OMNIUM GATHERUM : The burning cold

Huitième album pour les finlandais, toujours dans un genre death mélodique limite progressif. Pourtant, c’est la première fois que je chronique une de leurs productions. J’avoue, je les ai toujours trouvés trop ceci, pas assez cela. L’occasion m’est donc donnée ici de voir si les choses ont changé. Première constatation ; le combo s’y entend pour bâtir des titres à la fois très mélodique mais suffisamment chargé de virulence pour plaire à un public de deathsters assez large. Voilà une bonne chose. Mais je mens un peu. Ce qui me saute en premier lieu aux oreilles ici, c’est la voix de Jukka Pelkonen. Et elle a toujours été un des obstacles à mon adhésion à la musique d’Omnium Gatherum. Trop granuleuse, trop thrashy, pas assez en phase avec la musicalité du groupe. En me concentrant un peu, j’arrive à passer au-dessus, mais hélas après ça ce sont les morceaux un peu trop convenus qui me rattrapent. Bien sur, ils ne constituent pas la majeur partie du disque, mais ils gâchent tout de même un peu la fête. Bien que d’autres de la trempe de « Driven by conflict » (oh, ce riff de folie !) viennent rehausser le niveau. Et finalement, en bout de course, tout bien pesé, ce sont les points positifs qui l’emportent. Même si c’est de justesse.

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Paroles de l’album

Omnium Gatherum : Refining fire

THE GOON SAX : We’re not talking

The Goon Sax est un trio pop australien avec un humour très personnel. Tenez, sur leur page facebook, ils déclarent que leur musique est inspirée par aldi. Zet si vous venez à regarder le clip de « She knows », vous constaterez que celui-ci aussi est riche en ouatzefeuqueries diverses. Bref, les jeunes gens sont des originaux. Un état d’esprit qui transparaît un peu aussi dans leur pop mâtinée de post punk et d’indie pop, dans leur détachement à l’interprétation (mais je n’ai pas dit froideur), dans leur simplicité et leur semi-fausseté déconnectée de leur époque. Ils n’ont pas l’air d’avoir la pression, ceux-ci. Certains pourraient avancer que c’est grâce à la position enviable (?) de « fils de » de Louis Forster, rejeton de Robert des Go-Betweens, légendes de l’indie-rock un peu plus que local. Mouais. Je pense que ça n’a rien à voir. « We’re not talking » sent la prise directe, l’immédiateté, l’absence de prise de tête. Bien sûr, ici et là, on y ajoute sa sauce, un instrument, une rythmique qui va mieux, mais il semble tout de même assez brut. Ce qui est plutôt appréciable. Mais qui comporte des défauts. The Goon Sax défend un style fait de bric et de broc, qui sonne volontiers daté, simple, lo-fi dans l’esprit. Et malgré la dualité du chant, malgré des titres sympathiques, ça a du mal à passer chez moi. Il y manque des aspérités, une part sombre dont le groupe semble de se moquer mais qui me tient à coeur. Next !

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The Goon Sax : She knows

THE RAIN WITHIN : Atomic eyes

Il y a quelques années, je chroniquais en ces pages un album du groupe Bella Morte, et le qualifiai fort peu gentiment d’insipide. Aujourd’hui, alors que je m’apprête à m’enquiller ce disque de The Rain Within, projet synth pop, je me rends compte qu’il s’agit d’un side-project du groupe précité. Ah ah, tremble, patience ! Tu risques d’être mise à l’épreuve ! Allez, hop, je me lance. « Like the devil » (ouuuh ! Bon, je me calme) déroule une synth pop lente et très mélodique. Tout à fait le genre de musique à laquelle je m’attendais… mais pas mal roulée. « Dividing line » vise même un cran au-dessus. Les influences années 80 crèvent les tympans, exploitées à grands coups de nappes rétro et d’un chant typé cold wave. Et ça marche assez bien pour qu’on continue l’écoute en chantonnant à l’occasion. Bon, je dois bien vous avouer que l’ensemble reste un peu trop léger pour moi. Musicalement, ça se tient, mélodiquement, The Rain Within a même tendance à être doué, mais « Atomic eyes » pêche par manque de rythme. On pourrait y ajouter un « s » d’ailleurs ; les titres se suivent et explorent la même voie, les mêmes sonorités, soit, mais faire concorder les bpm, c’est trop. Oh, oui, quelques fluctuations ça et là, mais rien de marquant. Quand on parle de synth pop, on pense aussi tube imparable. Et à ce niveau, on est malheureusement pas gagnants ici. The Rain Within fait certes mieux que Bella Morte (si tant est qu’on puisse comparer les deux) mais souffre peu ou prou des mêmes défauts : une linéarité gonflante, un manque de punch gênant. Peut mieux faire !

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GHOST : Prequelle

Quatrième album pour un Ghost qui a ces derniers mois bien perdu de sa superbe, après un procès qui a révélé de vilaines affaires d’argent, l’identité des membres supposément secrète. Est-ce que ça empêchera le groupe de continuer à convaincre une fanbase de plus en plus nombreuses et de plus en plus souvent hors du giron metal ? Pas sûr. Car « Prequelle » (drôle de nom, d’ailleurs : à quoi ?) avance clairement dans le sens de toujours plus de tics pop, d’évidences mélodiques et de moins d’appuis typés prog ou heavy. On l’avait déjà compris avec « Rats » d’ailleurs, qui annonçait l’album de façon claire : pas besoin de chercher à s’accrocher à des flancs escarpés, le miel, ça colle bien. Oui, je suis peut-être un peu dur là, mais c’est à la mesure de mon décontenancement. Je ne peux pas dire que ce disque soit mauvais ; chaque titre fonctionne parfaitement. Mais où est le côté sulfureux, inquiétant ? Dans les costumes réalisés par les stylistes les plus influents, pas vrai ? Est-ce que ça vaut le coup, vraiment ? Euh, non. Pas pour moi en tout cas. Pas rancunier, je continuerai de suivre les aventures des nameless ghouls de loin en loin, à m’extasier, pourquoi pas, sur la propension du groupe à exploiter de nombreuses sources musicales, des plus logiques aux plus improbables (ce qu’on peut encore constater ici), mais sans en attendre plus qu’un truisme musical de plus.

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Paroles de l’album

Ghost : Rats

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    Tags: progressif, metal, rock, heavy, ghost