’un groove et d’une élégance renversants, quelque part entre les Galactic Cowboys, Soundgarden, et Lenny Kravitz. Un titre qui fait plus que faire le taf. L’ensemble de ce disque oscille entre rock, blues, pop et soul. Doyle ne joue jamais les fous du manche, mais a un jeu posé et bluesy, et possède un timbre empreint de feeling, et une certaine douceur afro-américaine. Un peu d’influences psyché, une pincée de boogie, de bonnes influences big rock… On perçoit vraiment beaucoup de choses différentes ici pour peu qu’on tende un peu l’oreille. Et surtout, une alchimie qui ne fait jamais défaut aux titres et scellent en 55 minutes un destin qu’on devine, qu’on espère radieux. Ah, et oui, il y a bien des apparitions de Norah Jones, Eric Clapton, Greyhounds et Tedeschi Trucks Band, qui apportent certainement un peu de piquant pour certains. Mais même sans, cet album est énorme !

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Doyle Bramhall II : Everything you need

JUMP, LITTLE CHILDREN : Sparrow

Jump, Little Children nous revient après treize ans de silence. Le groupe américain s’était illustré avec un rock / pop indé assez flamboyant. D’abord entamée sous la forme d’un rock alternatif aventureux, la musique du groupe a peu à peu gagné en accalmies indie pop mais jamais en audace, procédant à des greffes électroniques, folk, world music ou baroque. C’est le morceau-titre qui ouvre la marche. Les mélodies vocales, le côté hymnique de la mélodie, la fin osée, tout est réuni pour satisfaire les fans. Mais bien moins encore que sur « hand on my heartache », petit tube tranquille, et petit frère d’un Manic Street Preachers en moins maniéré. « X-raying flowers » poursuit le travail avec une indie pop baroque. « Voyeuropa », sa partie parlée / rappée et son refrain sur deux variations étonnent. « Je suis oblivion » est sympathique mais, bon, les américains qui s’essaient au français, ça n’est jamais une réussite. « White buffalo » recentre le propos vers la folk pop, suivie de près par une « Cyclorama » un peu trop fade. « The protagonist moves on » fait un pas en avant, et bientôt une « Euphoria designed » magnifique et orchestrale lui emboîte le pas. Dommage que « Violets » ne soit pas du même tonneau. « Reality distortion field » renoue avec le chant parlé, tout en étant plus intimiste et en incluant des moments de pur rock. Enfin, « Boyhood » conclut ce retour par une ballade atmosphérique du meilleur effet. Joli coup messieurs !

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Jump, Little Children : X-raying flowers (lyric video)

BAYSIDE : Acoustic volume 2

Oh, tout ça ne me rajeunit pas. En 2005, je découvrais l’emo de Bayside avec leur album éponyme, et je succombai immédiatement. Aujourd’hui encore, je continue à l’écouter avec plaisir. Et l’année suivante, le combo remettait le couvert avec des versions acoustiques de ses titres, avec donc « Acoustic volume 1 ». Depuis, notre idylle a tourné court, même si Bayside est encore capable de pondre de magnifiques chansons. Alors je ne peux que tenter l’aventure. La nostalgie m’y aide un peu certes, et l’envie de voir des titres que, peut-être, j’ai écarté avec un peu trop de hardiesse sous un nouveau jour aussi. Premier constat : ce disque est moins roots que le précédent. Les onze pistes paraissent toujours aussi policées et soft, hélas. Le groupe a même poussé le vide (je ne trouve pas d’autre mot) jusqu’à mijoter de nouvelles versions de « Blame it on bad luck » et « Devotion and desire ». Le hic, c’est qu’elles sont totalement dénuées d’intérêt. Traitées de façon pop, elles ont perdu leur énergie, leur grain de folie, leur rébellion. Et le reste est peu ou prou à mettre dans le même sac. Ais-je besoin de vous dire que je suis déçu ? Ce disque est un plaidoyer pour son prédécesseur, qui en comparaison (ou pas, d’ailleurs) est un chef d’oeuvre. Ils auront au moins gagné ça !

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Paroles de l’album

Bayside : It don’t exist

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    Tags: bayside, ne, pop, emo, suis, plaisir, paroles, officiel, site, disque

VILLAGERS : The art of pretending to swim

En 2015, « Darling arithmetic » avait été une bouffée de poésie, d’élégance et de beauté. L’irlandais Villagers y confirmait tout le bien qu’on pensait de lui tout en approfondissant encore sa démarche créative par le biais de plus d’hybridation de pop, folk rock et éléments électroniques. En toute logique, j’espérais retrouver sur ce quatrième album fabriqué à la maison, dans un home studio tout neuf, peu ou prou la même chose. Alors quand « Again », qui contient bien tous ces éléments, mais aussi quelque chose de plus accrocheur, entame le premier mouvement, je ne peux qu’être en confiance. « A trick of the light » enfonce le clou. On a du groove qui ne fait pas vraiment danser, de la pop qui ne fait pas chanter à tue-tête, de la folk qui ne se perd pas dans la nature ; c’est beau, apaisé, évident mais pas pompier, bref ça a un charme fou. « Sweet saviour » est encore meilleure. Je pense au « California » de Perry Blake en moins grave, plus lumineux. Ce titre est juste magnifique. « Long time waiting » est plus groovy, plus complexe, moins immédiat, mais très bon aussi. « Fool » est encore une superbe chanson pop folk. « Love came with all that it brings » y introduit des cuivres et des cordes. « Real go-getter » et son gimmick obsédant nous bercent, et « Hold me down » comme « Ada » ne font pas retomber l’attention et le plaisir, bien au contraire. Bilan ; un nouvel album d’une beauté et d’une inventivité renouvelées.

Paroles de l’album

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Villagers : Fool

Villagers : A trick of the light

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