VNV NATION : Noire

Voilà bien longtemps que je n’ai pas écouté un disque du plus allemand des groupes electro dark pop anglais. En fait, j’ai la sale habitude de redécouvrir les albums du duo une fois ceux-ci sortis. Mais pour une fois, j’ai vu passer une news sur un réseau social, celle où le groupe annonçait ses prochaines dates de tournée US. Bon, ok, j’ai toujours un train de retard, mais celui-ci a moins de wagons !« Noire », donc, est le dixième album du groupe, et présente toujours un style parfaitement reconnaissable, toujours actuel dans sa partie synth, catchy dans sa partie pop et gothique-romantique par son côté electro-dark. On commence fort par une très bonne « A million », long tunnel monomélodique de six minutes trente complètement obsédant. « Armour »est un peu plus poppy et me convainc moins. « God of all »est un deuxième carton. La « Nocturne no°7 » qui lui fait suite est on ne peut plus inattendue. Il s’agit d’une véritable pièce classique au piano, ce qui semble complètement incongru et déplacé ici, mais qui finalement permet au disque de respirer. Ilfaut dire que le style de VNV Nation n’a que peu évolué depuis des années. « Collide » et « Wonders » plus encore, sont d’autres titres assez lumineux, contrastant avec le titre de ce disque. « Immersed » et son côté très techno pop est efficace mais à la portée limitée. « Lights go out », en revanche, est un autre titre puissant et accrocheur. « Guiding » est le deuxième intermède instrumental, plus classique mais réussi. « When is the future ? » est lumineuse mais fonctionne bien, « Only sattelites » est un autre de ces titres un peu trop poppy pour moi, « Requiem for wires » est le troisième intermède,très moyen, et enfin « All our sins » clôt l’album en beauté. Le résultat est comme souvent avec VNV Nation : bon et nuancé à la fois. Je ne regrette donc pas, cette fois, d’avoir devancé notre rendez-vous !

Paroles de l’album

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VNV NATION : When is the future ?

ANGUISH : Anguish

Anguish est ce qu’on peut aisément qualifier de « projet de malade » ;un bout de Dälek, un bout de Faust, un bout de Fire ! Fire !Orchestra, mélangez le tout et vous obtenez un beau petit troupeau de créatifs sans aucune limite. Et si « Vibrations », l’excellent morceau introductif ne donne pas une idée précise du reste de la galette, la suite nous met très vite sur la voie. On pourrait dire que, sans surprise, la musique du collectif se situe entre hip hop alien, free jazz et rock noisy expérimental. Mais avouez que ça reste, rien que sur le papier, sacrément plus original que 90% de la production hip-hop mondiale. Ah oui, je parle de hip-hop parce que, qu’on le veuille ou non, c’est ce que la plupart des gens vont retenir de ce disque, dans lequel, c’est sûr,on entend bien Dälek. Un disque d’ailleurs né de la fascination de ceux-ci pour Faust, et de l’invitation de ces derniers à se rencontrer puis travailler ensemble, et accoucher d’un premier album sous un autre nom il y a quelques années. Et donc, « Anguish »est un disque fabriqué en moins d’une semaine, composé ensemble, de façon assez old school, en jammant, en improvisant. Soyons clairs ;ce disque n’est pas évident, ne contient aucun tube potentiel, et pourrait même flanquer une belle migraine à certain(e)s, hantant ses titres d’un saxo aux stridences meurtrières, envahissant l’espace de turbulences noisy. Mais un bon disque quand même, d’un genre unique et original, à découvrir pour tous ceux et celles qui aiment la musique qui défriche !

