ARM : Codé

Codé ? Certes, les textes d’Arm n’ont jamais été limpides, l’homme étant peu enclin à ouvrir son âme aux autres, préférant laisser planer le doute sur ses pensées et intentions, tout en soignant la forme qu’il donne à ses proses. Codé. Il pourrait être question de ses tracks, ici encore plus digitales que par le passé, puisant dans les nappes d’ambiances, les basses froides et profondes, les lignes acides et tranchantes, les claviers aquatiques, le delay sur la voix… Tout ça pour quoi ? Pour aboutir à la suite logique de « Dernier empereur » et ses titres en forme de mea culpa ou testament, au choix. « Codé » est un aboutissement, en effet. On y retrouve tout ce qu’on a aimé du rennais, de ses débuts avec Psychic Lyrikah jusqu’au choix osé de se dévêtir, lyriquement parlant, ces derniers temps. Une amertume, une noirceur, une tristesse qui lui collent à la peau, un univers musical unique et immédiatement reconnaissable, jouant avec les codes actuels (la voix trafiquée et le côté trap) tout en les éclipsant totalement grâce à des qualités d’écriture et de composition qui ne sont plus à démontrer. Ceci dit, et oui, même si je sais que c’est dans l’air du temps, j’aurai aimé le garder plus longtemps ce « Codé ». Encore un ou deux titres, parce que 35 minutes, c’est peu. Bien sûr, il va encore plus loin, et dès la première écoute, on est terrassé, abasourdi. Pas le genre d’oeuvre dont on sort en se disant « allez, maintenant, un petit kebab et on va se mater une bonne comédie franchouillarde ». Non. C’est un disque qui pose un voile gris sur le monde, sur lequel on devrait apposer un message d’avertissement : « Attention, n’écoutez pas ceci si vous ne voulez pas perdre vos illusions et faire face à vos propres démons ». Mais c’est aussi un disque d’une beauté et d’une justesse confondantes. Belle claque.

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