MATTEO : Scaglia

Matteo, c’est pas mon cousin italien. C’est un membre du collectif Chinese Man, et non des moindres, puisqu’il s’agit également d’un des membres fondateurs du label qui a permis aux aixois d’exploser. Ce premier album nage dans les mêmes eaux, d’ailleurs. Soit un joyeux fourre-tout entre hip-hop, groove, electro, trip-hop… Et vous savez quoi ? La sensation que vous avez eu à l’écoute de « Racing with the sun » se fait une réplique. « Scaglia » est un melting pot incroyable, dont chaque facette fait de l’ombre à l’autre. Avec sa gueule de compilation de luxe et sa ribambelle d’invités, on a bien sûr un peu de mal à déterminer qui fait quoi, et la part de responsabilité de Matteo là-dedans. Mais en fait, on s’en fout. Parce que ce disque est une tuerie. J’ai bien essayé, à plusieurs reprises, de vous faire un bilan, de vous dire quel titre il faut écouter en priorité pour le découvrir. Mais selon l’humeur du sujet, ceux-ci fluctuent d’écoute en écoute. Est-ce que pour vous ce sera la old school hip-hop « never more », la nu-soul « Bury me », la hip-hop moderne « Shamans », la groovy « The worst part », l’electro « Not going down » ? Certes, le territoire est assez circonscrit, mais il reste autour du hip-hop, élément central, une nuée de nuances que Matteo, et nous du coup, explorons avec jubilation. Décidément, il y a du talent chez Chinese Man records…

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Matteo : Rema

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SCRATCH MASSIVE : Garden of love

Scratch Massive s’est vite imposé comme une valeur sûr de la scène electro française. Du coup, chacune de ses sorties bénéficie d’une aura peut-être d’ailleurs démesurée pour lui, et d’attentes en rapport. Ou peut-être pas. Car le duo signe encore ici une electro / techno des plus intéressantes, modernes et efficaces. C’est « Last dance » qui a la lourde tâche de nous faire entrer dans le jardin de l’amour. Espiègles (et ignorants), on pourrait plus ici le qualifier de jardin des regrets tant le titre sonne mélancolique et froid, guidé par la voix vaporeuse de Maud. Mais il faut dire que ce titre évoque un poème de William Blake, pas Jo le rigolo dans ses vers, et pas du tout non plus dans cette œuvre L’ambiance générale de l’album est d’ailleurs du même accabit. « Numero 6 », avec ses sonorités et sa mélodie à la « Pass this on » de The Knife, joue dans la même division, celle des titres qu’on croirait échappé d’une bande originale de série télévisée ou d’un film, genre que le duo pratique de temps à autres, ensemble ou séparément. Les titres s’enchaînent et rivalisent d’union réussies entre claviers technoïdes et ambiance crépusculaires. Scratch Massive a toujours évolué dans un univers assez sombre, et même si selon le groupe ce quatrième album l’est moins que le précédent (ok, sur « Another day » et « Feel the void », à la limite, si on fait abstraction des paroles), on ne saurait le conseiller aux fans d’electro pop sautillante. Si en revanche le concept de beauté vous évoque la magnificence d’un ciel orageux avant la foudre, la poésie d’une zone industrielle dont la neige cherche à étouffer les respirations, alors vous tomberez sous le charme. « Garden of love » est de ces albums qui se dégustent, une ode au «slow living», un très bon disque en tout cas.

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Scratch Massive : Last dance

