HARTIGAN / MANI DEIZ : Purgatoire

********: Souls in purgatory, detail from a relief decorated altar, by Giuseppe Bernardi (1694-1774), marble, sacristy of St Andrews Chapel, Villa Manin, Passariano, fraction of Codroipo, Friuli-Venezia Giulia. Italy, 18th century. ******** ******** *** Permission for usage must be provided in writing from Scala.

Le rappeur Hartigan et le beatmaker Mani Deïz s’allient pour nous présenter ce premier album du emcee. Ceux qui traînent souvent ici le savent ; en terme de rap français, j’aime les choses posées, sombres et écrites. Vous ne vous étonnerez donc pas de la teneur résolument amère de ce « Purgatoire » où le lyriciste du 91 expose avec discernement et froideur sa vérité. Gris comme les murs de sa vie, « Purgatoire » ne va pas vous arracher des éclats de rire en disséquant sa vie qui éclate. Hartigan c’est pas les Neg Marrons, il ne va pas vous redonner l’envie de repartir de plus belle, il va plutôt vous inviter à vous asseoir avec lui au bord du précipice, à observer les yeux éteints votre vie en déliquescence en attendant que la mort vienne vous cueillir pour enfin oublier tout. Si Hartigan traîne depuis quelques temps dans le milieu, ayant eu l’occasion de poser ça et là quelques featurings, s’il a un sens de la formule certain, « Purgatoire » reste un premier album, et on pourrait lui reprocher de tourner un peu en rond, de ne pas assez construire ses titres comme des histoires. Mais ce disque reste une belle découverte. Côté prod’, Mani Deïz donne dans le old school. C’est très nineties, brut, dépouillé, on est loin du son actuel, peut-être même parfois plus proche des classiques à la Mobb Deep (« Agonie » a un bon goût de « Survival of the fittest »), et c’est tant mieux. Tout ça ensemble concourt à accoucher d’un disque auquel on ne s’attend pas à notre époque et sous nos latitudes, et rien que pour ça il faut lui donner une chance !

Site officiel

Paroles de l’album

Hartigan : Purgatoire

Hartigan : Cerbère

Hartigan : Vérité

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