DOOZ KAWA : Contes cruels

Le strasbourgeois n’a pas attendu longtemps avant de nous abreuver de ses rimes riches et de son flow élastique servi par une voix qui semble muer en permanence : tant mieux. L’opus précédent était indéniablement l’une des plus belles réussites du rap francophone depuis belle lurette, et on sent – du moins pour ma part je veux le sentir, je veux l’expérimenter – qu’il en sera de même pour celui-ci. Et les titres qui le peuplent me donneront bientôt raison. Parlons des différences maintenant ; « Contes cruels » est selon moi un peu moins aventureux dans ses productions, un peu moins original peut-être, plus proche de ce qu’on peut trouver dans d’autres échoppes, entre rythmes électro et drames de poche. On y retrouve toutefois les gimmicks world trahissant les passions du bonhomme. Par contre j’ai l’impression que son talent d’écriture s’y développe encore un peu. Beaucoup peut-être. Encore une fois, les textes de « Contes cruels » font dans l’exceptionnel, dans le lettré, dans la référence de haute volée. Chaque nouvelle de cette énième anthologie est une occasion de plus de jauger de l’avance considérable de Dooz Kawa sur ses congénères. Dommage que la pochette de ce disque ne lui rende pas justice selon moi : je la trouve un peu simpliste, un peu amateuriste, tellement moins unique que celle de « Bohemian rap story ». Mais peu importe au fond : ce disque est une autre réussite, Dooz Kawa une valeur sûre, son rap une bénédiction pour le genre.

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Paroles de l’album

Dooz Kawa : Désobéir

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