MATZIZ : The silver cat

Matziz est un deuxième alter-ego pour Mathieu Torrès, toulousain que j’avais déjà croisé à l’occasion de la sortie du dernier album de son autre projet Z’M. La différence entre les deux ? Matziz assume un côté beaucoup plus electro et moins progressif. Plus rythmique et technoïde, tout en conservant ce goût pour les parties musicales à plusieurs. On retrouve donc ici des influences rock, metal, musique de film, ambiant, mais tout est articulé autour d’un amour pour l’electronica. Comme chez Z’M, tout ici est instrumental, et les 42 minutes de cet opus sont découpées en 14 titres assez courts, entre un Aphex Twin et un Bola. Les rythmes tribaux se sont toujours bien mariés à l’electronica, et quelques claviers bien placés finissent le travail. Bien sûr, tous les titres ne se valent pas en intensité et en qualité. Pour certains, le travail sur les textures et la technique prennent hélas le pas sur la musicalité de l’ensemble, et si on en apprécie la volonté générale, leur portée ne va pas au-delà de quelques écoutes. D’autres en revanche ont assez d’envergure pour être réécoutés et appréciés de nouveau. Mon jugement sur Z’M, que vous ne trouverez pas dans ces pages, était mitigé. Il souffrait pour moi des mêmes défauts, mais était moins contrebalancé de qualités. « The silver cat » est de fait beaucoup mieux pensé, plus équilibré, plus accrocheur malgré son placement IDM. Et assez diversifié pour qu’on le laisse se faire une place. Gageons que Matziz saura encore progresser pour proposer une musique encore plus personnelle et touchante dans le futur !

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EMIKA : Falling in love with sadness

Ce soir, je m’intéresse au sixième (oui, déjà) opus d’Emika. L’anglaise d’origine tchèque est vivant à Berlin (vous suivez?) opère depuis quelques années en territoire électro, et ce sans besoin de personne ; sortant même ses productions sur son propre label depuis 4 ans. Sur ce disque, elle magnifie la tristesse, héritage familial assumé, au travers de ses compositions qui démontrent son amour de la musique électronique et de ses différents sous-genres ; downtempo, glitch, trip hop, synth pop… Sa musique, à la fois rythmique et mélodique, accroche dès la première écoute mais ne tombe jamais dans la facilité. Le son y est chaud, l’espace sonore bien rempli, recouvert de couches complémentaires ; rythmique acide, nappes atmosphériques, percussion obsédante, voix froide et sexy, thème délicat mais percutant, et un espèce de souffle, de brasier en fonds qui nous donne une impression d’étouffement, de hammam musical. C’est d’ailleurs cette dualité entre mélancolie glacée et traitement du son particulier qui différencie ce disque de ses cousins electro trip hop. Enfin, ça et le savoir-faire de la dame, qui maîtrise son sujet et ses machines à la perfection et amener ses auditeurs où elle le souhaite. Et ça marche. Les écoutes s’enchaînent sans qu’on se fatigue, et on prend plaisir à analyser chaque élément et disséquer chaque titre, en y trouvant à chaque fois quelque chose d’intéressant. Une réussite !

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Paroles de l’album

Emika : Run

Emika : Close

EPIC45 : Through broken summer

Voilà bien longtemps que je n’avais croisé la route des anglais. Des années. Parce que, même si leur « Against the pull of autumn » (2004) et leur « Weathering » (2011) m’avaient vraiment fait voyager, ils ne sont pas les plus médiatisés dans le genre post rock. Ou indie pop. D’autant plus que leur musique n’est que la moitié de l’un, ou de l’autre, c’est vous qui voyez. Pourtant, encore une fois, Epic45 me bluffe complètement. Avec ou sans chant (celui-ci est parfois utilisé comme un instrument additionnel), la musique du combo oscille encore ici entre post rock, ambiant, trip-hop, rock indé et rock progressif. Les ambiances sont majestueuses, le son ample. Le partis-pris de magnifier les guitares, de les mettre en avant, au centre de l’équation, donne un résultat plus original que l’on croit. Car Epic45 n’est pas vraiment un groupe post-rock, même si c’est de ce genre qu’il s’approche le plus. Sa musique charrie l’émotion, le spleen, une certaine forme de résignation. Et la beauté d’une pluie d’été au soir tombant. « Through broken summer » est un papillon, gracile et fragile, qui volette dans le tumulte d’un monde devenu fou, ses ailes reflétant la lumière. Et nous, on y est passagers clandestins, profitant de sa poésie et sa majesté. Et on dit merci !

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Epic45 : Outside