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MATTEO : Scaglia

Matteo, c’est pas mon cousin italien. C’est un membre du collectif Chinese Man, et non des moindres, puisqu’il s’agit également d’un des membres fondateurs du label qui a permis aux aixois d’exploser. Ce premier album nage dans les mêmes eaux, d’ailleurs. Soit un joyeux fourre-tout entre hip-hop, groove, electro, trip-hop… Et vous savez quoi ? La sensation que vous avez eu à l’écoute de « Racing with the sun » se fait une réplique. « Scaglia » est un melting pot incroyable, dont chaque facette fait de l’ombre à l’autre. Avec sa gueule de compilation de luxe et sa ribambelle d’invités, on a bien sûr un peu de mal à déterminer qui fait quoi, et la part de responsabilité de Matteo là-dedans. Mais en fait, on s’en fout. Parce que ce disque est une tuerie. J’ai bien essayé, à plusieurs reprises, de vous faire un bilan, de vous dire quel titre il faut écouter en priorité pour le découvrir. Mais selon l’humeur du sujet, ceux-ci fluctuent d’écoute en écoute. Est-ce que pour vous ce sera la old school hip-hop « never more », la nu-soul « Bury me », la hip-hop moderne « Shamans », la groovy « The worst part », l’electro « Not going down » ? Certes, le territoire est assez circonscrit, mais il reste autour du hip-hop, élément central, une nuée de nuances que Matteo, et nous du coup, explorons avec jubilation. Décidément, il y a du talent chez Chinese Man records…

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Matteo : Rema

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SCRATCH MASSIVE : Garden of love

Scratch Massive s’est vite imposé comme une valeur sûr de la scène electro française. Du coup, chacune de ses sorties bénéficie d’une aura peut-être d’ailleurs démesurée pour lui, et d’attentes en rapport. Ou peut-être pas. Car le duo signe encore ici une electro / techno des plus intéressantes, modernes et efficaces. C’est « Last dance » qui a la lourde tâche de nous faire entrer dans le jardin de l’amour. Espiègles (et ignorants), on pourrait plus ici le qualifier de jardin des regrets tant le titre sonne mélancolique et froid, guidé par la voix vaporeuse de Maud. Mais il faut dire que ce titre évoque un poème de William Blake, pas Jo le rigolo dans ses vers, et pas du tout non plus dans cette œuvre L’ambiance générale de l’album est d’ailleurs du même accabit. « Numero 6 », avec ses sonorités et sa mélodie à la « Pass this on » de The Knife, joue dans la même division, celle des titres qu’on croirait échappé d’une bande originale de série télévisée ou d’un film, genre que le duo pratique de temps à autres, ensemble ou séparément. Les titres s’enchaînent et rivalisent d’union réussies entre claviers technoïdes et ambiance crépusculaires. Scratch Massive a toujours évolué dans un univers assez sombre, et même si selon le groupe ce quatrième album l’est moins que le précédent (ok, sur « Another day » et « Feel the void », à la limite, si on fait abstraction des paroles), on ne saurait le conseiller aux fans d’electro pop sautillante. Si en revanche le concept de beauté vous évoque la magnificence d’un ciel orageux avant la foudre, la poésie d’une zone industrielle dont la neige cherche à étouffer les respirations, alors vous tomberez sous le charme. « Garden of love » est de ces albums qui se dégustent, une ode au «slow living», un très bon disque en tout cas.

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Scratch Massive : Last dance

CADILLAC : Originul

Cadillac, c’est l’un des éminents membres du Stupeflip crou, l’increvable bande d’énergumènes venus violenter le rap, le punk et la musique indie il y a presque vingt ans. Cadillac est donc le premier à échapper à la vigilance de King Ju qui, pas chien, vient poser des rimes sur deux titres. Sans surprises, on retrouve ici l’univers du crou ; rap punky (pour ceux qui ne le sauraient pas, Cadillac, dans le groupe, c’est celui qui gueule), influences pop eighties, paroles non-sensiques, cynisme, références pop culture et provocations gratuites (ou pas, d’ailleurs). Et pour tout dire, ce disque me satisfait bien plus que les dernières œuvres du Stup. Cadillac commence très fort avec « Game over », véritable hymne, imparable titre qui remplit le cahier des charges à 100 %, à la fois vénère, portnawak et sombre. Peut-être le plus efficace, mais pas le seul qui vaille la peine d’être découvert. On peut citer « Débile » (où tout le crou est là, du coup la différence avec un titre de Stupeflip est plus que floue »), l’excellente « L’humour fou », « C guignol », « Arkboot », « Mécanique », « Ego slave » (encore avec King Ju), « Rétroviseur » et « SPDC ». Ce qui est plutôt pas mal. On écartera le final « X », qui comme le dit si bien Cadillac, est « interminable » (faute avouée à moitié pardonnée). De là à penser qu’on y a gagné au change par rapport à Stupeflip, il y a un pas que je ne suis pas loin de franchir. En tout cas, il s’agit sans doute d’une belle surprise !

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Paroles de l’album

Cadillac : Game over

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