FKA TWIGS : Magdalene

En 2014, je vous parlais, en bien, de la première grosse sortie de FKA Twigs, une jeune anglaise qui musicalement n’avait peur de rien et le prouvait largement, avec l’aide du grand Arca comme producteur, au travers d’un premier opus très aventureux et original, parfois difficile à suivre mais vraiment passionnant. Ce que je m’attends à trouver sur ce deuxième opus, c’est au moins autant de folie. Je n’ai pas trop su catégoriser sa musique à l’époque, alors ne vous attendez pas à ce que je sache le faire à présent. Car effectivement, « Magdalene » va encore plus loin. Pas le disque qui caracolera dans les charts aux côtés des insipides hits du moment. Plutôt de ceux qui sera étudié en musicologie, qui servira d’illustration sonore pour des expos branchées, qu’on citera parce que c’est hype, sans vraiment chercher à le comprendre. Il faut dire que celui qui souhaitera y parvenir y passera un peu de temps. On y trouve toujours ce côté très aérien, rêveur. Mais on y trouve autant de rythmes urbains ou industriels. De douceur, de chaos. Tout et son contraire, et en même temps s’il vous plaît. La jeune femme aime toujours jouer avec son image, et avec l’image tout court ; elle pratique un art total, dans lequel l’ouïe, l’oeil et le corps se partagent les rôles de réceptacles ou d’interprètes. Et accouche d’un art en mouvement perpétuel, tout en conservant la voix et des mélodies assez plaintives comme fil rouge. Parfois il faut y revenir beaucoup pour en comprendre une bribe, parfois, comme pour un « Mary Magdalene » transperçant, c’est immédiat et magique. En tout cas, et comme pour le précédent, il faut reconnaître à FKA Twigs d’énormes qualités et une maîtrise de son propre langage et des moyens mis en place pour aboutir à ses fins. En même temps, c’est la moindre des choses, me direz-vous. Mais c’est déjà beaucoup !

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