AMON TOBIN : Fear in a handful of dust

Amon Tobin a, au cours des années, tout fait pour se distinguer de la horde d’artistes electro glitch apparus en même temps que lui ou Aphex Twin, ou dans leur sillage en tout cas. Et il l’a fait en complexifiant de plus en plus ses structures, en cherchant le point d’achoppement entre la musique électronique, la musique contemporaine et le jazz. Et si à chaque sortie, on se prend à croire que ça y est, il a enfin atteint son but, il prend un malin plaisir à aller encore plus loin (plus près?) la fois suivante. J’ai lu ici ou là que « Fear in a handful of dust » était son œuvre la plus accessible, la meilleure. Ah ah, la bonne blague. Pour le point 1, on en est loin. Pour le point 2, ce sera forcément celle d’après. Alors oui, certains des titres de ce, quoi, dixième album nous gratifient de mélodies évidentes, lumineuses. Mais derrière, il y a toujours ces cliquetis semi metalliques, cette nuée de microcosmes musicaux qui tentent une colocation hasardeuse, ces structures à la Reutersvärd où tout se rejoint sans qu’on y trouve la moindre logique. Et concrètement, si on découvre l’artiste avec ce disque… il va falloir s’accrocher. Car si les nappes ambiant servent de fil rouge, ou plutôt de ligne de flottaison, le reste est toujours aussi barré, et même encore plus. Le musicien, qui a pas mal bossé ces dernières années, sous divers pseudonymes et pour divers projets (notamment pour Peugeot !), a de plus en plus de cordes à son arc, et sort d’ailleurs ce nouvel album sous son propre label. Toutefois, il prend garde à ne pas se disperser, à rester focus sur le genre qui l’a fait connaître et apprécier des fans de trituration des synapses ; tout au plus émettrai-je un doute pour la voix féminine sur « Milk millionaire » qui pour moi dénote sur l’album, mais le reste est fidèle à ce qu’on pouvait espérer !

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