HEXVESSEL : Kindred

Découverts en 2016 sur « When we are death », les finlandais de Hexvessel sont parvenus, sans toutefois me satisfaire pleinement, à attiser ma curiosité. Ce qui fait que, à chaque nouvelle sortie, je pointe mon nez fureteur dans leurs affaires, comme le scooby gang à la recherche de la clé du mystère. Car mystère il y a bien. Entre rock progressif, folk rock, psychédélisme d’ermite, influences world sous-jacentes, les albums du groupe tracent leur propre chemin sinueux à travers des bois peuplés de créatures magiques, témoins d’un temps qui passe plus lentement et de magies oubliées du quotidien. On avait quitté Hexvessel l’an dernier avec un disque réussi qui gommait les influences plus ouvertement rock ou metal des autres expériences musicales de son savant fou en chef Mat McNerney. Bonne nouvelle, il semblerait que ce soit plus sa participation au projet Me And That Man que celle à Carpenter Brut qui ait inspiré le bonhomme pour ce retour très rapide : pour moi un titre comme « Phaedra » aurait pu correspondre. Le retour du groupe chez son label historique était un signe qui ne trompe pas : il marque un retour à un style plus épuré et folk, laissant le plus souvent de côté les influences typiquement prog, même si l’esprit aventureux et les expérimentations sont encore là. Mais ce qui ressort surtout, c’est la beauté et le magnétisme de l’ensemble : « Kindred » est un aimant, attirant l’attention et l’adhésion, semant insidieusement des graines qui porteront leurs fruits à l’insu de l’usager, qui y reviendra instinctivement après une ou deux écoutes. Et pourtant, certaines mélodies sont étranges, certaines parties imparfaites… Mais à la sortie, on ne retient que cette impression d’avoir pénétré dans une forêt enchantée au petit matin sous une cape d’invisibilité, et d’avoir assisté à des scènes qu’aucun autre n’a pu voir auparavant, entre menaces ourdies à l’encontre de l’envahisseur humain et féerie pure. C’est ce mélange clair-obscur qu’on retient le plus, d’ailleurs, et qui fait la force de « Kindred ». Quel groupe !

Instagram

Facebook

Paroles de l’album

Related Posts

  • 10000
    Je dois bien dire que ma précédente rencontre avec Hexvessel ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. J’y avais décelé un certain potentiel, certes, mais rien qui ne puisse changer ma vie. Alors pourquoi j’y reviens ? Je ne sais pas, une sorte d’instinct, un souhait non exprimé. Et vous savez…
  • 10000
    Hexvessel est une formation surfant sur la vague du revival rock psychédélique / rock progressif, avec à sa tête un musicien expérimenté en matière de projets originaux et inventifs. Vous le retrouverez dans Dodheimsgard, Code ou Grave Pleasures, bref des projets toujours rock mais loin de jouer dans la même…
  • 10000
    L'americana semble avoir le vent en poupe, et je ne vais pas m'en plaindre. Plus ou moins folk, plus ou moins graisseux, il ne cesse de renaître sous des formes diverses. Telegraph Canyon, lui, y adjoint des ambiances psychédéliques, du rock, une certaine idée du folk progressif, mais aussi du…
  • 10000
    Thy Catafalque a toujours été impressionnant et talentueux dans son registre. Presque autant que celui-ci est ardu à déterminer. Et ce neuvième album est loin de faire machine arrière. S’inspirant de l’art naïf, ce disque n’en fait donc qu’à sa tête, brassant large et se montrant encore plus libre et…
  • 10000
    Epectase est un jeune groupe parisien, qui sort avec « Astres » un premier album inspiré. Inspiré de quoi me direz-vous ? De pas mal de choses, en fait. Si l’ouverture « As he runs towards the stars » sonne très clairement epic pagan / viking black (un Enslaved période « Eld » n’est pas si loin),…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *