MESTIS : Eikasia

Je dois bien me rendre à l’évidence ; il n’y a qu’en période de disette en terme de sorties que je me mets à fouiller aussi profondément pour trouver un disque qui ne sera à priori pas du tout ma tasse de thé. Mais ça a du bon. Parce qu’en période de disette, je sors de ma zone de confort pour m’aventurer, tester de nouvelles choses, et souvent découvrir des disques très intéressants. Qui ne deviendront pas forcément des amis fidèles, ok, mais qui parviennent quand même à me captiver le temps de quelques titres. C’est le cas de « Eikasia ». Mestis, c’est le projet solo de Javier Reyes, guitariste au sein du combo prog metal Animals As Leaders. Et si vous avez déjà eu l’occasion de vous plonger dans le prog metal des ricains, d’en apprécier la technique assez monstrueuse, et le délicat toucher de ses membres, leur potentiel mélodique énorme, alors vous ne devriez pas être déçus. En fait, il a suffi de 5 secondes du terrible riff de « El mestizo » pour me convaincre. Et bim, c’est parti pour 30 minutes d’un rock progressif au gros relents de jazz rock, totalement instrumental, très très technique, mais qui n’exclut jamais la mélodie et parvient à s’aménager des plages plus apaisées. Et le tout est d’une finesse impressionnante. Et vous savez quoi ? C’est digeste. Oui, même pour ceux qui comme moi ne sont pas musiciens, et n’apprécient que très moyennement les démonstrations. Mais quelle bonne pioche mes amis !

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MANSION : First death of the lutheran

Oh, je sais ce que j’ai dit ça et là ; toute cette mode revival de heavy / doom commence à me gonfler sérieusement. Sauf qu’une fois de temps en temps, une formation parvient à me faire changer d’avis. Et en ce début d’année, c’est le jeune Mansion qui s’en charge. Formation finlandaise à chant mixte, elle mélange rock gothique, doom de la première heure et heavy rock. Et sait merveilleusement installer une ambiance lugubre et menaçante. Il faut dire que le sujet dont s’inspire Mansion est particulier ; celui d’une secte chrétienne (le Katarnoïsme) attendant une apocalypse proche, usant de transes et autres expériences de conscience altérée, s’interdisant toute forme de sexualité et utilisant des enfants prédicateurs. Écoutez donc « Lutheran », la perle de cet album, pour vous en imprégner : sept minutes 15 dont le metal est totalement exclu, mais qui s’avèrent plus flippantes et sombres que le reste de l’album. Mais commençons par le commencement. « Wretched hope » débute par quarante secondes d’intro horrifique, et continue avec un riff doom bien troussé répété à l’envi. Un titre classique et efficace, sans grande surprise mais qui nous fait pénétrer l’univers de Mansion en douceur. Mais « Lutheran », c’est l’apothéose. De discrètes touches électro, un chant rampant et maléfique, des cordes lancinantes, un piano glacial, bref une chanson à la magie noire contagieuse. Sur « The eternal », c’est le chant masculin qui l’emporte, pour une mélopée tout aussi maussade et répétitive mais ô combien réussie. « 1933 » débute par une sorte de sabbat délicieusement folk et tribal, puis poursuit et termine de façon chorale et plus doom. Enfin « First death » est le titre le plus progressif et long de l’album, accueillant un saxophone et alternant parties doom metal ou plus atmosphériques, pour un final chaotique et « spatial ». Pas parfait, ce premier album parvient toutefois à marquer l’auditeur par sa personnalité unique et son potentiel, hélas pas pleinement exploité. A suivre !

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VOLA : Applause of a distant crowd

Deuxième album pour les danois. Le groupe s’était fait remarquer par son choix singulier, celui de marier metal progressif, djent et thrashcore déstructuré, au sein d’un premier album résolument original et personnel. L’heure est venue de nous en dévoiler la suite, et Vola a semble-t-il fait un pas en avant. En 10 titres et quarante-deux minutes, il nous présente un style lissé, plus proche d’un rock progressif s’accordant ça et là des digressions metalliques moins épileptiques, et agrémentant le tout de phrases électroniques. Il y a encore de grosses guitares par-ci par-là, mais elles sont fondues dans la masse et dans la mélodie. Ici, point de capillotractage, Vola joue la simplicité et l’apaisement. Bon, on peut raisonnablement avoir du mal avec certains passages (pour moi ce sera les trois premières minutes de la chanson-titre, qui m’évoquent un Tears For Fears des mauvais jours), mais globalement le pari réalisé pour « Applause of a distant crowd » est réussi, et c’est un album qui s’écoute sans déplaisir. Mais qui s’avère moins unique que son prédécesseur.

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Paroles de l’album

Vola : Smartfriend

Vola : Ghosts