JUMP, LITTLE CHILDREN : Sparrow

Jump, Little Children nous revient après treize ans de silence. Le groupe américain s’était illustré avec un rock / pop indé assez flamboyant. D’abord entamée sous la forme d’un rock alternatif aventureux, la musique du groupe a peu à peu gagné en accalmies indie pop mais jamais en audace, procédant à des greffes électroniques, folk, world music ou baroque. C’est le morceau-titre qui ouvre la marche. Les mélodies vocales, le côté hymnique de la mélodie, la fin osée, tout est réuni pour satisfaire les fans. Mais bien moins encore que sur « hand on my heartache », petit tube tranquille, et petit frère d’un Manic Street Preachers en moins maniéré. « X-raying flowers » poursuit le travail avec une indie pop baroque. « Voyeuropa », sa partie parlée / rappée et son refrain sur deux variations étonnent. « Je suis oblivion » est sympathique mais, bon, les américains qui s’essaient au français, ça n’est jamais une réussite. « White buffalo » recentre le propos vers la folk pop, suivie de près par une « Cyclorama » un peu trop fade. « The protagonist moves on » fait un pas en avant, et bientôt une « Euphoria designed » magnifique et orchestrale lui emboîte le pas. Dommage que « Violets » ne soit pas du même tonneau. « Reality distortion field » renoue avec le chant parlé, tout en étant plus intimiste et en incluant des moments de pur rock. Enfin, « Boyhood » conclut ce retour par une ballade atmosphérique du meilleur effet. Joli coup messieurs !

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Jump, Little Children : X-raying flowers (lyric video)

VINNIE PAZ : The pain collector

L’infatigable Vinnie Paz est de retour, cette fois avec un disque solo. Je dois avouer que ses productions en son nom propre m’ont toujours paru en-deça de ses efforts avec Jedi Mind Tricks et Army of The Pharaohs. On retrouve les compères habituels (Ill Bill, Goretex, Reef The Lost Cause) et même Muggs. On retrouve le flow sec et brutal du bonhomme, les instrumentaux sombrement funky et chargés de samples, bref l’univers typique de l’artiste. Et niveau titres ? A boire et à manger. On a du très bon, du moyen et de l’anecdotique. Et autre habitude du garçon, on a droit à une grosse tripotée de titres, qui fait plus que frôler le trop : 19 titres pour plus d’une heure de musique. Même pour ceux qui aiment le genre, c’est l’overdose assurée. Et puis, comme d’habitude, il y a ce petit fossé entre le relatif groove du fonds et la rudesse de la forme. Les deux ne se correspondent pas. Je peux comprendre que ça puisse avoir son charme pour certains, mais ça ne fonctionne pas chez moi. Bien sûr, il ne pollue pas tous les titres, mais il reste trop présent. Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, ce « The pain collector », quatrième opus solo de Vinnie Paz, ne me convainc pas totalement, mais s’avère être une pause sympathique (mais convenue) pour les amateurs des collectifs susnommés.

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Paroles de l’album

Vinnie Paz : Blood on my hands

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THE LEWIS EXPRESS : The Lewis Express

Le problème quand tu claironnes à tout va que tu n’aimes pas le jazz, c’est que quand tous les 3 mois tu en publies une critique élogieuse sur ton blog, ben tu passes un peu pour un con. Bah, je m’en fous en fait. Mais si je voulais me la jouer mauvaise foi, je pourrais affirmer que The Lewis Express n’est pas qu’un groupe de jazz. En effet, son style tutoie également la soul, la musique de film noir, la world music. Tout ça avec un certain brio, garanti d’ailleurs par le cv de ses membres, dont deux traînent ou ont traîné avec The Sorcerers, excellente formation évoquées dans ces pages, et un autre avec Abstract Orchestra (entre autres). Et tout ça est très palpable quand on lance « Love can turn a man », d’une coolitude et d’une élégance très sixties, le groove tranquille et une légère effluve ska jazz derrière le smog. Une entrée de rêve. « Cancao de momento », comme son nom l’indique, se perd plus dans des influences world sud-américaines : c’est plus léger et groovy mais très bon quand même. « Hawkshaw Philly » sent bon le polar de la blaxploitation. « Brother come on » aussi à sa façon, mais de façon beaucoup plus légère et funk. On revient aux ambiances sombres et mystérieuses pour un « Theme from « The watcher » » qui pourrait être directement samplé pour un prochain Cypress Hill. « Last man in the chain gang » se situe dans la même mouvance, juste un peu plus démonstratif niveau piano, plus jazzy. Un des sommets du disque. Enfin, « Straight seven strut » est le seul titre accueillant un chant. Ou plutôt une voix. Pas de bol, il s’agit d’une voix francophone dégainant un texte creux avec une voix irritante. J’ai l’impression de me retrouver dans les années 90, dans « Le brio » de Big Soul. Assez insupportable, ce titre final recèle tout ce qui me hérisse le poil, et m’oblige même à écourter l’écoute. Mais le reste est vraiment très bon, alors si vous avez aimé le son des Sorcerers, vous y trouverez une suite plus variée et fort réussie !

