FILAGO : Dance ordinaire

On m’a vendu Filago comme un groupe post punk. Bon, je ne vais pas appeler Julien Courbet, mais quand même, il y a un peu de l’abus. Car s’il est vaguement question de ça ici, inutile de se préparer au grand concours du titre le plus martial au monde, de la ligne de basse la plus froide, du chant le plus froid et détaché. Filago, c’est autre chose. Trio parisien, Filago se revendique « indie rock kraut pop » et se présente comme gros fan de Nick Cave. De quoi titiller la curiosité de tout un chacun. Et les petits curieux seront récompensés par un « Archipelago » qui commence tout brinquebalant mais installe bien vite une ambiance unique à l’aide d’une basse sobre mais efficace, d’un chant indie pop et d’une guitare discrète et délicate. Mais de dance ordinaire, point de trace ici. « Rabbit hole », premier single du disque, se rapproche plus d’un Interpol. « Coco », bien moins festif que le dernier disney, roule sur les mêmes rails bricolo indie rock. On commence à s’y faire, d’ailleurs. « Warm winds » et ses échos d’un autre monde ratent un peu leur cible. Une fois leur prolongement « Yperite » passée, on passe à une « Radio » plus urgente mais pas fiévreuse pour autant. « Holy hands » est probablement le plus expérimental du lot, partant totalement en freestyle sur sa fin. « Everything and never » replonge en compromis post punk / indie rock ambiant. « Fierce fat sun » renoue avec l’étrange, et enfin « Engine » termine le voyage de façon minimaliste et douce à la fois. Pas franchement difficile d’accès, mais loin d’être aisément compréhensible pour autant, ce premier album de Filago a le mérite de ne pas marcher dans les pas des autres (même si quelques références surnagent ici et là) et de proposer un dépaysement total et une réelle recherche musicale. Stimulant.

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Filago : Rabbit hutch

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