CENTINEX : Redeeming filth

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Centinex, c’est un groupe de death suédois auquel je n’ai jamais prêté la moindre attention. Tellement pas que quand il a splitté en 2006, je ne m’en suis pas rendu compte. Alors pourquoi m’en soucier aujourd’hui qu’il se reforme, ce « Redeeming filth » sous le bras me direz-vous ? Ben franchement, je ne saurai pas vous fournir une réponse satisfaisante. Faute de grives, on mange des merles ? Ouais, un truc dans ce goût là. Enfin bref, « Redeeming filth ». Enchevêtrement de riffs déjà entendus, de rythmiques déjà éprouvées, portés par un chant plus-classique-tu-peux-pas, selon un format étriqué (10 titres, 32 minutes au compteur) qui ne laisse la place ni à la fantaisie ni à une quelconque digression mélodique qui pourrait laisser respirer un ensemble très, trop compact et massif. A réserver aux fans du genre ? Naan, même pas, avec toutes les reformations et les retours de ces derniers temps, ils ont bien d’autres chats à fouetter. A oublier alors ? Tout à fait, encore !

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TETEMA : Geocidal

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Une occasion de découvrir un nouveau projet musical du grand Mike Patton ne se refuse pas chez Adopte Un Disque. Alors ce duo avec  le compositeur et pianiste australien Anthony Pateras, pourquoi pas ? Connaissant uniquement l’un des deux protagonistes, mais le connaissant relativement bien, je m’attends au meilleur comme au pire, mais certainement pas à quelque chose de passe-partout, encore moins à ce à quoi ça ressemble vu de l’extérieur. Ce que « Invocation of the swarm », premier titre de ce disque, a tôt fait de me confirmer ; bruitages + batterie + effets de voix = drôle de mélange, qui tend plus vers la musique contemporaine, le happening que le plaisir musical sans conséquences. Le très bruitiste et violent « Pure war » où Patton vocifère comme un beau diable vient enfoncer le clou. « Irundi » est une promesse exotique et tribale tenue, mais pas vraiment une surprise, ni une pure réussite. D’ailleurs, pour tout dire, le reste est à l’image de ces trois premiers titres. On y trouve des éléments d’un peu toutes les incarnations musicales (ou pas trop d’ailleurs) du grand Mike, tout ça est passé au mixer avec de la musique de film, de l’expérimentation, du noise rock. L’ensemble est porté aux nues par la presse. Et moi, ça m’ennuie au plus haut point. J’ai déjà entendu tout ça, alors me taper de l’autoparodie avec un alibi pseudo-arty, non merci.

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DEPTFORD GOTH : Songs

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Ayant lu ça et là pas mal de bien du premier opus des aventures de l’anglais Daniel Woolhouse, je me suis dit que je pourrais rattrapper mon retard à l’allumage avec ce deuxième album sobrement intitulé « Songs ». On m’a présenté la chose comme de l’electronica soul, ce qui m’évoquait jusque-là… Pas grand-chose en fait, à part l’intuition d’un truc brinquebalant, mi-mièvre mi-rythmé, un peu incompatible avec l’idée que je me fais de chacun des genres suscités. Et bien mes amis, dès l’entame des onze titres de ce disque, je découvre que je me suis trompé ; si rythme il y a, il ne représente que 10% de l’ensemble. De soul, je n’en vois guère non plus. J’y vois une sorte d’electro-pop douce et mélancolique, tutoyant la somnolence ; nappes de claviers, beats étouffés, voix sucrée et indolente. D’aucuns pourraient trouver ça beau. Moi, ça m’exaspère ; les titres se ressemblent, je n’y ressens aucune émotion, et j’ai surtout la sale impression de m’être fait avoir sur la marchandise ; je veux bien que les photos ne soient pas contractuelles, mais là, y’a vraiment rien de ce qui était écrit sur l’étiquette. Encore quelques instants perdus.

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Deptford Goth : Two hearts

CLIENT : Authority

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Client et moi, c’est une vieille histoire. Découvert il y a 11 ans à l’occasion de la sortie d’un premier album electro pop frais et sympathique qui savait se faire dansant certes mais maniait également les températures musicales négatives, mariant même les deux pour un résultat assez convaincant même si imparfait, le duo présentait la particularité d’être 100% féminin, ce qui n’était pas si courant à l’époque. Sauf que justement, onze ans sont passés, sans que je me sois retourné sur la sortie des 3 albums suivants. Alors, de là à croire que Client et moi, c’est de l’histoire ancienne, il n’y a qu’un pas que je suis bien tenté de franchir… Et à l’écoute de ce (si vous avez bien compté) cinquième album, je comprends vite que mes craintes sont fondées ; la musique des anglaises n’a pas vraiment changé, avec toujours ce contraste chaud / froid très particulier. Mais le monde, lui, a changé, et cet univers qui paraissait inédit alors sent juste le réchauffé aujourd’hui. C’est triste, mais le groupe n’a plus rien pour moi aujourd’hui, et je n’arrive même pas à tenir les deux tiers de l’album. Je pourrais vous dire que les filles se sont faites plus gothiques, plus cold wave, plus percussives aussi, mais que les voix, pour faire contrepoids, se sont un peu libérées, se font plus claires, plus franches. Mais à quoi bon ? « Authority » reste un plaisir rétrograde et pas assez malin mélodiquement pour convaincre.

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Client : Refuge

YELLOWCARD : Lift a sail

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Neuvième album pour les américains de Yellowcard et leur émo punk de plus en plus rock. Oui, je sais, mes paroles ont quelque chose de dépréciatif. Mais c’est juste parce que depuis que j’ai fait connaissance avec le groupe, j’ai toujours trouvé qu’il basculait un peu trop facilement dans la mièvrerie et le riff facile. Une tendance qui se confirme au sein de cet ô combien mainstream « Lift a sail ». Est-ce le départ du batteur Longineu W. Parsons III qui a libéré le combo de ses influences plus punk ? Je n’en sais rien, mais dois dire que la tolérance bienveillante que j’éprouvais à l’égard d’un disque comme « When you’re thinking, say yes » et son immobilisme mi-amusant mi-gênant a totalement et probablement définitivement disparu ici, en même temps que les parties de violon, qui faisaient pourtant partie de l’identité de Yellowcard et ont ici fondu comme neige au soleil de Floride. Bref, ce nouvel album se place dans la catégorie des échecs cuisants et des albums-kleenex. A réserver aux midinettes, et encore…

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Yellowcard : One bedroom