CONDORE : Jaws

De dents, sur ce premier ep solo de Léticia Collet, d’habitude vue derrière les claviers de Noa Moon, il n’en est pas vraiment question ici. Du moins ne sont-elles pas aussi acérées et voraces que chez Spielberg. De mer, peut-être plus. Calme ou un peu plus agitée, mais jamais tumultueuse, où on se laisse porter par les vagues, en regardant le rivage s’éloigner, en quête secrète d’autres horizons fugaces, que l’on ne se donne pas vraiment les moyens d’atteindre. La pop de Condore (puisque c’est bien de pop dont il s’agit) prend sa source dans l’instrument de prédilection de Léticia, de son union / unison avec sa voix. Toute en douceur et en mélancolie, sa musique se déploie progressivement, se lit comme un conte pour enfant (aux enjeux dramatiques adultes), se regarde comme la neige qui tombe sur un jardin d’enfant, recouvrant d’un voile de poésie un lieu anciennement chargé de joie, désormais vidé de sens. Impossible de ne pas évoquer Agnès Obel ici, ou même plus simplement la bande originale d’un film : une nouvelle relecture du « Coraline » de Neil Gaiman, peut-être ? En tout cas, c’est un ep court mais d’une richesse et d’une efficacité impressionnante, dont on ne parvient pas à sortir une fois son écoute terminée, et qui promet un futur cétacesque à Condore (à défaut de squalesque?).

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