VOX LOW : Vox Low

Vox Low, même si tout le monde s’en fout, est né sur les cendres de formations françaises diverses, dont Think Twice, ancien poulain de l’écurie F Com dont les membres se sont depuis rangés des voitures, avant de se raviser et de remettre le couvert avec ce nouveau projet qui n’a plus grand-chose à voir avec l’electro… Mais beaucoup plus avec le post punk et une certaine forme de cold wave de corbeau. Le voici donc, ce « Vox low » premier du nom, croisement entre disco et post punk. Il a logiquement trouvé refuge chez Born Bad, qui a souvent le nez creux pour les excroissances du punk. Mais attention, ici il ne faudra pas s’attendre à l’immédiateté et la fièvre d’un Frustration. Ce premier opus est beaucoup plus tortueux et vicelard. Et si sa duplicité me fait plus penser à un She Wants Revenge première période qu’à un Joy Division, il en a tout de même la teinte et le fumet. Pas facile à suivre donc, ces neuf titres, qui peuvent de prime abord même paraître bien arides à qui ne prendrait garde à leurs basses obsédantes, aux motifs électroniques dansants qui travaillent en arrière-plan, à cette voix grave et d’apparence monocorde qui en dit plus long que ce qu’elle n’en a l’air. Il y a quelque chose ici. Quelque chose qui veut qu’on le trouve, qui veut qu’on le garde, qui veut qu’on le regarde. Qui fait qu’on se repasse les neuf titres de ce disque comme un rituel qui ne veut jamais finir. Et pourtant, ils ne paient pas de mine… « Vox Low » est donc une bonne surprise, de celles qu’on ne s’explique pas mais qu’on apprécie !

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Vox Low : Now we’re ready to spend

ROME : Hall of thatch

Difficile de présenter Rome à quelqu’un qui n’a jamais croisé le groupe de Jérôme Reuteur avant. Non pas que sa musique soit particulièrement complexe à décrire, mais elle allie des univers qui ne sont pas forcément aisés à imaginer accolés : celui du (neo) folk, de la pop, et du goth rock martial. Concrètement, une chanson de Rome est généralement sombre, texturée et déclamatoire. Ce qui, j’en conviens, peut lui donner un côté austère. Pourtant, écouter un disque de Rome est un vrai plaisir. Un peu comme si Depeche Mode avait, en 86-87, plutôt bifurqué vers le côté sombre en capitalisant sur ses « Pimpf » et autres « Black celebration ». Bon, ok, tout n’est peut-être pas aussi simple, mais il y a de l’idée. Bien sûr, si vous m’évoquiez les Swans ou Death In June, je serai plutôt d’accord avec vous aussi. Mais bon, si c’était le cas, il y a toutes les chances que vous connaissiez déjà Rome. Bref. Ce que vous devez savoir aussi, c’est que Rome a la particularité d’être très très prolifique. Tant mieux pour les fans. Mais le revers de la médaille, c’est que pour produire autant, Rome a développé des techniques de composition et de production qui lui collent maintenant à la peau. Donc ses disques ont parfois une petite tendance à se ressembler. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont inintéressants. De fait, « Hall of thatch » améliore encore un peu la recette en maîtrisant et canalisant son côté industriel, et nous abreuve de titres auxquels on s’attache à la première écoute : « Blighter », « Hunter », « Slaver », « Hawker » est le quatuor gagnant de ce nouvel album, qui compte (en plus!) quelques autres moments agréables (mais moins transcendants). Rome confirme donc tout le bien qu’on pensait de lui, alors que vous connaissiez ou pas les luxembourgeois, il est est temps de leur (re)donner une chance !

