EFILHEIM : Framework

Efilheim est un producteur de musique électronique français qui définit sa musique comme de la rétro synthwave. De quoi ? Est-ce que la synthwave c’est pas déjà rétro ? Oui, mais Efilheim va plus loin, en se penchant sur les origines purement eighties et mélodiques du genre, ayant servi de thèmes notamment aux (désormais) classiques de l’animation asiatique, pourquoi pas aux jeux vidéo de l’époque, etc. Du coup, vous trouverez ici des rythmes et mélodies typiques du genre certes, mais en version beaucoup plus apaisée et moins sombre que chez les camarades Perturbator, Double Dragon, Carpenter Brut et consorts déjà évoqués dans ces pages. Moins axé sur l’efficacité rythmique, le « in your face », et plus sur la narration musicale, l’évocation d’une époque et d’un univers cyberpunk soft, « Framework » a donc une valeur ajoutée de par son positionnement. Musicalement, bien sûr, tout ceci doit se traduire, s’entendre. Et c’est le cas. On notera, même sans y apporter une attention de musicologue, l’usage intensif de percussions diverses (qui savent rester discrètes mais contribuent à habiller chaque morceau), de mélodies typées asiatiques, d’ambiances changeantes. Ceci en plus des plus classiques guitare saturée et basse, samples et divers claviers midi reproduisant les sons d’époque. Alors bien sûr, « Framework » demandera des conditions d’écoute plus casanières ; même quand certains titres jouent la carte de l’énergie, ils ne se départissent jamais d’une forme de mélancolie et restent ancrés dans une histoire de SF anthropologique (vous comprendrez en effectuant quelques recherches, petits curieux !). Ce qu’on pourrait reprocher à Efilheim ? Une certaine linéarité dans ses structures (linéarité assez inhérente au genre, on est d’accord), avec peut-être quelques formes encore trop abruptes qui auraient pu être affinées, et aussi une autocensure sur ce qui concerne le concept derrière « Framework », qui plus étoffé, aurait permis à l’auditeur de plus s’approprier les thèmes et l’ambiance générale. Ceci dit, pour un disque à la gestation plutôt courte (3 à 6 mois), c’est plutôt très bien. Il faut à présent souhaiter qu’Efilheim approfondisse ses méthodes et ses idées pour se démarquer encore plus dans le genre qui est le sien !

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