EVERYTHING EVERYTHING : A fever dream

Les brittons Everything Everything ont choisi (ou pas, d’ailleurs) ce mois d’août pour sortir ce quatrième album. Drôle de choix ; pas sûr qu’il s’agisse de la période la plus propice pour attirer l’attention de jeunes amateurs d’un rock indé / electro-rock entêtant mais non dénué de mordant pour autant. Si le quatuor avait quelque peu désarçonné ses auditeurs avec un troisième album plus faiblard, ici pas de doute, il a trouvé un second souffle. Car de l’affolante « Night of the long knives » à l’éclatante « White whale », on fait à nouveau l’expérience de son efficacité mélodique, de son inventivité, de sa science du clair obscur et du dosage instrumental optimal ; remplir l’espace sonore, oui, mais pas n’importe comment. Et si c’est la très radio-friendly « Can’t do » que le label a choisi de mettre en avant, l’album n’est (encore une fois) pas lisse et groovy du début à la fin. Ce sont bien les aspérités du rock d’Everything Everything, les va-et-vient incessants de la voix de son leader Jonathan Higgs entre falsettos et sobriété, cette alliance de bon gros rock, de choeurs magiques et rythme aliénant (« Desire » en est un bon exemple) qui fait le charme du groupe. Mais vous êtes prévenus, vous qui ne connaissez pas encore le groupe ; pour entrer ici, vous devez avoir votre carte de membre des amateurs de riffs et des démangés de la guibolle, « A fever dream » n’enfonce pas de portes ouvertes, il se fait un malin plaisir de prouver que « si, ça passe » dans les chemins musicaux pas/peu balisés. Ce côté chaînon manquant peut le servir autant que le desservir, à vous de voir si vous osez plonger dans ce bouillonnant bain musical ou si vous avez trop peur d’être emportés par le courant !

Site officiel

Paroles de l’album

Everything Everything : Can’t do

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