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CAPITAL CITIES : Solarize

Il y a quand même 5 ans, Capital Cities raflait la mise avec son electro pop proprette, surtout grâce à un « Safe and sound » tubesque à souhait avec son gimmick gonflé. Une pause bien longue dont on espère que la formation a profité pour se concentrer sur l’essentiel et garantir à l’auditeur de beaux moments de groove et des hits en pagaille. Premier constat, Capital Cities n’a pas vraiment changé sa formule. On y retrouve un style léger, pop à souhait, avec toujours ces cuivres conquérants, ces rythmes sautillants, ces influences eighties, ce groove imparable. Malgré une certaine uniformité, les titres parviennent chacun à se faire une petite place, peut-être un peu à l’étroit, mais une place quand même. Si vous aimez Phoenix, Zoot Woman et Kungs mais que vous n’avez pas envie de choisir, arrêtez-vous ici. Capital Cities parvient à prendre des éléments forts de chacun, les malaxe de façon à les adapter à son propre moule, et en fait un ensemble homogène. Une recette centrée sur l’immédiateté, la fête et le plaisir des sens. Capital Cities n’intériorise pas, la cold wave, très peu pour lui, ici c’est champagne, on est pas là pour se morfondre. Le combo a toujours la science du gimmick, et on retrouve dans chaque chanson un élément qui ressort et accroche l’oreille pendant que la mélodie principale poursuit son travail de sape. A part « Good enough » et « Only if you want it », c’est toujours avec le sourire sinon la banane que nous accueillent les titres de ce deuxième album, lesquels ne s’aventurent jamais au-delà des trois minutes vingt. Et le résultat est bon, pour peu qu’on recherche ce genre de frisson.

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Capital Cities : Vowels

JUANITA STEIN : Until the lights fade

En 2017, avec « America », Juanita Stein accouchait d’un disque laid back folk joli mais pas transperçant non plus. Une petite année plus tard, la revoici avec, euh, c’est quoi ça ? Un album, un ep ? Je serai tenté de pencher pour la première solution. Les disques d’une demi-heure sont en train de s’imposer comme un nouveau format idéal dans une société où on consomme autrement la musique. Défaut d’attention, zapping, 30 minutes c’est pas la mer à boire, et avec 10 chansons, tout le monde est content. Vraiment ? Ben, oui, pourquoi pas ? La dame a opéré un subtil changement d’ambiance dont l’auditeur est prévenu sur la pochette. Plus urbain, plus brut, « Until the lights fade » va certes puiser dans les ressources folk pop de l’ex Howling Bells, mais n’hésite pas à se faire plus direct et à mettre plus en avant les guitares. Ce qui ne l’empêche pas de bénéficier de ce son ample qui a fait le charme du précédent, et de la légère touche mélancolique qui le rendait attachant. Ceci dit, « America » avait des failles, que le panachage des ambiances des titres de celui-ci avait pour mission de gommer. Est-ce réussi ? En partie. Cet album est une fois de plus de qualité, mais ça reste une tranche de vie, avec ses hauts et ses bas. Ce qui ne nous empêchera pas de continuer à suivre Juanita avec l’attention qu’elle mérite.

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Juanita Stein : Forgiver

Juanita Stein : Get back to the city