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LEN SANDER : The future of lovers

En 2015, je m’extasiais avec réserve sur le premier album des suisses de Len Sander, qui pratiquait alors un trip hop dont la classe rivalisait avec le classicisme. En « The future of lovers », je m’attendais à trouver un digne successeur. Mais la très ambiant « Moving into love » va bien vite faire vaciller mes certitudes. Ici, l’electro et les influences house ont pris le pas sur la mélancolie. Épurés, doux et caressants, les titres s’enchaînent et forment un tout beaucoup plus léger et « positif » que le précédent. Une reconversion assumée et voulue par le groupe : si « Phantom garden » était un disque de rupture, celui-ci est plutôt consacré au développement des sentiments amoureux. D’où cette atmosphère apaisée et idyllique. Simple mais pas simplistes, les titres sont caractérisés par un travail encore plus important sur les textures et le son. « The future of lovers » est donc un album complètement solaire, lumineux, estival… et clairement pas pour moi. Bien sûr, ça et là, des notes plus bleutées sorte du placard, mais à doses homéopathiques. Je n’en veux pas à Len Sander de vouloir s’adonner au bonheur plutôt qu’à la glorification de la morosité, mais il est certain que ces chansons ne me touchent pas comme celles du précédent. Je laisserai donc Len Sander continuer son chemin, non sans une once de regret pour une expression plus cafardeuse qui lui allait plutôt bien !

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Len Sander : Woman on the run

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    Tags: len, sander, garden, phantom, album, premier, on, plus, ne, titres

WHOMADEWHO : Through the walls

Nous avons avec WhoMadeWho une relation complexe et au long cours. Quand le groupe a débuté sous une bannière plus rock, je n’aimais pas ce qu’il proposait. A l’occasion de son troisième album « Brighter », je le découvrais sous un nouveau genre, plus electro pop et franchement plus convainquant. Et paf, j’ai loupé son quatrième opus. Aujourd’hui, si vous suivez, c’est le cinquième en date, et je dois dire que je suis plutôt content de retrouver les danois et leurs sonorités à la fois légères, rétro et dansantes. Oh, je ne vais pas vous mentir. « Through the walls » n’est pas non plus un tremblement de terre. Il ne propose rien de plus qu’on ne connaisse déjà du groupe : un travail sur les sonorités electro actuelles, une délicatesse dans la voix, une science de la mélodie certaine. Rien de transcendant, juste du travail bien fait et des titres qui passent sans problème le cap d’une écoute en boucle. Plus ? Oui, ça peut être envisagé, mais pas forcément tous les jours ; ici, les hits sont timides et fuyants. Certes, on pourrait dire que la qualité, ça se mérite, mais un ou deux hits qui viendraient ponctuer ce disque ne seraient pas de trop. Alors déçu ? Non, pas vraiment, mais pas subjugué non plus.

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Paroles de l’album

WhoMadeWho : Dynasty

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THE THING WITH FIVE EYES : Noirabesque

Il y a quelques années, je faisais connaissance avec le dark jazz. D’abord avec Bohren & Der Club Of Gore bien sûr, puis avec d’autres joyeusetés, dont Dale Cooper Quartet et…The Kilimandjaro Darkjazz Ensemble. Jason Kohnen, l’un des fondateurs du groupe, a récemment décidé de créer une nouvelle forme musicale. Prenant racine dans les cendres du combo précité, il lui adjoint une forme de trip hop worldisant assez sombre (je ne peux m’empêcher de penser à Orange Blossom) et gomme les aspects plus typiquement jazz pour en accentuer les côtés dark ambiant et musique de film. « Noirebesque », donc, montre des intentions assez connexes à toutes les formations précitées, mais s’y emploie différemment. Et pour tout dire, c’est plutôt une bonne chose. Oh, bien sûr, on retrouvera tout de même ici des ambiances et sonorités ressemblantes, mais dans l’ensemble ces neufs variations permettent à quiconque, qu’il soit ou pas déjà passé par les couloirs brumeux du dark jazz, de trouver ici un intérêt renouvelé pour une musique mêlant ambiance de catacombe, mélodies crépusculaires et beauté pure. Voici donc une « Noirabesque » élégante et troublante qui rhabille un genre qu’il était déjà urgent de découvrir !

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The Thing With Five Eyes : Salem