PENTARIUM : Zwischenwelt

Troisième album pour les allemands de Pentarium qui, après avoir partagé la scène avec des groupes de l’acabit de Disbelief, Ektomorf, Agathodaimon et quelques autres, semble avoir accumulé assez de miles, musicalement s’entend, pour sortir un peu du lot. Le combo propose en effet un deathcore mélodique (plus mélodique que core d’ailleurs) bien dosé, usant (et parfois abusant) de claviers symphoniques qui la plupart du temps font bien respirer sa musique entre deux riffs bien meurtriers. Le groupe s’inspire pour ses paroles à la fois d’expériences personnelles, de la société dans laquelle il tente de survivre et d’auteurs positifs et joyeux comme Lovecraft ; si vous cherchiez des influences happy hardcore, ben vous voilà servis. Le chant est la plupart du temps partagé entre deathcore et death, mais parfois une voix claire fait son apparition sans rien gâcher : les douze titres ici présents sont assez solides pour qu’on accepte sans broncher les côtés mélodiques. De toute façon, ne nous leurrons pas, la brutalité en sort largement gagnante. Les ralentissements de tempo sont largement compensés par des riffs de bûcheron entre power metal, deathcore et thrash. L’ensemble du disque est très agréable ; on ne s’y ennuie jamais, le combo sait relancer les turbines au bon moment. Ce qui ne les protège pas d’un certain ronronnement, puisqu’on s’en doute, Pentarium n’invente pas grand-chose (un côté atmo plus prononcé que chez les collègues tout de même), se contentant de recycler avec brio et réagencer des éléments bien connus des amateurs de metal bourrin. Ce qui est déjà appréciable.

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SONS OF TEXAS : Forged by fortitude

Phil, c’est toi qui te planques derrière ? C’est un side-project avec les mecs de Slipknot ? Ah, là, ça y est, les plus perspicaces d’entre-vous l’auront compris, je ne parlais pas de Phil Barney dans ma première phrase. Sons Of Texas est une jeune formation de Maubeuge qui… Ah, non, tiens, on me dit qu’ils sont de McAllen, au Texas (c’est dingue non ?). Bref. Sons Of Texas sort aujourd’hui son deuxième album, dans un genre entre power metal, rock sudiste et influences plus thrashcore. On pense pas mal à Pantera parfois, mais aussi et surtout à Creed. Soit un metal viril mais riche en mélodies et en groove. Bon, concrètement, j’ai tendance à préférer des titres comme l’introductif « Buy in to sell out », « Forged by fortitude », « Feed the need », « Down in the trenches » et consorts, bref les plus proches de feu Pantera dernière mouture. Je ne suis pas contre le reste, c’est assez agréable, même si certains titres sont beaucoup trop mollassons pour moi (le single, par exemple). Je suis donc assez convaincu par l’ensemble, qui me rappelle certes de bons souvenirs, mais se montre assez pertinent et personnel pour ne pas se poser que comme un mauvais remake. « Forged by fortitude » ne changera pas la face du globe, mais reste un mets de choix pour les gros durs au coeur tendre !

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Sons Of Texas : Beneath the riverbed

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DEAD CROSS : Dead Cross

Mike Patton + Dave Lombardo. Vous pouvez me parler des autres membres de Dead Cross, mon cerveau s’est arrêté là et tourne en boucle. Ce duo n’est pas inédit. On l’a déjà vu (entendu, plutôt) à l’oeuvre au sein de Fantômas il y a quelques années. Les voir de nouveau ensemble pour un round de plus est forcément très excitant. Surtout que le projet, à la base pas prévu pour Patton, a donc toutes les chances de s’éloigner ostensiblement de ce qu’on connaît. Et effectivement, si on décèle forcément quelques phrasés identiques, la musique de Dead Cross est sensiblement plus musclé, noisy et punk / hardcore. Et comme tout bon brûlot du genre, il s’attache à faire direct et efficace. Bien entendu, la voix élastique de Mike change un peu la donne. Aux cris se mêlent des mélodies vocales très Faith No Moriennes, et soyons très honnêtes, c’est la performance vocale de Magic Mike qui fait passer ce premier album du projet de brûlot indiecore sympathique à succulente gourmandise violente. Dave Lombardo y retrouve ses réflexes de cogneur de Slayer, maniant les roulements et la double grosse caisse avec dextérité et virtuosité. Les titres sont courts et percutants, mais laissent toujours la place à des variations de rythmes qui donnent l’impression que ce disque est plus long à l’intérieur qu’à l’extérieur. Alors, « Dead Cross » sera peut-être juste un bon disque pour le commun des metalleux, mais les il est un must have pour pattoniens qui se régaleront des « Seizure and desist », « Obedience school », « Shillelagh », la reprise du tube goth « Bela Lugosi’s dead », « Gag reflex » (la plus longue du lot) et « Church of the motherfuckers »

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Paroles de l’album

Dead Cross : Seizure and desist

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RIWEN : The cold

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Riwen, c’est avant tout le bébé de Johannes Person, ci-devant vocaliste et grand manitou de Cult Of Luna. Mais là où cette formation s’éloigne peu à peu du modèle hardcore originel pour bâtir un genre complexe et exigeant, Riwen se concentre sur une expression un peu plus viscérale et directe. « The cold » a beau compter quelques éléments plus atmosphériques, l’ensemble pourrait être défini comme hardcore rock n’ roll. Ici, l’anglais a été choisi, comme pour rajouter à l’évidence du propos. Concis et meurtrier, « The cold » enchaîne en à peine plus d’une demi-heure 12 titres exemplaires de violence et de maîtrise. Et se pose comme l’une des meilleures sorties du genre cette année. Cela suffira-t-il à réconcilier les fans des derniers Cult Of Luna avec leurs instincts primaires ? Rien n’est moins sûr, mais peu importe. Lâchez tout et profitez de cette bourrasque hardcore !

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